dimanche 10 janvier 2021

L'amour au temps des éléphants - Ariane Bois

 L'amour au temps des éléphants - Ariane Bois










Belfond Pointillés
Parution : 14 janvier 2021
Pages : 256
Isbn : 9782714493316
Prix : 19 €


Présentation de l'éditeur



Il n'y a pas d'hommes libres sans animaux libres.

Ils ne se connaissent pas et pourtant, en cette journée caniculaire de septembre 1916 dans une petite ville du Sud des États-Unis, ils assistent parmi la foule au même effroyable spectacle : l'exécution par pendaison d'une éléphante de cirque, Mary, coupable d'avoir tué un homme. Cette vision bouleversera la vie d'Arabella, de Kid et de Jeremy.

De l'Amérique qui entre en guerre au Paris tourbillonnant des années 1920, des champs de bataille de l'Est de la France aux cabarets de jazz, des pistes de cirque jusqu'au Kenya dissolu des colons anglais, ces trois êtres devenus inséparables vont se lancer sur la trace des éléphants au cours d'une prodigieuse expédition de sauvetage.

Dans cette éblouissante saga, une jeunesse ivre d'amour et de nature livre son plus beau combat pour la liberté des animaux et celle des hommes.

Ariane Bois











©Yannick Coupannec


Grand reporter et critique littéraire, Ariane Bois a déjà publié quatre romans, Et le jour pour eux sera comme la nuit (Ramsay, 2009 ; J'ai lu, 2010), Le Monde d'Hannah (Robert Laffont, 2011 ; J'ai Lu 2014), Sans oublier (Belfond, 2014) et Le gardien de nos frères (Belfond, 2016). Tous quatre ont été salués unanimement par la critique, par sept prix littéraires, et traduits à l'étranger. Pour Le Gardien de nos frères (Belfond, 2016), elle a notamment reçu le Prix Wizo 2016. Dakota song est son cinquième roman.

Mon avis

Le 13 septembre 1916 à Erwin dans le Tennessee, Mary, une éléphante d'un cirque est exécutée par pendaison pour avoir la veille tué son cornac de remplacement lors d'une parade dans la ville voisine.  

Arabella, Jeremy et Kid, nos trois protagonistes assistent à la scène horrifiés.

Arabella Cox est la fille d'un père adventiste qui ne souhaite qu'une chose, la voir mariée, femme au foyer mais Arabella, 18 ans ne l'entend pas ainsi, son souhait : prendre son indépendance et devenir infirmière.  Elle est fascinée par les pachydermes et a essayé de défendre la cause de Mary notamment auprès d'un certain Jérémy Parkman.

Jérémy est journaliste au Herald, il vient de Boston et est issu d'une riche famille d'armateur.  Sa route semble toute tracée, reprendre les rennes de l'entreprise familiale et épouser Rosemary une riche héritière mais lui aussi veut autre chose, il veut sa liberté et devenir un journaliste célèbre.

Ce jour là à Erwin, il y avait aussi Kid alias William Vernon, un jeune noir, vivant avec sa mère et ses jeunes frère et soeur.  Il aide sa mère à s'en sortir dans les champs de coton, ils vivent dans une cabane de misère.  N'oubliez pas qu'on est dans le Sud en 1916 et que le racisme et ségrégationnisme sont toujours bien présents tout comme le Ku Klux Klan.  Par mégarde, Kid a bousculé et renversé une dame blanche, il se confond en excuse, veut aider la dame à se relever, à ramasser ses affaires mais cela tourne au drame , elle crie au voleur...  Kid n'a pas d'autre solution que de fuir pour éviter le lynchage.  Sa mère lui ordonne de fuir vers le Nord, de tenter sa chance mais surtout de continuer à jouer chaque jour de la clarinette car il a la musique en lui.

Durant la première partie du récit,  nous allons suivre par de courts chapitres les pérégrinations de chacun , nous emmenant vers New York, Harlem, en rencontrant des personnages illustres dans le domaine du jazz par exemple puis en France; dans les champs de bataille de l'est puis à Paris.

Nos personnages finiront par se rencontrer et ne plus se quitter, une grande histoire d'amitié avec un point commun les éléphants et une idée de sauvetage qui fera basculer le roman dans la seconde partie, direction Kenya, vers "Out of Africa".  

Prêts pour un voyage magnifique ?

Ce roman à l'écriture fluide et agréable est très bien documenté, c'est une fiction certes mais elle nous fait traverser l'Histoire et rencontrer multitudes de personnages intéressants, peut-être un peu trop pour que ce soit vraiment crédible mais peu importe l'écriture nous emporte que ce soit sur les champs de batailles, dans les années 20 parisiennes, dans le domaine du jazz, du ragtime, ou dans la Happy Valley à la rencontre de ses habitants aux moeurs un peu légères et particulières.

Il s'agit bien d'une romance comme son titre l'indique mais en abordant des thèmes sérieux comme le racisme, le colonialisme, la nature humaine cruelle, la cause animale, les guerres et barbaries, la musique jazz et c'est surtout l'histoire d'une belle amitié.

J'ai vraiment pris beaucoup de plaisir à sa lecture.

Ma note : 9/10

Les jolies phrases

La violence est une vieille habitude.

Les Blancs avaient le pouvoir et les Noirs leurs yeux pour pleurer.


La scène, c'est tout un art, il faut savoir s'effacer, laisser les autres briller, pour mieux s'imposer, flamber, aux limites de l'extravagance.

Quand le sol vibre et que les fusées déchirent le ciel, comment engager une conversation avec des hommes qui ne seront peut-être plus demain que des cadavres entassés sur une charette?

La guerre a modifié son regard sur la vie, ses sentiments et l'idée qu'il se faisait sur lui même.  Il ne s'habituera jamais à voir des hommes crever près de lui.

Toujours la même chose, éructe Kid.  Le négro peut bien se faire trouer la peau pour défendre la civilisation.  Mais pour la reconnaissance de la patrie, on se brosse !

Ici un homme est jugé sur son mérite, pas sur la couleur de sa peau.

Arabella la dévisage, surprise.  Elles n'avaient pas vingt ans, il serait toujours temps de se reproduire !  Si la guerre lui avait appris quelque chose, c'était bien la dimension fragile, aléatoire de l'existence, ce cadeau qu'on pouvait vous retirer en une seconde.  Plus que jamais, elle entendait profiter de la vie, traverser des paysages, rencontrer des gens rares, éprouver toutes les émotions, avant de fonder une famille.  

Perdre son père, c'est perdre une partie de son enfance, changer de place dans l'échiquier des générations, se retrouver au premier rang.  

Ici, tous les autres Noirs sont des boys, des serviteurs.  Les Africains ne possèdent aucun droit et vivent sous la loi des Blancs qui les "protègent" en profitant de leur travail.

Traquer, survivre, c'est le loi de la nature.
Ne me parle pas de traque, ni de survie, bwana, risposte Kid.  Je sais ce que c'est !

1 commentaire:

Philippe D a dit…

Le thème est intéressant...
Je n'ai jamais rencontré ce livre nulle part.
Bonne semaine.