dimanche 8 mars 2020

Bilan de lecture de février

Bilan de lecture de février

Du retard pour vous présenter mon bilan de lecture, la faute à une semaine de vacances, des sorties culturelles nombreuses et l'envie de prendre un peu de recul numérique.

Février c'était la suite du #belgestagramchallenge.

Un total de 10 lectures sur le mois, 8 belges à l'honneur tout de même alors que le mois belge c'est en avril.

Faut que je m'y mette en mars car là je résorbe mon retard avant de me remettre à lire.

Rencontré ce vendredi à la Foire du Livre de Bruxelles, j'avais vraiment envie d'échanger
au sujet de ce roman palpitant qui aura deux suites.  Merci à Kenan Görgün pour sa disponibilité.




Une très belle adaptation en roman graphique de ce classique par la mangaka Kan Takahama, splendide !




Une trouvaille , j'avais loupé ce magnifique album, suis fan de Zidrou vous aviez sans doute déjà remarqué.



Un premier roman est arrivé dans ma boîte, et je n'ai résisté à l'appel de sa lecture immédiate, je n'ai pas été déçue, très émue par ce récit qui de manière positive nous parle notamment du deuil et des soins palliatifs.




Dans un autre registre, trop longtemps dans ma PAL, un joli témoignage à l'issue positive sur le burn-out.




Zelda alias Wiebke Petersen nous parle de son adolescence, de championnat d'aviron mais aussi de la chute du mur de Berlin et de la réunification.  Un coup de ♥




On l'attend chaque année à cette époque, le dernier roman d'Armel Job, une enquête passionnante.



Magnifique également le dernier roman de Nathalie Skowronek, à lire !




Dans un registre différent, Karine Lambert répond à "L'immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes" avec son cinquième roman, elles nous parlent des hommes et de l'amour.




Direction Cuba, sur les traces d'Emile Hemingway, des femmes, de l'alcool, dans un thriller qui vous fera vraiment voyager.




De très belles pioches dans mes lectures, comme chaque fois vous avez accès en cliquant sur la couverture si celui-ci a déjà été publié.


dimanche 1 mars 2020

Les billes du Pachinko - Elisa Shua Dusapin

Les billes du Pachinko    -      Elisa Shua Dusapin

Zoé
Parution : août 2018
Pages : 144
ISBN 978-2-88927-579-3
Prix : 15.50 €

Présentation de l'éditeur

Claire va avoir trente ans et passe l’été chez ses grands-parents à Tokyo. Elle veut convaincre son grand-père de quitter le Pachinko qu’il gère pour l’emmener avec sa grand-mère revoir leur Corée natale, où ils ne sont pas retournés depuis la guerre. Le temps de les décider à faire ce voyage, Claire s’occupe de Mieko, une petite Japonaise à qui elle apprend le français. Elisa Shua Dusapin propose un roman de filiation, dans lequel elle excelle à décrire l’ambivalence propre aux relations familiales. Elle dépeint l’intériorité de ses personnages grâce une écriture dépouillée et plonge le lecteur dans une atmosphère empreinte d’une violence feutrée où l’Extrême-Orient joue son rôle.


Pachinko - Wikipedia Pachinko (Concept) - Giant Bomb

L'auteure


Née en 1992 d’un père français et d’une mère sud-coréenne, Elisa Shua Dusapin grandit entre Paris, Séoul et Porrentruy. Diplômée en 2014 de l’Institut littéraire suisse de Bienne (Haute Ecole des Arts de Berne), elle se consacre à l’écriture et aux arts de la scène, entre deux voyages en Asie de l’Est.

Elle nous en parle




Mon avis

Premier roman lu pour le prix Horizon qui récompensera un deuxième roman à Marche en Famenne en mai prochain.


Claire est franco-coréenne, elle a trente ans et vit en Suisse, elle parle français et japonais. Ses grands-parents octogènaires vivent à Tokyo, ce sont des zaïnichis, des déportés coréens. Ils ont émigré ici dans les années cinquante lorsque la guerre civile faisait rage. Ils ne veulent pas parler japonais, la grand-mère sort très peu du quartier coréen, le grand-père exploite une salle de Pachinko, ce jeu qui ressemble à un flipper, avec des tas de petites billes, le seul jeu qui n'est pas considéré comme un jeu d'argent.


Claire est venue pour l'été, elle a répondu à une annonce comme répétitrice de français pour une enfant de dix ans, Mieko Ogawa. Son objectif est d'emmener ses grands-parents dans leur pays natal fin de l'été.


J'ai apprécié retrouver l'univers du Japon, Tokyo, Miyajima que j'ai eu la chance de visiter. Le style est épuré, il correspond bien à l'univers de ce roman et de la culture asiatique. Le Pachinko n'aura plus de secret pour vous, tout comme le vécu de nombreux zaïnichis dans les années cinquante.


Ce roman c'est aussi la recherche de ses racines pour Claire, l'histoire d'une belle amitié avec Mieko, l'occasion de s'immerger dans la culture japonaise et dans la démonstration des sentiments. L'auteure d'origine franco-coréenne nous parle de l'exil, de la terre maternelle mais aussi de la filiation à travers quatre personnages féminins.


Un roman sobre, intimiste qui nous parle de l'exil, des difficultés d'intégration, de communication et des différences culturelles. Il est écrit comme de la littérature japonaise avec poésie, retenue, émotion. De jolis ressentis sur l'amitié, les racines et l'amour. C'est sincère, émouvant.


Un joli coup de coeur que je vous recommande vivement.

What Am I Doing?: My 1978 Nishijin C Pachinko Machine! What companies made pachinko machines? | Pachinkoman
 


Les jolies phrases

J'aime le brouillard. Il empêche de voir loin. Il bouche l'horizon. Il donne l'impression qu'on a le temps, qu'on a le droit de ne rien voir. De ne rien voir venir.


On devrait mourir comme la mue des animaux. Plus on vieillirait, plus la peau s'éclaircirait. A la fin, on verrait tout à l'intérieur de nous, les veines, les os, les sentiments, tout. En même temps la peau ferait un miroir. Et les gens se refléteraient en nous avant qu'on finisse par devenir complètement transparent. A ce moment-là, on irait chez son enfant lui donner son dernier souffle.
- Son enfant ?
- Oui; C'est lui qui vit après.


Pour les Coréens du Japon, il n'y a jamais eu de Nord ni de Sud. Nous sommes tous des gens de Choson. Des gens d'un pays qui n'existe plus.



vendredi 28 février 2020

Les couleurs de l'incendie - Christian De Metter et Pierre Lemaître

Couleurs de l'incendie



Rue de Sèvres
Scénario : Pierre Lemaître
Dessin : Christian De Metter
Parution : 15 janvier 2020
Pages : 164
ISBN : 9782369815006
Prix : 24 €

Présentation de l'éditeur

Une histoire de vengeance dans laquelle Madeleine prend l’envergure d’une grande héroïne...


Février 1927. Le Tout-Paris assiste aux obsèques de Marcel Péricourt. Sa fille, Madeleine, doit prendre la tête de l’empire financier dont elle est l’héritière, mais le destin en décide autrement. Son fils, Paul, d’un geste inattendu et tragique, va placer Madeleine sur le chemin de la ruine et du déclassement. Face à l’adversité des hommes, à la cupidité de son époque, à la corruption de son milieu et à l’ambition de son entourage, Madeleine devra déployer des trésors d’intelligence, d’énergie mais aussi de machiavélisme pour survivre et reconstruire sa vie. Tâche d’autant plus difficile dans une France qui observe, impuissante, les premières couleurs de l’incendie qui vont ravager l’Europe.

Mon avis

Faire d'un roman de plus de 500 pages, un roman graphique de 150, c'est un exploit réalisé par Christian de Metter.  J'avoue que le roman, second volet de la trilogie de Pierre Lemaître est toujours dans ma liseuse, c'est donc vierge de tout que je suis entrée dans ce très beau récit.

Si "Au revoir là-haut" était un roman d'hommes, celui-ci est essentiellement féminin.

Madeleine Péricourt a divorcé de son escroc de mari d'Aulnay Pradelle qui coule ses jours en prison.  Elle a renoncé à plusieurs reprises d'épouser Gustave Joubert le fondé de pouvoir de la banque paternelle. A l'enterrement de son père, son fils Paul âgé de sept ans se défenestre et se retrouve handicapé, en chaise.  C'est la stupeur et Madeleine lui consacrera tout son temps en délaissant un peu des affaires.  Résultat des courses, elle sera ruinée.

A partir de ce moment va naître une sérieuse envie de vengeance.  La roue tourne toujours dit-on ...

Paul retouvera la joie de vivre grâce à la musique que lui fait écouter Vladi, une infirmière polonaise.  Il est sous le charme de la voix de la célèbre cantatrice Solange Gallinato.

Tout cela se passe fin des années trente, on parle du pouvoir, de l'argent, de manipulations financières et autres mais aussi de la montée du fascisme, du rôle joué par les artistes dans la manière de résister, des progrès de l'aviation, de traîtrise, du rôle de la presse ....

Bref, un moment de lecture palpitant, un récit bien construit.

Christian de Metter adapte la colorisation de ses planches en fonction des scènes décrites.

Le dessin est magnifique, très expressif.

Un très bel album que je vous conseille vivement.

Ma note 9.5/10

Une jolie phrase

Ce sont les morts qui se chargent de réunir les vivants, c'est ainsi que Madeleine rencontra par hasard Dupré au Père Lachaise



mercredi 26 février 2020

L'amant - Kan Takahama ♥♥♥♥♥

L'amant  -  Kan Takahama ♥♥♥♥♥



Rue de Sèvres
Parution : 22 janvier 2020
Pages : 152
ISBN : 9782369819080
Prix : 18 €

Présentation de l'éditeur

Faire d’un récit intime, une musique universelle


La narratrice, c’est l’auteure elle- même. Elle a 15 ans et vit en Indochine avec sa mère, veuve, et ses deux frères. Pensionnaire dans un lycée pour étudier les mathématiques, elle ne rêve que de devenir écrivain. Sur le bac qui traverse le fleuve séparant son lycée de sa pension, elle fait la connaissance d’un riche Chinois. Ils tombent éperdument amoureux et s’engagent dans une relation régit par l’amour et l’argent qui durera un an et demi. Ils se voient régulièrement et ce premier amour fort mais ambigu impose à la jeune fille de faire face à la honte, la peur, la jalousie, et de parvenir à trouver sa place au sein d’une famille où il est difficile de s’affirmer.

Mon avis

Lorsque la maison d'éditions Rue de Sèvres a proposé a Kan Takahama  l'adaptation de "L'amant" de Marguerite Duras, la mangaka a immédiatement accepté.  Surprise car c'est le roman qu'elle avait envie d'adapter.

Ce roman est sans doute pour beaucoup d'adolescent.e.s aimant la lecture, un roman particulier, l'histoire d'un premier amour.  Un roman qui évoque l'adolescence de Marguerite Duras.

Marguerite a quinze ans et demi, elle vit à Saigon avec sa mère et ses deux frères.  La maman est directrice d'école de Sadac, elles sont pauvres, avec des dettes à régler.  Le frère aîné de Marguerite, Pierre, est joueur et violent.

Marguerite est pensionnaire dans un lycée pour étudier les mathématiques alors qu'elle ne rêve que d'une chose; devenir écrivain.

Un jour en traversant le fleuve sur le bac, elle rencontre un chinois beaucoup plus âgé qu'elle, il est très riche, a étudié à Paris dit-il.  Chaque jour, il la conduit à l'école.  Ils tombent amoureux, une passion naît.  Un amour qui ne sera pas accepté mais que Marguerite veut vivre à tout prix.

C'est un roman d'initiation, un amour compliqué, différence d'âge, de milieu, de race, de culture.
L'amour est fort mais vaincra-t-il tous ces obstacles?  Une séparation inévitable, le reour en France.

Je n'ai à présent qu'une seule envie, relire le roman original.

Le dessin est magnifique, entre le manga et la bande dessinée.  Les traits sont splendides, les couleurs pastel subliment le dessin, les paysages.  C'est fin, délicat, tout en pudeur.  On ressent les émotions.  Je trouve cet album sublime.

C'est un gros coup de coeur. ♥♥♥♥♥

Une jolie phrase

Il n'a pas la force d'aimer au delà de la peur.  Il pleure souvent.  C'est un homme qui fait l'amour pour lutter contre la peur.




lundi 24 février 2020

M, le bord de l'abîme - Bernard Minier

M  Le bord de l'abîme   -  Bernard Minier



XO Editions
Parution : 21 mars 2019
Pages : 570
ISBN : 9782374481210
Prix : 21.90 €

Présentation de l'éditeur

Pourquoi Moïra, une jeune Française, se retrouve-t-elle à Hong Kong chez Ming, le géant chinois du numérique ?
Pourquoi, dès le premier soir, est-elle abordée par la police ?
Pourquoi le Centre, siège ultramoderne de Ming , cache-t-il tant de secrets ?
Pourquoi Moïra se sent-elle en permanence suivie et espionnée ?
Pourquoi les morts violentes se multiplient parmi les employés du Centre – assassinats, accidents, suicides ?

Alors qu’elle démarre à peine sa mission, Moïra acquiert la conviction que la vérité qui l’attend au bout de la nuit sera plus effroyable que le plus terrifiant des cauchemars.

VERTIGINEUX ET FASCINANT

Le roman d’un monde en construction, le nôtre, où la puissance de la technologie et de l’intelligence artificielle autorise les scénarios les plus noirs. Bienvenue à Hong Kong. Dans la fabrique la plus secrète du monde. Chez M… Au bord de l’abîme…

L'auteur


L'auteur



Bernard Minier par lui-même :

1960 : Fiat lux.
1967/68 : lecture à haute voix de Robinson Crusoé par une maîtresse remplaçante en fin d’année scolaire et révélation immédiate : « je veux écrire ».
Mai 1968 : pas de barricades à Montréjeau, Haute-Garonne.
1969 : invente un jeu pour cours de récréation baptisé le Rampeur : succès immédiat.
1970 : lecture de Bob Morane, Tintin, la Marque Jaune, Edgar Rice Burroughs, Jules Verne, Lucky Luke, Pim Pam Poum. Premières BD, premiers textes.
1974 : San Antonio, le Grand Meaulnes, H.G. Wells.
1976 : Isaac Asimov, Philippe Druillet, Moebius, Philip K. Dick, Conan Doyle, Charlie Hebdo. Assassine ma première victime (de papier).
1979/1980 : premier concert rock ; ACDC à Muret, banlieue de Toulouse, avec Bon Scott.
1981 : tel Diogène dans son tonneau, observe avec circonspection la liesse populaire, ayant lu Camus, Pasolini et quelques autres. Lis William Styron, Grass, Thomas Bernhard.
1982 : déjà des dizaines de textes tapés à la machine dans mes cartons, pars pour l’Espagne façon Kerouac : sex, drug & San Miguel. N’en suis jamais tout à fait revenu. Lis Camilo José Cela, Sabato, Ortega y Gasset, Neruda, Cervantes.
1984 : débarque à Paris. Lis John Le Carré, Ellroy et Lieberman. Entre dans les Douanes.
2011 : parution de Glacé. Une autre vie commence…
2016 : Invité à Oxford, jacket and black tie de rigueur pour le dîner de gala : débarque en jean, pars à la recherche d’un costume en compagnie de mon éditrice anglaise.
2017 : Tournage de la série Glacé dans les Pyrénées.
2018 : Qualifié de « Il più grande giallista europeo » par Il Fatto Quotidiano : j’aime beaucoup la presse italienne.
Qualifié de « nuevo rey del thriller » par El País : j’aime beaucoup la presse espagnole.
2019 : Parution de M, le bord de l’abîme

02/04/20 : Martin Servaz


C'est la première fois que je lis la plume de Bernard Minier, quelle claque ! Je ne suis pas déçue, que du contraire.

Bienvenue dans le monde de l'intelligence artificielle, des nouvelles technologies.  Direction Hong Kong chez Ming, le géant des smartphones chinois, une entreprise à la pointe du Big Data.

Moïra Chevalier est française, elle débarque à Hong Kong pour travailler chez eux, sur le projet de Deus.  L'objectif est de créer un chatbot capable de dialoguer et d'anticiper les désirs de ses utilisateurs.  Un peu comme "Google home" ou "Siri" me direz-vous ?  Non, le projet ici est bien plus ambitieux, on veut créer une empathie avec l'utilisateur, apporter des émotions au logiciel, donner à Deus une sensibilité pour qu'il devienne l'outil incontournable, indispensable pour chaque utilisateur, qu'il devienne le plus humain de tous les assistants virtuels.  Sacré challenge !

C'est bien un thriller contemporain que nous propose Bernard Minier, pas question de science fiction ou d'anticipation, non, toutes les technologies dont il nous parle existent ou sont développées aujourd'hui.

C'est passionnant, inquiétant, sujet à de multiples réflexions.  

Hong Kong est un personnage à part entière du roman, la ville est magnifiquement décrite. 

A cela vient s'ajouter des meurtres abominables, un tueur en série sévirait en ville avec une particularité, chaque victime a un lien avec Ming.  D'entrée de jeu Moïra est suivie et observée par des flics, un climat de peur et de terreur est palpable.  L'enquête peu à peu se met en place en infiltrant le milieu des triades aussi.  

Je ne vous en dirai pas plus, c'est un pavé de 570 pages  que j'ai pris le temps de lire, il est super bien documenté, utilise un vocabulaire pointu et exige des temps de réflexion sur des thèmes comme la nature humaine bien entendu mais aussi les évolutions et progrès technologiques, le bien fondé de leur utilisation, la manipulation, les travers de l'homme.

Une lecture passionnante, addictive qui ne vous laissera pas indifférent.  J'ai beaucoup aimé.

Ma note : 9/10

Les jolies phrases

En aidant Deus à devenir plus humain, plus empathique, l'objectif était clair : le rendre indispensable, incontournable dans la vie de ses utilisateurs.  Comme une drogue...

L'enfance, on n'en guérit jamais.

...c'était un endroit où chacun était sous le regard des autres.  A l'image du monde lui-même désormais.  Car c'était ça, le monde connecté, non ?

Ce que vous voyez là est mon jardin de bonzaïs sur la péninsule de Sai Kung, dit-il. (...) Certains ont plus de cent ans.  Mais ce qui est intéressant là-dedans, c'est qu'historiquement les premières personnes à partiquer l'art du bonzaï essayaient de reproduire les formes prises par les arbres sous l'action des éléments : elles reproduisaient en somme un aspect du monde naturel par des procédés artificiels.  N'est-ce pas ce que nous essayons de faire ?

La vie ne peut-elle pas se résumer à la somme de ses désirs et aux stratégies que nous déployons pour les satisfaire - ou au contraire pour les faire taire ?

Selon un physicien de Harvard, deux requêtes effectuées sur Internet équivalaient à la dépense énergétique d'une bouilloire. au total, les 1 200 milliards de requêtes annuelles sur Google dégageaient chaque année 8 400 tonnes de gaz à effet de serre dans l'atmosphère. Une quantité qui serait sans doute multipliée dans les années à venir.

Les chinois, qu'ils soient de Hong Kong ou d'ailleurs, ont cette qualité précieuse : ils regardent devant eux, jamais derrière.

Dans la culture occidentale, vous parlez tout le temps de liberté.  Seulement, pour beaucoup d'entre vous, cette liberté n'est pas la liberté de choisir parmi les multiples possibilités qu'offre l'existence, mais la simple soumission à des passions et des pulsions.  Être une personne qui n'agit pas dans le seul but égoïste de satisfaire ses intérêts mais, au contraire, qui est capable de les oublier pour servir la communauté, voilà l'idéal chinois.

Les optimistes pensent que le monde qui vient sera un monde meilleur grâce à la technologie.  Un monde sans guerres, sans meurtres, sans viols, sans faim, sans pauvreté, sans exploitation, sans injustices.  Un monde où ce ne seront plus les humains, leurs cerveaux reptiliens, leurs instincts animaux, leurs ego infantiles, qui prendront les décisions, mais des applications et des inventions plus sages qu'eux.  Mais ce qui s'exprime de plus en plus sur Internet au fil des ans, c'est de la jalousie, la colère, l'étroitesse d'esprit, la violence, le chaos et le sectarisme.  Autour de quelques îlots de réflexion et de sagesse, un océan de haine et d'intolérance.  Cette maudite invention détruit un par un tous les fondements de nos civilisations.  Le ciment de nos sociétés.  C'est pourquoi, nous autres les Chinois, à la différence de vous, nous avons remis le couvercle sur la boîte de Pandore du Web et limité la liberté de nos internautes.  Mais vous, Occidentaux, avec votre folie de l'égalitarisme et de la libération de la parole, vous serez balayé, emporté par cette vague de liberté qui ne débouchera que sur le chaos...

La justice n'est qu'un simulacre. S'il y a des lieux dans ce monde d'où l'équité et l'honnêteté sont absentes, c'est bien les tribunaux...