samedi 4 mars 2023

Ce pays qu'on appelle vivre - Ariane Bois

Ce pays qu'on appelle vivre   -   Ariane Bois



















Plon
Parution : 12/01/23
Pages : 288
EAN : 9782259311151
Prix : 20.50 €


Présentation de l'éditeur

Un grand roman d’amour et de résistance à travers l'histoire des Milles (Aix-en-provence), le seul grand camp d’internement et de déportation français encore intact.


Jeune caricaturiste de presse juif allemand, Leonard Stein voit sa vie basculer quand Hitler arrive au pouvoir. Réfugié sur la Côte d’Azur après avoir combattu pour la liberté en Espagne, la guerre le rattrape. À l’été 40, il est envoyé aux Milles, camp d’internement situé à sept kilomètres d’Aix-en-Provence.

Leo n’a qu’une idée en tête : s'échapper par tous les moyens. D’échecs en vaines tentatives, il finit par rencontrer une volontaire marseillaise d’un réseau de sauvetage, juive elle aussi, Margot Keller. Alors que leurs efforts conjugués paraissent porter leurs fruits et annoncer la liberté, l’été 42 arrive, meurtrier et cruel, faisant vaciller leurs espoirs. Mais les deux amants semblent croire à l’impossible…

L'usine de tuiles des Milles verra passer 10 000 étrangers, en majorité juifs. Un lieu de détention effroyable mais aussi un centre de culture, de création, peuplé par des intellectuels et des artistes opposés au nazisme, dont Max Ernst et Franz Hessel. Une histoire encore très peu connue, l’ouverture au public du site-mémorial datant de 2012 seulement. 





Ariane Bois








Ariane Bois est romancière, grand reporter et critique littéraire. Elle est notamment l’auteure, récompensée par de nombreux prix littéraires, du Gardien de nos frères (Belfond, 2015), Dakota Song (Belfond, 2017), L’Île aux enfants (Belfond, 2019), finaliste du prix Maison de la presse, et L’Amour au temps des éléphants (Belfond, 2021). Son dernier récit, Éteindre le soleil, est paru chez Plon en 2022.

Mon avis

J'ai toujours beaucoup de plaisir de retrouver l'écriture d'Ariane Bois qui dans ce dernier opus nous raconte les oubliés de la guerre.

Direction le camp des Milles près de Aix en Provence, un camp d'internement et de déportation conçu et administré par des français durant la seconde guerre.

Léo Steim, ancien dessinateur de presse allemand d'origine juive, pensait avoir trouvé refuge avec d'autres intellectuels allemands indésirables à Sanary sur la côte d'Azur.

Cependant l'été 40, la guerre le rattrape et il est emmené par la gendarmerie française dans le camp des Milles, une ancienne usine de tuiles désaffectée, dans laquelle on rassemble les étrangers indésirables.  Ce camp deviendra  avant de devenir un camp de déportation, un camp d'internement, de détention aux conditions innommables.

Pour y survivre, les "détenus" s'accrochent à la culture, à la création : théâtre, dessin, peinture leur permettent de tenir !

Parmi les personnes enfermées on trouve entre autre Max Ernst, Karl Bodek (peintre de fresques dans le réfectoire des gardiens), Max Schlesinger (théâtre), Franz Meyer (dessinateur) , ce sont ces personnages qui ont inspiré Ariane Bois pour ce roman.

Mais il y a aussi l'amour en la rencontre de Margot, une jeune juive française qui apporte son aide avec l'association CAR apportant de l'aide aux réfugiés.

Les personnes enfermées n'ont qu'une seule envie: FUIR pour échapper à ce qui suivra, la déportation.

Ce magnifique roman c'est aussi l'occasion de mettre en avant les Justes ayant oeuvré au sauvetage de nombreux Juifs : le journaliste américain Varian Fry, le diplomate mexicain Gilberto Bosque ou encore le pasteur Henri Manen ou le couple Boyer.

Merci Ariane pour ce magnifique roman très documenté qui permet de découvrir un pan de l'Histoire peu glorieux mais surtout de ne pas oublier.


Ma note : 9/10



Cela m'a donné envie de me documenter, allez faire un tour sur le site mémorial du camp des Milles



Les jolies phrases

Chacun se bat ici contre les mêmes ennemis : l'incertitude, l'angoisse, l'errance immobile, l'absurdité et la poussière rouge. Celle-ci envahit tout, une fine couche sanguinolente qui pénètre dans les pores, la nourriture, les yeux, les vêtements. 

Le sommeil est une denrée précieuse, au camp : il symbolise la liberté, l'envol, les souvenirs d'une vie meilleure, l'oubli de tout.

Comment la France, ce pays qui leur avait offert l’hospitalité, accordé le droit d’asile, pouvait-il ainsi les parquer comme des bêtes ?

La guerre ne tue pas seulement les hommes, elle massacre aussi les rêves, les espoirs de toute une génération.

Les rares hommes consignés aux corvées s'estiment chanceux ; tout pour échapper à la torpeur des jours qui se ressemblent, à l'inaction qui rend fou.  Le camp avale les hommes, en commençant par leur esprit, et recrache des êtres brisés, à la limite de la folie.

L’enfance est un pays éphémère dont on est chassé trop tôt.

Le camp détruit toute individualité, toute velléité de se démarquer des autres. On fait partie d'un troupeau, celui des internés.

Les émigrants finalement ne survivent que grâce à la bonté des uns et à la négligence des autres.

La guerre, c’est ça aussi, ne vivre que dans le moment, tenter d’oublier le reste et, surtout, ne pas imaginer un futur plus qu’incertain.


Il comprend enfin que celle-ci a maintenu Jakob en vie, les livres ont été ses amis, ses confidents, ses refuges, et la littérature un abri, un monument de papier, un mausolée pour apaiser sa peine.

C'est l'éclipse de l'humanité.  Il ne reste que le silence, le recueillement dans cette douleur qui enserre son coeur.  Comment imaginer un lendemain ?


Combien de camarades faudra-t-il enterrer avant de rompre leurs chaînes?

Avec Franz, Oskar et Lisandro, ils formaient un rempart contre la folie du monde et puisaient courage et force dans leur camaraderie.  Comment continuer?  Qui sait quand ils se retrouveront?

Du même auteur j'ai lu

Cliquez sur la photo pour découvrir la chronique




 



mercredi 1 mars 2023

Vesdre - Luc Baba ♥♥♥♥♥

Vesdre - Luc baba    ♥♥♥♥♥

















L'arbre à paroles
Parution : mai 2022
Pages :123
Isbn : 9782874067259
Prix : 14 €


Présentation de l'éditeur



Personne, au petit matin, ne redoutait un massacre des hommes par les rivières. Une crue, oui, l’eau dans les caves. Mais pas ça.

Vesdre est le récit poétique d’une tragédie, la mise en mots d’un traumatisme pour la mémoire de ceux qui périrent, et pour ceux qui luttent encore dans les vallées meurtries.

Luc Baba

















Né à Liège en 1970, Luc Baba a publié une vingtaine d’ouvrages brassant tout ce qui s’écrit : romans, poésie, livres pour enfants, biographies. La Cage aux cris, son premier roman, a été récompensé par le prix Pages-d’or. Chanteur et comédien, il a interprété Brassens, Brel et Ferré, et investi la scène dans le cadre d’un spectacle musical de sa plume : Tu parles, hommage vibrant aux langues du monde. Son écriture, il la désire humaniste et discrètement poétique. Elephant Island est son 14e roman.


Mon avis

La Vesdre c'est une rivière prenant sa source dans les Hautes Fagnes, alimentant le barrage d'Eupen.  Elle traverse la vallée, la région de Pépinster, Trooz.  C'était pour Luc Baba l'occasion de s'installer au calme loin de la ville.  

Durant sept années, il vivait paisiblement au bord de la Vesdre, conscient que de temps à autre, un peu d'eau dans les caves était une éventualité  mais jamais il n'avait imaginé que tout pouvait tourner au cauchemar.

Il nous décrit minutieusement, heure par  heure, minute par minute les terribles inondations dévastatrices et meurtrières des 14 et 15 juillet 2021.

Ce qu'il a vécu nous est conté avec grâce et poésie, il choisit à merveille les mots décrivant l'inimaginable.

La pluie, l'eau putride, le cours qui gonfle et emporte tout sur son passage brisant des vies, emportant tous les souvenirs perdus à tout jamais.  Avec lui on ressent, enfin on peut commencer à imaginer ce que ces victimes ont éprouvé, vécu.  

C'est d'une force incroyable, puissant.  J'ai ressenti la peur, la solitude, l'isolement, senti les odeurs, enduré la puissance des flots dévastateurs.

Ce texte est juste magnifique, splendide, indispensable aussi pour dépasser ce traumatisme.  Un texte rendant hommage à ceux emportés par les eaux, à ceux qui ont tout perdu.

Un petit bijou à lire absolument.

Immense coup de ♥

Les jolies phrases

La rivière s'est couchée dans mon lit.

La nuit c'est pire, la nuit se mélange à la Vesdre comme un café noir dans la boue. 

Personne, au petit matin, ne redoutait un massacre des hommes par les rivières. Une crue, oui, l'eau dans les caves.  Mais pas ça.

La bibliothèque aux milliers de pages agonise éventrée sous mâchoir de fauve.  Les mots sont crachés nus, marne baveuse, lisier des songes.  L'encre est dissoute et les muses disloquées. 

On dirait que des centaines de tambours protestent sous la terre.  Quand la paix reviendra, j'écouterai un violon, je n'aurai plus ni disques ni lecteur ni radio.  Il faudra que des musiciens jouent dans les rues, mais il n'y a plus de rues !
Et sur l'étagère...  Un objet se trouvait sur l'étagère, à gauche, un souvenir.  je ne sais plus ce que c'était.  

Quand on n'est plus gardien des objets, on devient sage, parait-il.  Il reste à garder la vie, la lumière, le peu de joie, le sourire. Si c'est vrai, cette maudite crue est une fabrique de sagesse.  Oui, mais j'ai mal quand même de toutes les petites choses en papier ou en bois qui racontaient leur histoire tout bas dans les meubles du salon.
Et les montres de mes grands-pères, arrêtées.
Quant à l'objet sur l'étagère, à gauche, il me semble que c'était le petit Chaplin en bois qu'elle m'avait offert. 

Quand on n'a plus de porte, il faut une porte étrangère. 


Une bulle avec de la musique, une bulle où ça va mieux, le temps de reconstruire, une musique, du café, une couverture et quelques plaisanteries autour de la soupe qui sera bonne car nous la partagerons. 

La rivière se réveillera dans un lit comme les enfants qui n'ont pas fait exprès de briser la vaisselle, et nous ramasserons les débris.

Le passé cherche toujours à voler nos crayons pour dessiner les prochains pas.  Enfant tyrannique, le passé. 

Je pense au chaud d'une maison, à la clarté des jours où le bonheur s'invite.  Le temps suffit-il à ne plus avoir peur de la pluie ?  Est-ce qu'il érode les traumatismes comme les rivières érodent le schiste ? 



dimanche 26 février 2023

Ils ont rejoint mon Himalaya à lire

Ils ont rejoint mon Himalaya à lire  





De nombreuses arrivées cette semaine. On découvre cela ensemble ?


On commence avec du belge,chez Onlit deux nouveautés ce 1er mars.  Un titre intriguant !


Comment (et pourquoi) j'ai mangé mon amant  -  Pascale Fonteneau
















On lit
Parution : 01/03/23
Pages : 144
Isbn : 9782875601643
Prix : 16 €

Présentation de l'éditeur

Avec un mari fidèle, un poste à responsabilités, un vaste appartement et deux grands enfants à l’aube de carrières brillantes, la vie d’Hélène frôle la perfection. Alors pourquoi ce sentiment de ne pas être à sa place ? Un matin l’attend sur son bureau un mystérieux bouquet de fleurs. Et ensuite tout bascule.


Comment (et pourquoi) j’ai mangé mon amant marque le retour de Pascale Fonteneau sur la scène littéraire, à travers un texte à la mécanique aussi implacable qu’inattendue.

Pascale Fonteneau vit à Bruxelles. Elle a publié chez Actes Sud (Actes noirs), Gallimard (Série noire, Folio Policier), au Masque ou encore chez Baleine.

Véronique Bergen nous revient avec "Ecume"

Ecume - Véronique Bergen



















On lit
Parution : 01/03/23
Pages : 423
Isbn : 9782875601599
Prix : 24.99 €

Présentation de l'éditeur

Cette nuit, la forme que mon récit doit adopter m’a été révélée par un rêve. Davantage qu’un livre-amphibie, il me faut inventer un roman vortex,
dansant comme un tourbillon d’écume, un roman aux pages-branchies, aux phrases ciselées comme des écailles, un roman qui se lance à la mer et nage vers le paléolithique.


Tout à la fois roman des cétacés et récit des amours d’Anaïs, Écume se place dans le sillage de Moby Dick, le chef-d’œuvre d'Herman Melville, pour transformer le récit d'une chasse en ode à la vie et à la liberté.


Véronique Bergen est romancière, poète et philosophe. Parmi ses derniers ouvrages parus, on trouve Marianne Faithfull. Broken English (Éd. Densité) ou encore Marolles. La Cour des chats chez CFC Éditions. Elle a publié plusieurs romans chez ONLIT dont Tous doivent être sauvés ou aucun, récompensé par le prix Scam Littérature.

Le prix du roman Noir de la Foire du Livre de Bruxelles 2023 sera remis officiellement le 1er avril 2023 , le voici

L'envol de Tosca   -   Sophie Van der Stegen



























Ker éditions
Parution : 15 mars 2023
Pages : 252
Isbn : 9782875863560
Prix : 18 €

Présentation de l'éditeur

Lorsqu’Alina, adolescente désabusée, accepte un petit boulot à l’opéra à l’occasion d’une première de Tosca, elle est loin d’imaginer que cette soirée bouleversera sa vie.

Comme par un jeu de dominos, ce même soir, Anita, veuve richissime et solitaire, replonge brutalement dans les brumes d’une passion ancienne.

Quant à Hélène, sous-directrice du théâtre et jeune mère au bord du burn-out, elle se trouve contrainte à une enquête qui est bien au-dessus de ses forces.

Pour elles, comme pour Tosca, leurs choix auront des conséquences dramatiques et laliberté se paiera au prix fort.
Trois destins s’entremêlent dans ce roman choral où plane l’ombre de Puccini, compositeur génial et criminel.

Quand l’autrice nous rappelle qu’un livret d’opéra n’est qu’un roman noir chanté, et nous fait passer de la fosse d’orchestre à la fosse aux lions.
Michel Claise

Une autrice qui fait ses gammes et nous livre un premier roman sans fausse note !
Michel Dufranne (RTBF)

Tout ce qui brille n’est pas or : l’adage se décline de multiples façons dans ce roman noir en forme d’Opéra de quat’ sous finement ciselé.
Jacques de Pierpont

Ce roman est lauréat du prix du Roman Noir de la Foire du Livre 2023.

Après "Les déraisons" et "Baïkonour" trop contente de retrouver la plume d'Odile d'Oultremont

Une légère victoire  -  Odile d'Oultremont



















Julliard
Parution : 02/03/23
Pages : 256
EAN : 9782260055716
Prix : 20 €

Présentation de l'éditeur

« C’est ahurissant à quel point une phrase, une seule, constituée des mêmes mots, en tous points pareils, a suffi à rendre à Nour son monde entier et à faire éclore en Ponthus les prémices d’une vérité dont aucun parent ne voudrait. »
Chacun à sa manière, Nour Delsaux et Yarol Ponthus sous-vivent. L’une est enfermée dans une existence où elle se satisfait de petits arrangements avec elle-même, l’autre est écroué depuis un quart de siècle dans une cellule de huit mètres carrés.
En février 2020, dans d’étranges circonstances, la trajectoire de l’un percute celle de l’autre.

Un tout grand merci à Mady Bertini qui m'a gentiment envoyé son livre

Pour l'amour de l'art  -  Mady Bertini




















Lion Z'ailé de Waterloo
Parution : 26/01/23
Pages : 146
Isbn : 9782931181171
Prix : 15 €

Présentation de l'éditeur

Douze nouvelles, douze destins.
« Pour l’Amour de l’Art » est un recueil de nouvelles dont le fil conducteur en filigranes porte sur l’Art. Du théâtre à la peinture, du chant à l’écriture, du cinéma à la haute couture, de la photo à un concours de Miss, jusqu’à l’amour des livres, il relate des trajectoires de vies pleines de luttes, de drames, de quêtes et d’amour, parfois déçu, mais pas toujours.
Après avoir décroché un rôle principal au théâtre, Elena doit affronter l’hostilité de la troupe. Un artiste d’un siècle passé, prisonnier du poids de la société, aime en silence son jeune modèle. Mona, brimée par son peintre de mari pour lequel elle pose, ne rêve que de liberté.
Shiva se retrouve à Paris, après avoir échappé aux Talibans et au mariage forcé.
Roman, écrivain à succès, retrace les drames de sa vie au cours d’une séance de dédicaces.
Un homme à qui la vie a souri lâche tout pour retourner sur les lieux de son enfance où l’attend son destin.
Une jeune femme aime en secret son professeur de dessin et attend son heure dans l’ombre.
À la mort de son père, Sanjay part à la recherche de son histoire.
Lou, dotée d’un immense talent, rêve de se réaliser dans la Haute Couture, mais la route pour y arriver lui réserve bien des surprises.
Linette, véritable objet entre les mains de sa mère, se rebiffe.
Manu a coupé les ponts avec son passé pour réaliser sa passion, jusqu’à ce qu’un événement l’oblige à nouveau à changer de chemin.
Et enfin Ibrahim nous livre sa vie dans sa librairie, véritable temple dédié à la littérature, dont les livres seront ses seuls enfants …

Le printemps arrive avec le nouveau Didier van Cauwelaert, un de mes auteurs préférés

La vie absolue  -    Didier van Cauwelaert



























Albin Michel
Parution : 01/03/23
Pages : 272
EAN : 9782226453464
Prix : 21.90 €

Présentation de l'éditeur



« Ici repose Jacques Lormeau (1962-1996). Il m’a fallu un certain temps pour renouer avec cette identité révolue, mais je comprends désormais l’urgence qui m’a ramené à mon point de départ. »



Vingt-cinq ans après l’immense succès de La vie interdite, Didier van Cauwelaert « ressuscite » l’un de ses personnages emblématiques. Jacques, sur décision de justice, est exhumé dans le cadre d’une recherche de paternité. Dès lors, l’esprit de ce quincaillier de 34 ans se retrouve englué malgré lui dans les passions, les mensonges et les mesquineries de la petite ville de province qui se déchire autour de sa mémoire.

Comment sauver la jeune femme brisée qui voudrait tant être sa fille ? Lui qui est passé à côté de sa vie n’a aucune envie de rater sa mort, mais quelle est sa marge de manœuvre ? Quand on n’est plus de ce monde, a-t-on encore les moyens de le changer ?

Avec son humour ravageur et sa tendresse poignante, le prix Goncourt 1994 nous entraîne dans le fascinant voyage posthume qui, peut-être, nous attend tous.

Changement de genre  avec Niko Tackian

La lisière   -   Niko Tackian




















Calmann Levy noir
Parution : 01/03/2023
Pages : 350
Isbn : 978-2702184004
Prix : 19.90 €

Présentation de l'éditeur

SON MARI ET SON FILS ONT DISPARU, AVALÉS PAR LA PLUS MYSTÉRIEUSE DES LANDES BRETONNES…

Un choc sous la voiture, en pleine nuit, alors que Vivian, Hadrien et leur fils Tom roulent dans les monts d’Arrée, ce massif breton formé de landes, de roches et de marécages.
Hadrien s’arrête, descend pour voir, Tom le suit. Une minute passe, puis deux. Vivian s’inquiète, c’est bien long et elle ne les entend plus, elle quitte la voiture, appelle. Personne. Si c’est une blague, elle n’est pas drôle, fulmine-t-elle. Mais quand elle s’avance de quelques pas vers la forêt, un homme surgit et la prend en chasse, il est armé d’une hache, elle court vers la route, et se jette quasiment sous les roues d’un camion qui la prend à son bord et la conduit à la gendarmerie.
Là, Vivian raconte, affolée, supplie qu’on l’aide. La lieutenante Maëlys Mons envoie une équipe sur les lieux. Rien. Pas de voiture. Aucune trace.
Ainsi commence une attente d’autant plus insoutenable pour Vivian que, dans ses rêves, qui semblent essayer de lui dire quelque chose, elle retrouve son mari et son fils.
L’incompréhension grandit lorsque la voiture est découverte au fond d’un marais, vide. Qu’est-il arrivé à Hadrien et Tom ?


Henri Loevenbruck nous emmène à Blackmore


Les disparus de Blackmore    -   Henri Loevenbruck



























XO éditions
Parution : 23 février 2023
Pages : 528
ISBN : 9782374484310
Prix : 21.90€

Présentation de l'éditeur



Octobre 1925. À Blackmore, une île coupée du monde au large de Guernesey, meurtres et disparitions sèment la terreur. Alors que la police piétine, Lorraine Chapelle, première femme diplômée de l’Institut de criminologie de Paris, est appelée en renfort. Cette cartésienne irréductible va devoir mener l’enquête aux côtés d’Edward Pierce, un Britannique spécialisé dans les sciences occultes qui se présente comme « détective de l’étrange ».

Ensemble, ils affrontent les plus sombres secrets de Blackmore : les statues énigmatiques disséminées sur l’île, la rumeur d’un culte maléfique qui sévirait dans l’ombre, et ce vent lancinant, le murmure des brumes, qui ne cesse jamais. Entre mensonges et confidences, ce duo improbable devra démêler le vrai du faux dans une course contre la montre diabolique.

Un thriller palpitant et mystérieux dans la lignée de H.P. Lovecraft et d’Agatha Christie

Merci à Futuropolis pour ces deux petites merveilles :

Toute la beauté du monde   -   Thomas Azuélos



















Futuropolis
Parution : 11/01/2023
Pages : 184
ISBN : 9782754830935
Prix : 25 €

Présentation de l'éditeur

Mars 1939. Cerbère, à la frontière entre la France et l’Espagne. Les trains ne circulent plus. Les transbordeuses – les « orangères » – ne chargent plus les oranges qui pourrissent sur place. Sur la corniche, un hôtel, « le phallus de l’arrogance et de l’argent », est abandonné. Seuls trois hommes hantent les lieux : José de Villalobos, « peintre officiel », cherche la beauté pour sa grande fresque. Il croit l’avoir trouvée chez Montse, une orangère fière et farouche, qui fait passer des armes aux derniers résistants républicains.
Carles Bartomeu Altaió a survécu à la défaite de la Catalogne face aux troupes franquistes. Il est épuisé.
Walter Bermann est arrivé à l’hôtel tenant serré entre ses mains un manuscrit. Un « antidote à la folie des hommes », dont Staline veut se saisir, à tout prix.
Carles donnera la vie en cuisinant, José traquera la beauté avec une ferveur folle, Walter, accro à la morphine, sombrera peu à peu : trop juif, trop allemand, trop communiste, trop dissident... Où trouver la beauté ? Chez Montse, la résistante ? Dans la mort ou dans la vie ?

Une fable tragi-comique, signée par Thomas Azuélos (La ZAD, Le Fantôme arménien) en tant qu’auteur complet.

Et on termine avec une petite merveille lue tout aussitôt reçue, je vous en parle très vite

Mademoiselle Else  -  Manuel Fior




























Futuropolis
Parution : 11 janvier 2023
Pages : 96
ISBN : 9782754835336
Prix : 19 €



Présentation de l'éditeur


D'après le roman d'Arthur Schnitzler
Jeune Viennoise, issue de la bourgeoisie, en villégiature avec sa tante et son cousin Paul dans un palace en Italie, Mademoiselle Else apprend par courrier que son père est menacé de prison pour dette. Pour le sauver du déshonneur, sa mère lui demande dans cette lettre de solliciter Dorsday, un riche marchand d’art, afin de récupérer la somme demandée. L’étrange Dorsday propose un marché à la jeune fille : il accepte de prêter la somme nécessaire, mais à la seule condition que la jeune fille se dévête devant lui.

La transposition en images de l’univers psychologique complexe et tourmenté d’Arthur Schnitzler devient pour Manuele Fior un défi relevé avec maestria, démontrant ainsi non seulement qu’une telle transposition est possible, mais qu’elle peut également être parfaitement réussie lorsque l’adaptateur se montre aussi inventif que l’œuvre qu’il transpose. Inspiré par l’Art nouveau, Mucha, Klimt et Schiele, Manuele Fior fait revivre le texte de l’écrivain autrichien paru en 1924 et son époque.


Belle semaine, bon choix et belles lectures !

samedi 25 février 2023

Junk food - Emilie Gleason Arthur Croque

 Junk Food    - Emilie Gleason  Arthur Croque









Casterman
Parution : 04/01/23
Scénario : Arthur Croque
Dessin :  Emilie Gleason
Pages : 233
ISBN : 9782203203303
Prix : 21 €

Présentation de l'éditeur


Enquête sur la malbouffe et le sucre, première drogue consommée au monde !


Encore largement méconnue du grand public, la dépendance aux aliments industriels est une réalité pour des milliers de personnes. En donnant la parole aux victimes, ces food addicts qui ont perdu tout contrôle sur leur alimentation, Junk Food lève le voile sur ces drogues du quotidien, surchargées en sucre et en gras, qui détruisent notre santé et, parfois, nos vies.





Arthur Croque

Arthur Croque est journaliste, basé à Paris. Après sa Sorbonne de philo, il est formé au journalisme par StreetPress. Junk Food est son premier scénario de BD.


Emilie Gleason

Emilie Gleason est née au Mexique en 1992. Elle étudie aux Arts Déco de Strasbourg, où elle donne naissance à Ted, drôle de coco, album décrivant le quotidien de son frère atteint du syndrome d'Asperger. Salué par la critique, ce livre lui vaut le Prix Révélation au festival d'Angoulême 2019. Elle vit à Bruxelles.
Cette collaboration avec Emilie Gleason est le premier scénario de BD d'Arthur Popineau, qui vit et travaille à Paris.

Source : Casterman

Mon avis

Un roman graphique super intéressant qui aborde les addictions alimentaires et notre rapport à la nourriture, c'est ce que nous proposent Emilie Gleason et Arthur Croque.

Personne ne remet en doute aujourd'hui l'addiction au tabac, à l'alcool ou aux drogues, savez-vous qu'il en est de même pour le sucre et le gras, pour la mal bouffe en somme.

L'industrie agro alimentaire en use et en abuse...du gras et du sucre !  Cela devient addictif et change la perception pour notre cerveau et nos habitudes.

De manière ludique, avec des personnages hauts en couleur, c'est sur base de témoignages et d'études véridiques récoltées aux quatre coins du monde que ce docu-fiction graphique a été conçu. 

Sous forme de réunions dans le style de celles des AA, il existe dans le monde des associations pour les food addicts.

Un travail intéressant qui fait prendre conscience des perceptions et troubles de l'image que l'on peut avoir de son corps.  Avec beaucoup d'humour, un graphisme coloré et ludique, on prend conscience des difficultés à vivre avec les dangers de surconsommation de malbouffe et de sucre, la première drogue consommée dans le monde.

A lire sans modération par tous !

Ma note : 8/10





mardi 21 février 2023

Réparer nos silences - Dominique Van Cotthem

 Réparer nos silences - Dominique Van Cotthem












Genèse édition
Parution : 16/01/23
Pages : 272
Isbn : 9782382010228
Prix : 22.5 €


Présentation de l'éditeur

Après une enfance fracassée, Ludovic, un orphelin de quinze ans, est accueilli par la famille Martelle. L’adolescent révolté y trouve peu à peu sa place, porté par l’affection de Laura et Christian, les parents et la complicité qu’il noue avec Lydie et Joe, leurs enfants, sans oublier Bourvil, l’impétueux cocker. Mais six ans plus tard, Christian Martelle est retrouvé assassiné dans les toilettes d’une station-service. Le chauffeur routier laisse derrière lui une famille dévastée et de nombreuses questions.

Qui était Christian ? Pourquoi vouloir sa mort ? Et pourquoi Ludovic a-t-il tenté de se suicider un an après avoir intégré la famille ? Une seule certitude : l’étrange part d’ombre de Christian, vécue comme une trahison, éveille en Ludovic le besoin de se défaire une fois pour toutes des silences qui le rongent. L’heure des réparations a sonné.

Dominique Van Cotthem





En 2017, Dominique Van Cotthem a été lauréate du concours Femme Actuelle pour son premier roman Le sang d’une autre (Nouveaux Auteurs et Pocket), couronné par le Prix Coup de cœur des lectrices. Son deuxième roman, Adèle, publié en 2021 chez Genèse Édition, est finaliste de plusieurs prix littéraires et a reçu les plus beaux éloges de ses milliers de lecteurs.




Mon avis

C'est par ce troisième roman de Dominique Van Cotthem, que je découvre sa plume.  Quelle plume !  Waouh ! Une belle claque !

Un immense coup de ♥.  Une belle découverte, merci à Isabelle Fagot de me l'avoir proposé!

Christian Martelle est chauffeur routier, marié à Laura, père de deux enfants : Lydie et Joe.  
Il y a six ans, Ludo, âgé de 16 ans à l'époque est venu compléter la famille.  Ludo a été abandonné, son enfance fracassée, passant d'institutions en institutions avant d'atterir chez les Martelle.

Il est meurtri, garde en lui ses silences, ses nombreuses blessures et souffrances, son enfance saccagée. La révolte sommeille toujours en lui. C'est ici qu'il a trouvé sa place et l'amour manquant, c'est sa famille aujourd'hui. 

Le 8 février 1986 tout s'effondre à nouveau.  Christian est retrouvé assassiné dans les toilettes de l'autoroute de Soumagne, non loin de chez son employeur.  C'est la consternation, l'incompréhension pour ses proches, la révolte, le questionnement.

Christian, le père, mari aimant et attentionné, ne serait pas celui que l'on croit ? Tout s'effondre ! 
Qui était vraiment Christian ? Pourquoi avoir voulu sa mort ?

La rage enfouie au fond de lui remonte, Ludo a besoin de vengeance, de réparation.. mais,  il sent qu'il doit protéger Laura et les enfants.

Une rencontre avec un homme, le commissaire Jacquinet va changer sa vie.

De manière très adroite et avec beaucoup de sensibilité, l'histoire de Ludovic va peu à peu se dévoiler et se croiser avec l'enquête.

Commence alors un véritable page turner, Ludo n'a pas été épargné par la vie... et ce n'est pas rien de le dire, d'autres épreuves l'attendent.

C'est dans les replis de l'âme humaine que nous conduit Dominique Van Cotthem, avec pudeur, délicatesse pour traduire l'horreur, la réalité que fut celle de Ludo enfant.  L'enquête continue en alternace.

C'est talentueux, la plume est fluide, très addictive.

Cela parle de l'amour familial et du manque de celui-ci, qui forge l'être, de la noirceur de l'homme, du besoin de justice, de vengeance.

C'est excellent, dans la veine de Barbara Abel. 

Je n'ai pu m'empêcher de penser à "L'enfer des gosses" de Jules Brunin, lu lorsque j'étais adolescente.

Ma note : 9.5/10

Les jolies phrases

Il était facile de s'habituer à la douleur physique, le corps s'endurcit vite.  Mais l'esprit, lui, n'a pas le cuir aussi solide.  Il absorbe la mélancolie, gobe les chapelets de reproches, distille le tout au fond d'un alambic où il transforme une erreur en croyance.  Un mensonge en vérité.  Des sévices en punitions méritées. 

L'établissement accueillait des orphelins, des pupilles de l'Etat, des gosses de parents à problèmes déposés provisoirement. Des poignées de chiots, abandonnés aux portes d'un chenil et auxquels on interdisait de mordre. 

C'était cela une famille d'accueil.  Un garçon auquel l'administration avait refusé un prénom, une fille qui préférait Lénine aux fleurs, un père qui nous instruisait avec des cartes postales et une mère qui puisait ses mots d'amour dans le répertoire de Joe Dassin.  Et moi, au milieu de ce microcosme affectif, j'avais trouvé ma place.  Les fugues, la révolte, le souhait d'en finir s'étaient évaporés au contact de ces êtres si parfaitement imparfaits. 

L'âge range les êtres du côté des persécuteurs ou celui des persécutés.

La passion est le reflet d'une aptitude à l'amour. La sociabilité celui de son acceptation. 

Mentir, ce n'est rien.  Juste un accomodement verbal de la vérité.  L'important, ce sont les actes.  Eux, ils ne trichent pas.

En s'inféodant à son bourreau, une victime s'accuse de complicité.  Les monstres le savent, de la culpabilité naissent les plus lourds silences.  Un laisser-passer vers des gouffres d'atrocités.

Ma culpabilité n'était pas l'addition de leurs reproches mais le résultat d'une absence d'amour.

Si on pouvait pousser son oeil dans le trou de la serrure du destin, on éviterait bien des erreurs.