samedi 4 avril 2015

Ils ont rejoint ma Montagne à lire


Cette semaine dans le cadre de Nuits d'encre, j'ai assisté à une rencontre littéraire avec In Koli Jean Bofane  qui nous parlait de la littérature africaine et plus particulièrement de son livre "Congo Inc" dont je vous parlerais bientôt.

Il m'a donné envie de découvrir  un premier roman qui était en lice pour le Prix Première 2015

Tram 83

Fiston Mwanza Mujila

Tram 83



Métaillé
Publication : 21/08/2014
Nombre de pages : 208
ISBN : 978-2-86424-959-7
Prix : 16 €


PRIX

Grand Prix SGDL du 1er roman - 2014
Prix de littérature de la ville de Graz - 2014
En première sélection du Prix de la page 111 - 2014
En première sélection du Prix Wepler - 2014


Quatrième de couverture


Tous les soirs au Tram 83 on voit débouler les étudiants en grève et les creuseurs en mal de sexe, les canetons aguicheurs, les touristes de première classe et les aides-serveuses, les biscottes et les demoiselles d’Avignon, la diva des chemins de fer et Mortel Combat, bref, toute la Ville-Pays prête à en découdre sur des musiques inouïes, réunie là dans l’espoir de voir le monde comme il va et comme il pourrait dégénérer. Lucien, tout juste débarqué de l’Arrière-Pays pour échapper aux diverses polices politiques, s’accroche à son stylo au milieu du tumulte et se retrouve sans s’en rendre compte coincé dans une mine de diamants, en garde à vue, ou dans le lit d’une fille aux seins-grosses-tomates. Il émeut ces dames ! Pendant ce temps, Requiem, magouilleur en diable, ex-pote du susnommé, et Malingeau, éditeur et amateur de chair fraîche, se disputent allègrement les foules. Car dans la Ville-Pays, n’en déplaise au ridicule Général dissident, il n’y a qu’une chose qui compte : régner sur le Tram 83 et s’attirer les bonnes grâces de ce peuple turbulent et menteur, toujours au bord de l’émeute. Premier roman éminemment poétique et nerveux, Tram 83 est une incroyable plongée dans la langue et l’énergie d’un pays réinventé, un raz-de-marée halluciné et drôle où dans chaque phrase cogne une féroce envie de vivre. Bienvenue ailleurs.


                                                                                                

J'avais adoré "Le club des incorrigibles optimistes" et "La vie rêvée d'Ernesto G" voir ici , je n'ai donc pas résisté.

Trompe-la-mort

Jean-Michel Guenassia

Trompe-la-mort de Jean-Michel Guenassia

Albin Michel
janvier 2015
Format : 205 mm x 140 mm
400 pages
EAN13 : 9782226312464
Prix : 22.00 €

Quatrième de couverture

Tom Larch est-il vraiment immortel ? Aucun être humain n’aurait pu survivre aux accidents dont il s’est tiré. A-t-il un secret qui le protège des coups du sort ? Ou un ange gardien qui veille sur lui ? Est-ce le hasard ou son instinct de vie qui lui permet de s’en sortir à chaque fois ? Obligé de quitter New Delhi pour Londres à huit ans, Tom est depuis toujours écartelé entre ses deux cultures. Celle de sa mère, indienne, et celle de son père, ingénieur anglais. A dix-huit ans, il s’engage dans les Royal Marines, et devient un héros, malgré lui. Rendu à la vie civile, il devra affronter ses propres démons quand l’un des hommes les plus riches du monde lui demandera d'aller en Inde à la recherche de son fils, que Tom est le seul à pouvoir retrouver.

Formidable conteur, Jean-Michel Guenassia nous entraîne à la suite de Tom Larch dont le destin se mêle aux tumultes de l’Histoire. Comme dans Le Club des incorrigibles optimistes, il convoque avec maestria dans ce roman magistral tout ce qui fait notre XXIe siècle.


                                                                                                

Dernièrement j'ai découvert Servais avec son dernier album "Les chemins de Compostelle" dont je vous parle très vite.  Séduite par son graphisme j'ai craqué pour les 3 albums suivants :

Servais

L'assassin qui parle aux oiseaux


Dupuis
Aire Libre
Genre : Autre regard
Age du lectorat : Ado-adulte - à partir de 12 ans
Album cartonné - 124 pages en couleurs
ISBN/Code-barre: 9782800157825
Belgique: 08/11/2013 - 24.00 EUR

Avis de l'éditeur

Lorsque le jeune Blaise van Hoppen emménage dans un village de la campagne belge avec sa mère sourde et muette, les habitants lui font immédiatement sentir qu'il n'est pas des leurs. Pauvres, sans mari et père, dotés d'un nom de consonance flamande, la mère et le fils font rapidement figure de parias qu'on tolère tout juste. Rêveur et passionné d'oiseaux, Blaise vit dans son monde, jusqu'au jour où il se retrouve inculpé pour meurtre. Coupable idéal, il voit son existence basculer et les portes de la prison se refermer sur son avenir. Près de quinze ans plus tard, après avoir purgé sa peine, il revient au village, où il possède toujours la maison héritée de sa mère. Stigmatisé par les villageois, il mène une vie solitaire, illuminée par les chants des oiseaux qu'il chérit par-dessus tout. Mais son retour en dérange plus d'un, dont la conscience ne semble pas aussi tranquille qu'elle le devrait.

On retrouve dans ce récit, enfin publié en Intégrale, les grands thèmes chers à Jean-Claude Servais, observateur hors pair des beautés de la nature et des turpitudes de l'âme humaine.




Dupuis
Genre : Autre regard Historique
Age du lectorat : Ado-adulte - à partir de 16 ans
Album cartonné - 136 pages en couleurs
ISBN/Code-barre: 9782800156521
Belgique: 09/11/2012 - 29.00 EUR

Avis de l'éditeur


En évoquant, à travers des épisodes choisis, la fondation, le rayonnement et la décadence de l'Abbaye d'Orval, Jean-Claude Servais brosse le portrait d'un ordre religieux animé d'un idéal de pureté, rattrapé par les turpitudes de ce monde. Il nous raconte aussi l'histoire de deux hommes que tout sépare, mais dont la destinée se retrouve liée par l'Abbaye. L'un y est moine et reste dans ses parages alors même qu'elle n'existe plus, ravagée par la Révolution. L'autre en convoite la richesse, accroché à la légende selon laquelle les moines auraient dissimulé, avant leur fuite, un trésor dans ses souterrains. Le drame, noué avant même la Révolution, éclate lorsque le fils illégitime du second surgit, et essaie d'arracher au moine reclus dans la forêt le secret de ce fameux trésor.


La lettre froissée





Dupuis
Genre : Historique Autre regard
Age du lectorat : Ado-adulte - à partir de 16 ans
Pages en couleurs : 92
ISBN/Code-barre:
Belgique: 09/01/2009 - 24.00 EUR


Avis de l'éditeur

Amour sans retour

Sous l'Occupation, des enfants juifs sont recueillis par des scouts au château de Jamoigne. Là, sous des noms d'emprunt, ils coulent des jours paisibles, loin de la fureur allemande. L'un de ces enfants, Sylvain, tombe amoureux fou de Pauline, la lavandière du château. Mais belle, insouciante, enjouée comme peuvent l'être les filles de vingt ans, Pauline n'a d'yeux que pour Alexandre, son amant. Dès lors, la vie de Pauline, comme celle de Sylvain, va basculer...


vendredi 3 avril 2015

Mola Mola Agnès DUMONT

MOLA MOLA

Agnès Dumont

Le mois belge






Quadrature
Septembre 2013
ISBN 9782930538341 (format broché)
ISBN 978-2-93053-835-8 (format ePUB)
126 pages
Livre broché - 16€
ebook - 9.99€


L'auteur

Dumont


Après Demain, je franchis la frontière et J’ai fait mieux depuis(prix Georges Garnir 2011), Agnès Dumont nous livre son troisième recueil. Liège et sa banlieue lui servent à nouveau de toile de fond. C’est dans cette ville qu’elle vit et enseigne le français.

voir mon billet rencontre

L'avis de l'éditeur

« Chère Jeanne Moreau, quel dommage que vous ne soyez pas dans le jukebox de ce café. Votre voix rocailleuse aurait secoué les rideaux défraichis et les joueurs de cartes qui rotent discrètement derrière leurs atouts. Vous, vous arriveriez à effacer ce petit sourire qui flotte sur le visage du garçon dès qu’il regarde dans ma direction.


T’as jamais vu une vieille qui s’enivre, gamin ? Alors regarde bien, aujourd’hui le spectacle est gratuit… »

Les héros ? Des compagnons de route. Qu’ils soient réels ou de fiction, ils croisent la vie des personnages d’Agnès Dumont. Parfois ils fascinent, éclairent ou stimulent, parfois ils effraient ou encombrent, comme de vieux souvenirs, des fardeaux dont il serait difficile de se débarrasser…


Mon avis

Pas simple pour moi de vous donner un avis sur un recueil de nouvelles.  J'avoue que l'exercice me semble encore plus difficile que d'habitude.  C'est court, je n'aime pas vous raconter car il vous faut de la surprise.

C'est le troisième recueil qu'Agnès Dumont publie chez Quadrature . Elle est d'ailleurs finaliste du festival de la nouvelle de Lauzerte (F), ce prix sera attribué en septembre.

Mola Mola a pour fil rouge nos héros, qu'ils soient vedettes du petit ou grand écran, acteur, chanteur ou sportif.  Qu'ils soient réels ou fictifs, peu importe, ils croisent la route de nos interlocuteurs et changent parfois leur vie.

Sur base d'un instantané, Agnès Dumont nous offre de belles histoires, des aventures originales, toutes différentes les unes des autres au niveau du style et des ambiances.

Elle nous conduit toujours là où on ne l'imagine pas, ce avec humour, tendresse et émotion.  Elle croque magnifiquement leurs âmes, leurs états d'esprit et ce avec une très grande finesse et psychologie.  En tant que lecteur elle nous amène beaucoup d'empathie pour ces protagonistes.
Elle aime les gens, cela se sent, il y a beaucoup d'humanité dans chacun de ses personnages.

Chaque nouvelle est à la première personne du singulier.  Le narrateur nous livre son intimité, son ressenti à un moment précis de son existence. Et nous, lecteur, le plus souvent nous nous y retrouvons , avec des parts de notre vécu, nos espoirs, nos désillusions, nos angoisses ou joies tout comme les acteurs de ces petits récits. Avec nos maladresses, nos regrets, nos hésitations.

Chaque nouvelle traduit et provoque des émotions.  Agnès Dumont jongle parfaitement avec elles, des expressions imagées, un ton tantôt humoristique, tantôt tendre avec souvent des rebondissements inattendus.

Jeanne :  Elle était artiste, chanteuse dans un cabaret et avec regrets a laisser tomber ce métier pour s'occuper de sa soeur.  Sa nièce vient d'accoucher, elle lui rend visite.  C'est le conflit des générations, j'adore sa petite vois intérieure qui lui dicte le contraire de son attitude.  Son modèle de femme libre Jeanne Moreau.
 "A ton âge, chanter j'ai la mémoire qui flanche, c'et risquer de se retrouver illico en peignoir au milieu d'autres séniles"

J.R. : Jeanne-rose est veuve, elle a 80 printemps.  Elle est fan de romans policiers et pour retrouver le frisson de ses polars, elle se met à piquer des dessous chics  dans les grands magasins.  Elle rencontrera Jules 10 ans et sa famille et ce sera un peu le monde à l'envers...Jules lui fera la morale...

Julia (Roberts) : Stéphane Lambermont a 78 ans, il a quitté sa maison pour une maison de retraite sans emporter le moindre souvenir personnel.  Il y a Maria, mais aussi sa petite-fille qui lui rend visite en lui annonçant que son père a été viré.  Les perspectives changent et les regrets reviennent.

Bruno (Cremer) : Le commissaire Maigret joué dans un film hongrois.  L'occasion pour Arlette (57 ans) d'entrer en contact et d'essayer de se faire remarquer par son professeur de cinéma à l'université du troisième âge.  Ici tout l'art de se faire voler la vedette.

J'ai eu beaucoup de tendresse pour Khadja Nin , lorsqu'une fillette de deux ans arrive du Burundi , où encore par Tirunesh lorsqu'une jeune vendeuse est troublée par sa collègue.  Sonia (The Clash) qui retrouve un amour de jeunesse où pas.  Est-ce bien celui qu'elle croit ?   Il y a aussi (Angela) et la remise de diplôme, j'ai particulièrement aimé le contraste du début chez l'esthéticienne.

Et la sensibilité dans Lulu,  la belle complicité entre Jean-Paul  -qui s'enferme dans la véranda où Nathalie sa femme a passé ses derniers jours, le pouvoir des livres - et Lulu?

Il y en a encore d'autres des personnages, vous avez compris c'est un beau voyage auquel je vous invite.


Ma note :  8.5/10


Les jolies phrases

Ça lui va bien d'être enceinte, c'est un truc pour les gens qui ne sont pas pressés, cette longue attente de neuf mois où on s'arrondit sans pouvoir accélérer ou ralentir le processus.

Vu sous un certain angle, cet épisode presque honteux pourrait se parer des vertus de l'exploit : elle a osé quitter une salle au milieu d'un film, rejeter une oeuvre unanimement encensée par la critique, elle s'est démarquée.

Il entretenait d'ailleurs avec le verbe rouspéter le même rapport que les Inuits avec la neige : une familiarité constante qui avait dégénéré, une multitudes de synonymes.

La véranda, c'est la décroissance qui t'était chère, le lieu où tu continues de me parler même si je suis un élève plutôt obtus à qui il faut sans cesse réexpliquer les choses.

Comprimer l'espace pour permettre au temps de se dilater, quel artifice.

Sa vie ressemble à un disque rayé, elle tombe toujours dans le même sillon, ses Marc sont à chaque fois presque divorcés, presque libres, presque amoureux.

L'espérance vitale allait croissant, c'est vrai, mais l'autonomie indispensable pour profiter de ce rabiot d'années n'était pas au rendez-vous ; dans un home, les vieux y étaient plus surveillés que des repris de justice en prison et les gardes-chiourmes avaient beau se vêtir de blancs tabliers, ils n'en restaient pas moins fermes et vigilants comme leurs homologues du service carcéral.

Derrière leur rideau de cheveux, elles ne voient que la moitié du monde et semblent s'en contenter, pour certaines on dirait que c'est encore trop : elles ajoutent bonnets ou grands cols, réduisant leur vision à un goulot de lorgnette.

Les tournants, dans la vie, c'est toujours l'occasion de jeter un oeil dans le rétro et on a beau se démener pour que le paysage parcouru ait plus ou moins fière allure, c'est souvent le moment où les larmes vous viennent aux yeux sans que la cire y soit pour quoi que ce soit.

Le mois belge 2015


Le mois belge


Avril, c'est le mois belge.  Une belle initiative d'Anne et Mina.  J'avais participé l'an dernier et c'est avec beaucoup de plaisir que je participe cette année.  Du belge, j'essaie d'en lire un maximum. Nous avons en effet un très joli vivier dans notre pays et n'avons aucune raison de rougir d'être belge car nos auteurs sont nombreux et excellents.

Voici l'article complet  avec les découvertes proposées pour le mois du belge :



CETTE ANNEE ENCORE, Anne et moi vous proposons de faire d'avril un mois belge, en lisant la littérature de ce petit pays bien plus riche d'auteurs et d'éditeurs qu'on ne le pense souvent. Amélie Nothomb n'est en effet qu'un des arbres cachant la forêt et les éditions Luce Wilquin, Quadrature et Esperluète que j'ai mis en avant ces dernières années sont loin d'être isolées dans le paysage éditorial belge, ainsi que l'a prouvé la première édition du mois belge.


Nous comptons donc sur vous pour montrer à nouveau toute la richesse de la littérature belge, dans tous les genres (aussi bien fictionnels - romans, nouvelles, contes, théâtre, poésie, entre autres - que non fictionnels - récits, études, biographies, essais, journaux, correspondances, etc.) et formats (les beaux-livres aussi bien que les bandes dessinées et les livres illustrés sont les bienvenus), qu'elle soit éditée en France, en Belgique ou ailleurs. En guise de bonus, nous acceptons également les billets culturels : n'hésitez pas à évoquer voyages, expositions et les arts belges en général ; là aussi, les traditions et artistes belges ne manquent pas.


LES RENDEZ-VOUS D'AVRIL 2015



Afin de nous retrouver autour de certains genres, Anne et moi vous proposons une série de rendez-vous tout au long du mois. Aucun n'est obligatoire, il ne s'agit que d'invitations à se diriger vers des auteurs auxquels on n'aurait pas pensé au premier abord (comme les auteurs flamands) et à discuter autour de lectures communes.


Logo mois belge
Logo F. Khnopff


  • Vendredi 3 : un recueil de nouvelles ou une nouvelle
  • Mardi 7 : un classique (publié avant 1960)
  • Vendredi 10 : un auteur flamand
  • Mardi 14 : un livre jeunesse
  • Vendredi 17 : une femme auteur
  • Mardi 21 : de la non fiction
  • Vendredi 24 : une bande dessinée
  • Mardi 28 : un polar


N'hésitez pas à proposer d'autres lectures communes aux participants sur le groupe Facebook, ainsi qu'à associer le mois belge à d'autres rendez-vous hebdomadaires ou mensuels (tels que les dimanches poétiques, les mercredis de la BD, ou tout challenge de votre choix).


LES DETAILS PRATIQUES



Les magnifiques logos réalisés par Cachou ne changent pas et sont à apposer sur vos billets de lecture ou culturels. Les liens sont quant à eux à laisser soit sur le blog d'Anne, soit sur le mien, sur ce billet (évitez de nous les transmettre uniquement sur le groupe Facebook et pensez à nous faciliter la tâche). Ils seront affichés sur la page récapitulative, ainsi que dans les récapitulatifs hebdomadaires, alternativement publiés chez Anne et chez moi. Vous trouverez également sur cette page des liens pratiques vers des listes d'auteurs et d'éditeurs belges, si vous manquez d'idées ou ne savez par qui commencer.


Mettant un point d'honneur à lire belge, voici un petit récapitulatif de l'année écoulée depuis le dernier mois du belge. Derrière chaque couverture se cache le lien vers mon modeste billet.  Alors soyez curieux.




IMG_3069 Ker éditions


Cover Zebraska  





 

Murena MurenaMurenaMurenaMurena


 Bye Bye Elvis Pueblo Des barreaux au fenêtres

     

  





lundi 30 mars 2015

LE GARDIEN D'ANSEMBOURG AGNES DUMONT



Le gardien d'Ansembourg

Agnès Dumont




Editions Luc Pire
Collection : Roman de gare / Kill and read
Date de publication : novembre 2014
Format : 12 x 18,5 cm
Reliure : dos carré collé
Pages : 144
ISBN : 978-2-87542-105-0
Prix public : 10 €

Quatrième de couverture


De retour du Viêtnam, Rémy trouve un emploi au Musée d’Ansembourg de Liège. Mais qui est réellement cet homme qui semble se cacher derrière son uniforme ?

Bercé par son quotidien, il sera soudain rattrapé par son passé.

Entre jalousie, vengeance et règlements de compte, Rémy devra redoubler de prudence afin de préserver son secret et ceux qui lui sont chers.


Mon avis

Tout commence fort, de la musique à fond dans la voiture, une fuite suite à un cambriolage, une hésitation et  "bam" "un truc mou qui s'était tout de suite affaissé sous les roues du 4X4. Rémy sort et l'observe avant qu'on lui intime l'ordre de remonter dans la voiture.

Cela commence très fort, la tension est très grande. S'écoule alors une vingtaine d'années, lorsque Rémy qui avait tout quitté pour fuir au Vietnam revient.  Sa grand-mère Hortense n'a que lui sur qui compter.  Elle est atteinte de démence sénile et est placée.  Rémy rentre alors à Liège pour elle.  Il trouve un emploi de gardien de musée.

Partagé entre son travail peu passionnant et Hortense, la suite du récit nous décrit sa vie somme toute ordinaire et triste.  Seule Cindy, sa collègue lui apporte un peu de joie de vivre.  Leur relation est amicale même si Rémy espérerait autre chose.  J'ai aimé la description, la psychologie de leur relation. (espoir, envie, jalousie) 

Un jour un événement se produit, le cadavre du chat du musée Gaspar est retrouvé, une mort violente et cruelle.  Puis un corbeau se manifeste, le passé de Rémy le rattrape....

L'intrigue est bien construite, j'ai lu ce petit roman d'une traite entrant directement dans le vif du sujet. J'ai aimé pouvoir visualiser les lieux de l'action, les noms de rue ou de quartier cités parcourus ou entendus dans mon enfance.  Mes grands-parents habitaient Vottem.

Un petit bonheur aussi l'utilisation de belgicisme et de produits de notre terroir.  

J'ai vraiment passé un bon moment et l'envie de découvrir cette collection dont quelques titres se passent près de chez moi, une invitation originale de parcourir notre beau pays.


Ma note 8.5/10

Les jolies phrases

Il aurait bien pu s'enrouler sur lui-même comme un matou sur un plaid et basta; à quoi bon gigoter dans tous les sens, certaines choses ne s'effaçaient pas, quoi qu'on fasse, certains cauchemars vous hantaient pour toujours.

Entre boire un coup, j'ai de la Westmalle triple au frigo. Les bières catholiques, il n'y a pas mieux pour retaper le moral, tu peux me croire.

Parfois, il n'y avait rien de tel qu'un bon vieux cliché pour rendre compte des émotions qui vous terrassaient.

Pourvu qu'Hortense s'y sente bien, c'était tout ce qui importait.  Car le compte à rebours avait commencé.  De combien de temps disposait-elle avant d'oublier comment on avalait, comment on respirait ? Combien de temps avant le trou sombre, la béance, combien de temps avant la fin ?

Oui il aimait les lotus, parce que leurs rhizomes spongieux avaient beau s'enfoncer dans la vase des étangs, ça n'empêchait pas leurs fleurs de tendre le cou vers le ciel.  De la fange à la pureté.  Ça donnait de l'espoir, un symbole pareil.  Les Vietnamiens étaient fortiches dans ce domaine.

De toute façon, on ne peut pas fuir éternellement...


La collection Kill and read de Luc Pire



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samedi 28 mars 2015

Maison d'édition Quadrature


A la découverte d'une maison d'édition de chez nous :

Quadrature

L'an dernier dans le cadre de Nuits d'encre , j'avais découvert l'existence de la maison d'édition Quadrature, établie non loin de chez moi à Louvain-La-Neuve.  Je découvre cette année toujours dans le même cadre une auteure de leur maison, Agnès Dumont. L'occasion est trop belle pour que je vous la présente, d'autant plus que Quadrature fête cette année son dixième anniversaire.

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Lorsque des amoureux du livre se rencontrent, qu'ils soient grand lecteur, professeur d'université, enseignant, écrivain ou éditeur scientifique, lorsqu'ils se rendent compte qu'il n'existe pas de maisons d'éditions dédicacées entièrement aux nouvelles, cela donne en 2005 la naissance de Quadrature.


Un sacré défi car ce genre littéraire est passionnant certes mais aussi capricieux et multiforme. Il n'était pas simple en 2005 d'éditer des nouvelles alors quoi de tel que de se donner l'ambition de devenir la référence dans ce domaine. Car ce genre adoré de certains - car c'est court à lire - est aussi rejeté par beaucoup d'autres pour les mêmes raisons. De plus il y a beaucoup plus de gens qui en écrivent que de gens qui en lisent.


Ce défi est, on peut le dire aujourd'hui, entièrement réussi car Quadrature s'impose comme LA référence dans son genre.

Le principe de fonctionnement de Quadrature repose sur un double pilier. Quadrature, c’est d’abord un radeau où règne une belle amitié au sens « copains d’abord » cher à Brassens: « Quadrature est un plaisir et doit le rester ». Un manuscrit publié chez Quadrature aura été chèrement défendu non seulement avant et pendant mais après l’assemblée au cours de laquelle un vote aura emporté la décision positive. Résultat : l’auteur qui entre dans l’écurie Quadrature devient par le fait même membre d’un groupe ; ses parrains deviennent presque toujours ses amis.


Le deuxième pilier de Quadrature, c’est le professionnalisme. Si aucun membre de l’équipe regroupée en asbl ne doit réellement vivre de cette activité éditoriale, il n’est pas question pour autant de bâcler le travail.

Dès l’origine, cette exigence s’est traduite par une collaboration avec le portail i6doc.com et par une impression numérique de qualité (à la CIACO de Louvain-la-Neuve), par une recherche de cohérence graphique (notamment par les photographies de couverture dues à l’association artistique Xris&Cat, une membre du groupe et son mari), par une attention éveillée à l’évolution des techniques d’édition (tous les livres sont disponibles sous forme d’ebooks pour les tablettes et autres smartphones), par le choix âprement débattu de publier en orthographe rectifiée (ce n’est pas le cas pour le présent article), par une politique de prix réaliste et optimiste et par une présence en librairie appuyée sur le relationnel plutôt que sur une diffusion classique.

Passons donc à la matière première du « labo». 

Concrètement, ils reçoivent de nombreuses propositions de manuscrits, des centaines par an. Dès le départ un tri s’opère sur la base de plusieurs critères. Malgré la clarté des informations données sur leur site Internet (http:// www. editionsquadrature.be), trop de manuscrits qui leur parviennent sont encore des romans ou des nouvelles isolées (beaucoup leur écrivent spontanément pour leur demander leur avis sur un texte, ce qui n’est pas leur rôle).

Pour les manuscrits restants, qui sont de véritables « recueils », interviennent d’abord des critères purement formels, tels que le nombre de signes, une donnée qu'ils ont dû apprendre à mesurer pour avoir un «produit » relativement homogène tant pour le prix que pour le nombre de pages.

Il y a des exceptions: la qualité irrésistible des Histoires jivaros de Luc-Michel Fouassier (exercice d’ailleurs oulipien par la forme et le contenu) les a convaincus de l’éditer malgré son format réduit comme son nom l’indique... et dans l’autre sens, ils ont publié Kenan Görgun (L’enfer est à nous) dont le débit impétueux était d’une qualité tout aussi irrésistible.

Sont examinés ensuite par deux d’entre eux des aspects plus délicats et qui amènent à des discussions intéressantes. Tels que le fait que ce soit bien un recueil de nouvelles et non un roman, de la poésie, des contes... Et si le même personnage revient dans plusieurs nouvelles ? Et si la même histoire est racontée selon plusieurs points de vue ? Et si une des nouvelles fait cinquante pages ? Se pose donc très régulièrement la question de la définition de la nouvelle. En dix ans leur approche a fortement évolué et évoluera encore. Il est très probable que des manuscrits refusés au début seraient acceptés aujourd’hui, et inversement !


Beaucoup d’apprentis écrivains s’essaient à la nouvelle. Certains la conçoivent comme un tremplin pour passer au roman. L'expérience leur a montré que la nouvelle est bien un genre à part – et un genre à part entière ! – et qu’un bon nouvelliste n’est pas forcément un bon romancier, tout comme un bon romancier ne fait pas un bon nouvelliste.

C’est en effet une écriture qui demande d’entrer dans le vif du sujet avec un minimum de moyen, avec une grande économie de mots. Quadrature ne fait pas de compte d’auteur. Quadrature ne fait pas d’auto-édition (même si deux membres du groupe sont eux-mêmes des nouvellistes publiés par ailleurs).

La bonne quarantaine de recueils parus présente un tel éventail des manières de décliner la nouvelle qu’on pourrait dire que Quadrature offre une représentation crédible de la nouvelle en tant que genre littéraire. Quadrature est en ce sens un laboratoire littéraire, une « petite fabrique de littérature », pour reprendre l’appellation d’une collection passionnante (chez Magnard).

Avec le temps et le succès, Quadrature a désormais pignon sur rue et bénéficie depuis peu de l’appui financier de la Promotion des lettres. Au départ, c’était la quadrature du cercle. Aujourd’hui, le « cercle de Quadrature » a tout d’un cercle vertueux…



L’équipe de Quadrature : Bérengère Deprez, Jean-Louis Dufays, Patrick Dupuis, Dominique Keustermans, Catherine Nyssens, Marie Tafforeau, Stéphane de Vos.  Catherine Ferdin est toujours présente dans leur coeur, elle les regarde de l'autre rive depuis ce mois de mars 2015.


extrait de Quadrature dans Nos Lettres, décembre 2013 ((l'article complet)

Quadrature c'est aujourd'hui un peu plus de 30 auteurs , retrouvez-les ici
ainsi que le catalogue complet


Voilà alors comme moi faites la découverte, je vous parle très vite de deux recueils parus chez Quadrature. J'ai vraiment apprécié la découverte de ce genre que je lisais trop peu.


Un article de Mina et "Mon petit salon littéraire"