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dimanche 12 janvier 2014

L'ESPRIT DE L'IVRESSE Loïc Merle ** 4/10

L'ESPRIT DE L'IVRESSE

Loïc Merle


L'esprit de l'ivresse


Actes Sud
Parution août 2013
288 pages
ISBN 978-2-330-02354-6
Prix indicatif 21.5 euros

RESUME


Un homme rentre chez lui, fatigué, usé par l’âge et les regrets. La nuit va tomber, les Iris, sa banlieue parisienne, se dressent dans le crépuscule entre épreuve et destination. Ce trajet familier, Youssef Chalaoui pressent confusément qu’il lui sera fatal. Mais il en ignorera l’impact profond, irrévocable, sur le quartier, ses habitants, le pays. Cette nuit-là, au terme d’un long et hésitant et macabre ballet, la périphérie s’enflamme. Et bientôt, la France entière bascule.
Dans L’Esprit de l’ivresse, la révolution est traitée hors champ ; comme les bouleversements organiques du grand corps malade de la société contemporaine. Chorégraphique et musical, le roman procède par mouvements amples. À la course désordonnée et assoiffée de liberté de Clara S., l’égérie malgré elle, répond la fuite ouatée du Président Henri Dumont, bloc de souffrances et d’indécision. Chacun cherche en lui-même un élan radical, un feu qui brûle jusqu’aux lendemains, un ressort contre l’impuissance dérisoire et l’acharnement magnifique que recouvre l’idée de destin.
C’est par les corps individuels que Loïc Merle pénètre et explore la chair collective d’une Grande Révolte imaginaire dont la proximité plausible (inévitable ?) saisit le lecteur. Par les corps que s’exprime le besoin désespéré d’être ensemble et d’êtreplusieurs, face à l’engrenage du réel – et de la realpolitik – qui broie les êtres et les âmes, atrophie les esprits, avorte la notion même d’avenir.
Cette nuit des hommes, l’auteur la dessine d’une phrase riche et lumineuse, légèrement étourdie, comme exactement ivre. Car, semble-t-il nous dire, de vital et de salvateur, ne nous restera-t-il bientôt plus que l’esprit de l’ivresse ? C’est une des questions cruciales qui traversent ce premier roman d’une ampleur et d’une ambition rares.


Commentaire de l'auteur




«J’ai voulu parler de mes vingt ans où tout semblait possible, et qui fut pourtant la période la plus triste de ma vie… De ce temps perdu dans les bars, sans réelle passion et sans travail… Et j’étais un mauvais poète… Je voulais rendre hommage aux gens qui ont partagé mon état de perdition et ont disparu depuis, j’avais l’impression qu’une génération entière avait sombré avec eux, dans un tourbillon, dans des remous dont l’Histoire se moquait… J’ai voulu parler de l’esprit de ma jeunesse, sans ironie, en affirmant quelque chose…
L’ivresse qui m’a intéressé est un moyen, un véhicule, c’est l’ivresse des petites gens, patiente, répétée, sans but, quotidienne, embarrassée d’être jugée, ivresse qui n’a même pas besoin d’alcool ni de drogue, ivresse de l’homme qui attend, ivresse du flâneur, et de la femme qui se transforme et ne sait comment atténuer les douleurs de cette transformation – ivresse qui est comme un sillon suivi, et, à force, bouleverse toute l’attitude, en bien, en mal, qui « emplit le premier venu de la force des événements », disait Victor Hugo…
J’ai imaginé les conséquences que pourraient avoir en France des émeutes de grande ampleur si elles débouchaient sur une révolte généralisée, pendant laquelle quelques personnages apprennent de leur ivresse ou de celle des autres, tentent de se délivrer de leurs addictions pour en acquérir d’autres, meilleures, en tout cas plus conformes aux temps nouveaux qu’ils entrevoient, cernés par de grandes limites : l’attachement à leurs origines, le rôle qu’ils ont tenu pendant toute leur vie ; la mort ; la fidélité à leurs convictions, à la révolte, à la contre-révolte ; la mort.
Je crois que mon roman essaie d’être honnêtement ivre…»


ENTRETIEN AVEC L'AUTEUR


l'avis de l'auteur



MON AVIS


Ce premier roman de Loïc Merle s'inspire des émeutes en France en 2005.  

Nous sommes dans la banlieue parisienne. Youssef Chalaoui, algérien d'origine rentre chez lui fatigué.  Il a un malaise et il sent que ce retour sera difficile. Youssef a le respect des jeunes de son quartier.  Son quartier , avec ses tours HLM, là où il a passé sa vie depuis son arrivée en France : Les Iris. Quartier où les flics font régulièrement des contrôles et où ils ne viennent pas de gaieté de coeur.

Lors d'un contrôle de police, Youssef Chalaoui porte son cabas dans la main gauche, il le tient très fort, son panier avec la menthe fraîche à l'intérieur, il ne le lâche pas.  Les policiers le secouent un peu fort, il tombe, il saigne de la tête et meurt.

Ce malencontreux accident, ce fait divers va faire basculer ce quartier des IRIS.  Peu à peu une vague d'émeutes va envahir la France et les nombreuses révoltes voire révolution obligeront le Président Dumont à fuir.

Le livre est découpé en quatre parties sans réel chapître. L'écriture est dense, Proustienne, de longues, très longues phrases nous sont livrées en blocs.  Assez curieusement en cours de phrase, un espace
on passe à la ligne suivante sans ponctuation et la phrase continue.  C'est perturbant d'autant plus qu'arrivé en fin de phrase on est tout à fait ailleurs qu'au début, une autre idée a pris le dessus.  C'est mon ressenti.

Cela commençait pourtant bien, j'ai apprécié la première partie où l'écriture était douce, mesurée pour nous conter l'histoire de Chalaoui, le début des émeutes, le ressenti de chacun, aussi bien du côté des flics que de celui des révoltés.

La seconde partie plus torturée dans l'écriture, nous parle de Clara S.  Elle fait partie des groupe de révoltes, l'écriture est comme son parcours plus chaotique, exaltée, décousue.
Je m'y suis perdue et vraiment beaucoup ennuyée, ne parvenant pas à faire le lien entre tous les éléments fournis, ne comprenant pas où l'auteur voulait en venir, trop complexe, trop disparate.

Arrive la troisième partie qui retrace la fuite du Président Dumont , nous décrit ses souffrances cachées, son parcours, qui n'a malheureusement pas su garder mon attention et mon intérêt.

J'ai bien compris que ce fait divers a finalement gagné la France, créé une révolution de tout un peuple obligeant le Président à prendre la fuite mais j'avoue à la fin de cette lecture éprouvante ne pas avoir compris la manière dont tout cela est mené, trop décousu pour moi.   Tout ça pour ça !
Je n'ai peut-être pas lu ce livre au moment propice, je suis sans doute passée à côté de ce que d'autres décrivent comme "exceptionnel, novateur" , vous l'aurez compris cette longue prose proustienne  et ce lyrisme ne m'ont absolument pas convaincue et j'en garde un sentiment de lecture pénible et difficile.



ma note sévère 4/10


LES JOLIES PHRASES

Ce soir, cependant, et alors que tout en lui paraissait s'être définitivement effondré, il lui semblait pouvoir visiter ses propres catacombes, sans que cette expérience eût rien d'insoutenable : il contemplait sereinement ses plus solides fondations, l'ensemble de ses petites morts et l'empilement des crânes, il faisait le tour des piliers qui avaient soutenu ses années - aujourd'hui une certaine angoisse avait pris fin, et il ne demeurait plus dans le monde haut et figé des valeurs qui ne font que se perpétuer à l'identique et où l'on mourait comme l'on avait vécu, dans la vénération de la pondération, du mérite, de la famille, du sang et de l'ordre des nations...

Tous ont commenté leur propre incompréhension du mieux qu'ils ont pu, attrapant au vol des mots qui flottaient à leur portée, dans l'air, mais ne les satisfaisaient pas.

La nuit : c'est ici une marche forcée à laquelle on ne peut échapper, un esclavage des plus éprouvants ; c'est une déroute que le souvenir du jour n'est pas capable d'adoucir.

Qu'il est pénible, épuisant de prouver qu'on ne pense pas à mal, qu'en fait on ne veut plus faire  le bien !

C'est comme lorsqu'une hémorragie s'arrête, ou que l'on guérit, et que l'on est soulagé et fier même si la volonté n'y a pris aucune part, et comment dit-on lorsqu'on cesse de faire une chose que l'on a continuée, malgré soi, toute sa vie... On dirait que les lampadaires prêtent un peu de leur incandescence à l'air ambiant, que la nuit s'est animée  des éclairs parcourant les visages et de la blancheur des t-shirts et des pantalons de lin.  Ils sont revenus sur leurs pas, et ils se sont entendus dire, pour se donner du courage : Nous sommes aux iris chez nous après tout, même si nous n'y faisons rien de bon.



La périphérie grondait, l'emprise au sol du capitalisme était telle que nous nous sentions exclues partout et toujours, on ne nous laissait donc que le ciel, et la fumée noire occupant le ciel, les nuages noirs des idées et des actions en accord total avec ces idées atteignant les hauteurs des constellations les plus brillantes, en cette fin de printemps, changeant notre conception même du printemps...Elles voulaient être comme les nuages...

Tu parles sans cesse de protéger et de préserver la flamme de la Révolte afin qu'elle s'étende, comme si tu pouvais savoir ce qu'est une flamme, et un feu, après avoir vu de loin un incendie, comme si tu t'étais brûlée toi même, j'ai donc supposé que tu commencerais par défendre son lieu de naissance aux Iris, sans discussion, son foyer en quelque sorte et son centre en quelque sorte.

Selon toute vraisemblance, il était arrivé à la fin d'un cycle... La France, saccagée par une révolte générale, était parvenue à la fin d'un cycle...  Il n'avait jamais fonctionné que par cycles, pendant lesquels tout ce qu'il apprenait était lié à une seule et même idée lancinante, qui souvent demeurait inconnue... Cette pensée le soutenait toujours : un cycle finissait, un autre, n'importe lequel, le dernier...  Aujourd'hui, parvenu au bout d'un autre cycle, cette idée uniquement le poussait à continuer, et l'empêchait d'ouvrir sa portière pour se jeter sur la route.

Souvent la haine qu'on nous porte est un bon indicateur de justesse de ce que nous faisons.

Le désordre est toujours une défaite pour le peuple, car il ne le maîtrise pas plus qu'il ne l'organise ; il ne fait que le subir.  Seuls ceux qui ne le subissent pas ont le loisir d'en donner une théorie séduisante; seuls ceux qui n'en ont rien à craindre poussent les plus démunis en avant; seuls ceux-là m'inspirent du dégoût.

Le monde est un théâtre.  Dans ce jeu de masques, il importe de savoir où se situe le véritable pouvoir, et les véritables enjeux; il se disait : Qui, s'avisant de cela, décidera une bonne fois de tout brûler, acteurs, audience et décor?  Qui donc?



dimanche 15 décembre 2013

Ils ont rejoint ma PAL

Pas très raisonnable  mais c'est comme çà, en voici qui vont rejoindre ma longue pile à lire.


Je ne l'ai toujours pas lu mais je tarde de le lire dès que possible un formidable auteur belge Armel Job.



couverture





Parution : 9 Février 2012
Format : 135 x 215 mm
Nombre de pages : 276
Prix : 19,50 €
ISBN : 2-221-12953-9


Je n'ai pas encore lu cet auteur belge, il y a 2 autres volumes dans ma PAl et je n'en ai entendu que du bien



Un livre à la morale subtile ; un hommage vibrant au combat des femmes pour le droit à la liberté.
Turc grandi en Belgique, Evren achève à Cologne de brillantes études de comptabilité. Hébergé chez son oncle, ce garçon de vingt et un ans, encore chaste et au visage ingrat, s'éprend de sa cousine – la belle et sensuelle Derya. Rentré en Belgique, Evren fait part aux siens de sa décision : il va épouser Derya. Une délégation familiale se rend donc en Allemagne pour demander la main de la jeune fille. Mais les choses ne tournent pas exactement comme prévu : Derya éconduit Evren.
Outragés par cette humiliante fin de non-recevoir, les parents d'Evren cherchent un nouveau parti pour leur fils et choisissent Yasemin, une paysanne anatolienne de seize ans, vive et dégourdie, qu'Evren connaît à peine. Les noces ont lieu, et le jeune couple apprend peu à peu à s'apprivoiser. Jusqu'au jour ou Derya – dont Yasemin ignore l'existence – débarque à l'improviste en Belgique.
Quel secret cache le voyage de Derya ? Qui est véritablement Evren, ce grand garçon obéissant et en apparence si maladroit ? À quel jeu dangereux se livre Yasemin ? Quels rôles viennent jouer dans cette histoire René, voisin de la famille d'Evren et croque-mort de son état, et Marcel, son colocataire, attardé mental qui passe ses journées à visionner les enquêtes de l'inspecteur Colombo ?... Raconté du point de vue des principaux protagonistes – Evren, Derya, Yasemin et René, soumis, chacun à sa manière, au respect des traditions et aux caprices du destin –, Loin des mosquées s'apparente à une tragédie antique. À travers l'évocation des mariages arrangés, Armel Job livre ici un conte à la morale subtile sur le combat courageux des femmes pour le droit à la dignité, à l'égalité et à la liberté.


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Ru

216 pages

Date de parution: 
09/05/2012

Editeur d'origine: 
Liana Levi
Langue: 
FrançaisEAN / ISBN: 
9782253158035




J'étais littéralement sous le charme de son dernier roman Mañ



RÉSUMÉ

Une femme voyage à travers le désordre des souvenirs : l'enfance dans sa cage d'or à Saigon, l'arrivée du communisme dans le Sud-Vietnam apeuré, la fuite dans le ventre d'un bateau au large du golfe de Siam, l'internement dans un camp de réfugiés en Malaisie, les premiers frissons dans le froid du Québec. Récit entre la guerre et la paix, Ru dit le vide et le trop-plein, l'égarement et la beauté. De ce tumulte, des incidents tragicomiques, des objets ordinaires émergent comme autant de repères d'un parcours. En évoquant un bracelet en acrylique rempli de diamants, des bols bleus cerclés d'argent, Kim Thúy restitue le Vietnam d'hier et d'aujourd'hui avec la maîtrise d'un grand écrivain.
Comme un ruisseau – un ru – qui va son chemin selon les caprices de la folie des hommes (…).Martine Laval, Télérama.


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Dans le jardin de la bête

648 pages parution 04/09/2013
EAN/ISBN 9782253164852
Edtion d'origine : Le Cherche Midi



EAN / ISBN: 
9782253164852EAN / ISBN: 
9782253164852

RÉSUMÉ

1933. Sollicité par le président Roosevelt, William E. Dodd accepte d’être le nouvel ambassadeur américain à Berlin. S’il n’est pas diplomate mais historien, il a un solide atout : il est germanophone. Lorsqu’il débarque en Allemagne en juillet, sa femme et ses enfants l’accompagnent. Sa fille, Martha, 24 ans, succombe vite aux charmes du nazisme et plus particulièrement à ceux de Rudolf Diels, le chef de la Gestapo. Au fil des mois, les yeux de W. E. Dodd se dessillent. Il tente d’alerter le département d’Etat américain sur la vraie nature du régime. En vain. Martha, elle, s’éprend d’un espion russe, qui la convainc de mettre ses charmes et ses talents au service de l'Union soviétique. Thriller politique et roman d’espionnage, Dans le jardin de la bête nous introduit dans les coulisses du pouvoir nazi, grâce aux notes personnelles de William et de Martha Dodd, mises en scène avec brio par l’auteur du Diable dans la ville blanche.



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L'esprit de l'ivresse

Août 2013/14.5 x 24/288 pages
ISBN 978-2-330-02354-6
prix indicatif : 21,50€ 
Actes Sud
Elu meilleur premier roman 2013 par Lire

Un homme rentre chez lui, fatigué, usé par l’âge et les regrets. La nuit va tomber, les Iris, sa banlieue parisienne, se dressent dans le crépuscule entre épreuve et destination. Ce trajet familier, Youssef Chalaoui pressent confusément qu’il lui sera fatal. Mais il en ignorera l’impact profond, irrévocable, sur le quartier, ses habitants, le pays. Cette nuit-là, au terme d’un long et hésitant et macabre ballet, la périphérie s’enflamme. Et bientôt, la France entière bascule.

Dans L’Esprit de l’ivresse, la révolution est traitée hors champ ; comme les bouleversements organiques du grand corps malade de la société contemporaine. Chorégraphique et musical, le roman procède par mouvements amples. À la course désordonnée et assoiffée de liberté de Clara S., l’égérie malgré elle, répond la fuite ouatée du Président Henri Dumont, bloc de souffrances et d’indécision. Chacun cherche en lui-même un élan radical, un feu qui brûle jusqu’aux lendemains, un ressort contre l’impuissance dérisoire et l’acharnement magnifique que recouvre l’idée de destin.
C’est par les corps individuels que Loïc Merle pénètre et explore la chair collective d’une Grande Révolte imaginaire dont la proximité plausible (inévitable ?) saisit le lecteur. Par les corps que s’exprime le besoin désespéré d’être ensemble et d’êtreplusieurs, face à l’engrenage du réel – et de la realpolitik – qui broie les êtres et les âmes, atrophie les esprits, avorte la notion même d’avenir.
Cette nuit des hommes, l’auteur la dessine d’une phrase riche et lumineuse, légèrement étourdie, comme exactement ivre. Car, semble-t-il nous dire, de vital et de salvateur, ne nous restera-t-il bientôt plus que l’esprit de l’ivresse ? C’est une des questions cruciales qui traversent ce premier roman d’une ampleur et d’une ambition rares.


«J’ai voulu parler de mes vingt ans où tout semblait possible, et qui fut pourtant la période la plus triste de ma vie… De ce temps perdu dans les bars, sans réelle passion et sans travail… Et j’étais un mauvais poète… Je voulais rendre hommage aux gens qui ont partagé mon état de perdition et ont disparu depuis, j’avais l’impression qu’une génération entière avait sombré avec eux, dans un tourbillon, dans des remous dont l’Histoire se moquait… J’ai voulu parler de l’esprit de ma jeunesse, sans ironie, en affirmant quelque chose…
L’ivresse qui m’a intéressé est un moyen, un véhicule, c’est l’ivresse des petites gens, patiente, répétée, sans but, quotidienne, embarrassée d’être jugée, ivresse qui n’a même pas besoin d’alcool ni de drogue, ivresse de l’homme qui attend, ivresse du flâneur, et de la femme qui se transforme et ne sait comment atténuer les douleurs de cette transformation – ivresse qui est comme un sillon suivi, et, à force, bouleverse toute l’attitude, en bien, en mal, qui « emplit le premier venu de la force des événements », disait Victor Hugo…
J’ai imaginé les conséquences que pourraient avoir en France des émeutes de grande ampleur si elles débouchaient sur une révolte généralisée, pendant laquelle quelques personnages apprennent de leur ivresse ou de celle des autres, tentent de se délivrer de leurs addictions pour en acquérir d’autres, meilleures, en tout cas plus conformes aux temps nouveaux qu’ils entrevoient, cernés par de grandes limites : l’attachement à leurs origines, le rôle qu’ils ont tenu pendant toute leur vie ; la mort ; la fidélité à leurs convictions, à la révolte, à la contre-révolte ; la mort.
Je crois que mon roman essaie d’être honnêtement ivre…»
L.M.

Loïc MERLE

Né en 1978, Loïc Merle a vécu à Lyon, à Paris et en Allemagne, où il a passé six ans et s’est décidé à écrire. L’Esprit de l’ivresse (Actes Sud, 2013) est son premier roman.

dimanche 26 mars 2017

Ma Pal et la foire du livre 2017 : c'est gargantuesque

Ma Pal et la foire du livre 2017

Comme vous avez pu le constater dans mon article du 12 mars dernier, ma foire du livre fut 
gargantuesque pour ma pal.  Voici le détail.




Commençons par les auteurs de mon beau pays.  Le mois d'avril est traditionnellement "le mois belge" chez Anne et Mina, oui je sais je n'ai pas besoin de cette excuse car j'ai pour habitude de lire énormément de belges car je trouve qu'ils ont rarement la place qu'ils méritent.

Luce Wilquin fête ses 30 ans cette année, une partenaire du blog de longue date que je remercie vivement. Elle nous gâte car un bel objet vous est offert à l'achat de deux titres.


La cerise sur les mots - Recettes littéraires



Sur 30 années , 535 titres publiés.  Des auteurs francophones ; belges, suisses et français.  Un recueil inédit de 14 nouvelles et recettes de cuisine.












Le silence de Belle-île      -  Laurence Bertels




Luce Wilquin
Sméraldine
14 x 20,5 cm, 240 pages
Parution : 10/02/2017
ISBN 978-2-88253-530-6
EUR 20.-

Présentation de l'éditeur

La quarantaine discrète, Cédric ne s’est jamais senti aimé par sa mère, ni par sa grand-mère, ni par son épouse. Et l’être dont il est le plus proche, son grand-père, Jacques Le Garrec, notaire à Saint-Pierre-Quiberon, s’éteint à l’âge de quatre-vingt-trois ans.
Présent sur la presqu’île au moment du décès, Cédric y restera jusqu’aux funérailles, aux côtés de Clarisse, la jeune dame de compagnie de son grand-père.
Sept jours qui bouleverseront son existence.
La lecture du journal intime de sa grand-mère, devenue muette au lendemain d’un naufrage, ébranlera toutes ses certitudes, d’autant que Clarisse, elle aussi, se révélera bientôt sous un autre jour.
Ce roman tout en retenue, qui laisse au lecteur sa part d’imaginaire, nous emmène de Saint-Pierre à Belle-Île-en-Mer à travers trois générations.

Je l'attendais avec impatience pour pouvoir lire les tomes 2 et 3 en suivant. J'ai hâte de retrouver  Juan dans son voyage.

Un endroit d'où partir.  3. Une lettre et un cheval

Aurelia Jane Lee

L’image contient peut-être : texte, plein air et eau


Encore un peu de patience il va paraître bientôt.  Pour vous donner l'eau à la bouche, voici mon avis du premier tome c'est ici

Je la suis depuis le début et j'ai hâte de lire le dernier.

Calcaire   -   Caroline De Mulder

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Actes Noirs-  Actes Sud
Parution 01/02/2017
13,5 x 21,5
224 pages
ISBN 978-2-330-07333-6
Prix : 19, 80€

Présentation de l'éditeur

Sur la route de Maastricht, une villa s’effondre brutalement, et son occupante occasionnelle, la fragile Lies, ne donne plus de nouvelles : son ami Frank Doornen la cherche partout. L’enquête de cet ancien soldat se tourne vers le propriétaire de la villa, amateur de jolies femmes et industriel véreux, qui stocke illégalement dans d’anciennes carrières de calcaire des déchets hautement toxiques pour l’environnement. Avec Tchip, ferrailleur à la petite semaine et recycleur impénitent, Frank va s’aventurer dans les souterrains labyrinthiques à la recherche de Lies. Mais la jeune femme reste introuvable.
Une Flandre dézinguée et glauque abritant une société à la marge, où des femmes-enfants croisent des post-adolescents radicalisés ; une clique d’écolos alternationalistes installés là en protestation ; l’épouse de l’industriel retrouvée assassinée… Après le glamour désenchanté qui caractérisait son roman Bye Bye Elvis, Caroline De Mulder nous fait goûter, de son écriture âpre et sonore, au plaisir d’un conte noir aux personnages cabossés, où les ténèbres des galeries désaffectées reflètent celles des âmes.

Une belle rencontre qui écrit à quatre mains, je les remercie de m'avoir offert leur dernier roman

Place des ombres, après la brume 

Véronique Biefnot-Francis Dannemark

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Kyrielle
ISBN : 979-10-278-0397-2
Février 2017
505 pages / 15 x 23 cm / 23,50 €

Présentation de l'éditeur

1980, place de la Montagne aux Ombres. Égarée dans le dédale des petites rues d’une ville étrange, Lucie, étudiante en lettres, entre dans l’herboristerie tenue par un très vieil homme, au rez-de-chaussée d’un immeuble ancien.

Soixante-dix ans plus tôt, des événements tragiques ont marqué ces lieux. À son insu, en s’installant dans la demeure, la jeune femme va réveiller les démons d’autrefois, au péril de sa vie. Son amie, Maud, découvrira-t-elle la clé du mystère qu’elle-même n’a pas trouvée ?

Vingt ans plus tard, il ne reste que des souvenirs de ces semaines bouleversantes. Le passé semble bel et bien enterré, mais plusieurs drames viennent de frapper coup sur coup la famille de Maud. Une nuit, perdue dans le parking souterrain d’un hôtel, elle rencontre un homme taciturne, au nom et au comportement peu ordinaires…

J'ai craqué pour cette bd qui nous parle des tribus Hmong au Laos

Un million d'éléphants   -  Jean-Luc Cornette & Vanyda


Futuropolis
Première parution : 03/01/2017

195 x 265 mm
160 pages
Prix de vente : 23 €
ISBN : 9782754810777

Présentation de l'éditeur


Le Laos, au sud-est de l’Asie est surnommé le pays du million d’éléphants et du parasol blanc. Une terre de splendeurs dont la réalité politique fut sans poésie. Le pays a connu des guerres successives. En 1975, la monarchie tombe. Une dictature communiste advient. Le père de Vanyda est né au Laos. Vanyda naît en France. Elle a attendu vingt-cinq ans avant de découvrir le royaume de ses ancêtres. Jean-Luc Cornette l’accompagnait. C’est ici le récit romancé d’une génération sacrifiée. Ceux qui ont pu, ont fui leur pays natal. C’est le portrait de ceux qui ont pu se reconstruire aux quatre coins du monde, et l’amour de leur terre natale qui les pousse, un jour, à revenir au Laos. Et d’y conduire leurs enfants.

Le prix Première me tentait depuis longtemps.

Désorientale   -  Négar Djavadi

Désorientale

Date de parution : 25-08-2016
14 x 21 cm - 352 pages
isbn : 9782867468346
Prix : 22 €

Présentation de l'éditeur


Si nous étions en Iran, cette salle d’attente d’hôpital ressemblerait à un caravansérail, songe Kimiâ. Un joyeux foutoir où s’enchaîneraient bavardages, confidences et anecdotes en cascade. Née à Téhéran, exilée à Paris depuis ses dix ans, Kimiâ a toujours essayé de tenir à distance son pays, sa culture, sa famille. Mais les djinns échappés du passé la rattrapent pour faire défiler l’étourdissant diaporama de l’histoire des Sadr sur trois générations: les tribulations des ancêtres, une décennie de révolution politique, les chemins de traverse de l’adolescence, l’ivresse du rock, le sourire voyou d’une bassiste blonde…
Une fresque flamboyante sur la mémoire et l’identité; un grand roman sur l’Iran d’hier et la France d’aujourd’hui.

Elle n'était présente que le lendemain mais j'ai craqué.

Les larmes noires sur la terre   -  Sandrine Collette


Denoël
Sueurs froides
336 pages, 155 x 225 mm
ISBN : 9782207135570
Parution : 02-02-2017
Prix : 19.90 €

Présentation de l'éditeur


Il a suffi d’une fois. Une seule mauvaise décision, partir, suivre un homme à Paris. Moe n’avait que vingt ans. Six ans après, hagarde, épuisée, avec pour unique trésor un nourrisson qui l’accroche à la vie, elle est amenée de force dans un centre d’accueil pour déshérités, surnommé «la Casse».
La Casse, c’est une ville de miséreux logés dans des carcasses de voitures brisées et posées sur cales, des rues entières bordées d’automobiles embouties. Chaque épave est attribuée à une personne. Pour Moe, ce sera une 306 grise. Plus de sièges arrière, deux couvertures, et voilà leur logement, à elle et au petit. Un désespoir.
Et puis, au milieu de l’effondrement de sa vie, un coup de chance, enfin : dans sa ruelle, cinq femmes s’épaulent pour affronter ensemble la noirceur du quartier. Elles vont adopter Moe et son fils. Il y a là Ada, la vieille, puissante parce qu’elle sait les secrets des herbes, Jaja la guerrière, Poule la survivante, Marie-Thé la douce, et Nini, celle qui veut quand même être jolie et danser.
Leur force, c’est leur cohésion, leur entraide, leur lucidité. Si une seule y croit encore, alors il leur reste à toutes une chance de s’en sortir. Mais à quel prix?

Après le magistral Il reste la poussière, prix Landerneau Polar 2016, Sandrine Collette nous livre un roman bouleversant, planté dans le décor dantesque de la Casse.

Deux belles rencontres et deux auteurs disponibles. Delphine Bertholon et Grégoire Delacourt

Coeur-Naufrage  -  Delphine Bertholon

Coeur-Naufrage

J-C Lattès
EAN : 9782709658447
Parution : 01/03/2017
304 pages
20.00 €

Présentation de l'éditeur


Lyla, à l’aube de ses 34 ans, est célibataire, casanière, solitaire. Seuls son travail de traductrice et Zoé, sa meilleure amie fantasque, lui permettent d’échapper à la routine d’un quotidien bien huilé. Jusqu’au jour où un étrange message la renvoie brusquement dix-sept ans en arrière…
Été 1998. Lyla a seize ans, une mère abusive et des envies d’ailleurs. En vacances sur la côte atlantique, elle rencontre Joris, un surfeur dont elle tombe amoureuse. Quand elle comprend qu’elle est enceinte, il est trop tard.
Cœur-Naufrage, roman choral, raconte en alternance l’adolescence de Lyla et les conséquences de cet été-là : pour l’adulte qu’elle est devenue, qui porte le secret de son accouchement sous X, et pour Joris, qui découvre à contretemps ce qui s’est joué dix-sept ans auparavant.
Les accidents de la vie, les non-dits, les malentendus façonnent nos existences – mais est-il jamais trop tard pour rattraper certains rendez-vous manqués ?

Danser au bord de l'abîme - Grégoire Delacourt

Danser au bord de l'abîme
J-C Lattès
EAN : 9782709659567
Parution : 02/01/2017
320 pages
19.00 €

Présentation de l'éditeur


Emma, quarante ans, mariée, trois enfants, heureuse, croise le regard d’un homme dans une brasserie.

Aussitôt, elle sait.

Après On ne voyait que le bonheur, Grégoire Delacourt explore dans ce roman virtuose la puissance du désir et la fragilité de nos existences.

Le Québec était l'invité d'honneur de la foire alors je n'ai pas résisté à la tentation.
D'abord un que j'attendais depuis un moment , celui d'Aki Shimazaki

Suisen -  Aki Shimazaki

Suisen

Léméac- Actes Sud
Mars, 2017
10,0 x 19,0 
168 pages
ISBN 978-2-330-07212-4
prix indicatif : 15, 00€ 

Présentation de l'éditeur

Chef d'entreprise prospère, marié et père de famille censément comblé, Gorô se voit contraint de reconsidérer l'équilibre de son existence et de se regarder en face le jour où toutes ses convictions sont ébranlées.

Un auteur bien sympathique rencontré le jeudi de la Foire : Richard Ste Marie. Merci pour ce joli cadeau.

Les petites misères   -  Richard Ste Marie

petites misères

Les petites misères, essais, 204 pages éditions Mémoire Vive
ISBN 2-922994-00-7

Présentation de l'éditeur

Voilà bien le nœud du problème. Voilà bien ce qui m’intéresse et que je voudrais partager avec vous dans ce livre, comme j’ai tenté de le faire pendant deux ans avec mes émissions de radio, Les petites misères, à CKRL. Le but de l’aventure est bien sûr de faire voir que pour comprendre ce monde dans lequel nous vivons, il faut accepter qu’il est lui-même incohérent et n’a de sens que celui qu’on y apporte soi-même.

Malgré la variété des sujets traités, qui vont de la clarinette au sexe en passant par la censure, le village global, le trésor, l’effort, l’écriture, l’ordinateur, la beauté, le montréalisme, la percussion, la couleur, le défi, la communication, l’homme, la foi, l’artiste, les valeurs, le violoncelle, l’amitié et le langage, l’émission est restée fidèle à elle-même et à sa mission originelle : proposer une remise en questions des idées prêtes-à-penser qui contribuent à fixer des préjugés, ces irritants qui nous empêchent d'avoir une pensée renouvelée, libre et autonome.

Il y a donc dans ce livre, comme dans mes émissions, « ce que je sais » et « ce que je pense ». « Ce que je sais » est intéressant ; je l’ai appris, et tout le monde, en s’y mettant, peut arriver au même résultat que moi. « Ce que je pense » est par contre éminemment critiquable. J’en suis absolument convaincu, c’est pourquoi je le propose ici humblement, en sachant que « les autres », c’est-à-dire vous, les lecteurs et les auditeurs, vous vous ferez une opinion par vous-mêmes.

Jamais la phrase de Pierre Bourgault, citée en exergue dans ce livre, n’aura été aussi juste dans mon esprit : « Il faut dire ce qu’on pense, ça aide les autres à penser. »

Richard Ste-Marie

Repentir(s) -  Richard Ste Marie

repentirs

A lire
334 pages
978-2-89615-143-1
Papier : 15,95 $

Présentation de l'éditeur


Un double meurtre a été commis à la galerie Arts Visuels Actuels. Outre Gaston « Faby » Lessard, le propriétaire des lieux, Frédéric Fortier, lieutenant de police à la Ville de Montréal, fait partie des victimes et c’est pourquoi le sergent-détective Francis Pagliaro, de la Sûreté du Québec, est chargé de l’enquête.
En interrogeant les personnes avec lesquelles Lessard avait rendez-vous dans la journée, Pagliaro réalise que le galeriste était loin d’être un enfant de chœur. De fait, les arnaques et les fraudes dont l’enquêteur apprend l’existence au fil des jours le laissent pantois, lui qui avait toujours cru en la noblesse du monde des arts visuels. Or, si les mobiles pour tuer Lessard abondent, c’est l’inverse pour Fortier, un policier près de la retraite et à la carrière irréprochable.
Dès le début, Pagliaro a pris l’habitude de venir chaque soir sur les lieux du crime pour admirer les tableaux de l’exposition d’Andrew Garrison, intitulée Repentirs, ensemble de paysages et de personnages fugaces qui surgissent des palimpsestes picturaux de l’artiste peintre, mais aussi pour réfléchir sur son enquête, dont un des indices ne cesse de l’étonner : pourquoi donc l’assassin a-t-il pris soin de replacer dans son écrin la somptueuse dague, création d’une joaillière représentée par la galerie, dont il s’est servi pour semer la mort ?

Un autre auteur de polar

5150, rue des Ormes  -  Patrick Senécal


A lire
5150, rue des Ormes
367 pages, 14,95$

Présentation de l'auteur

Il s'appelle Yannick Bérubé, il a vingt-trois ans, il est séquestré au 5150, rue des Ormes, dans la ville de Montcharles, et c'est pourquoi il a décidé d'écrire son histoire.
Or, si son récit débute par une banale chute à bicyclette, la suite bascule rapidement dans l'horreur, car la famille qui le retient prisonnier est loin d'être normale : Jacques Beaulieu, le père, est un psychopathe qui ne jure que par le jeu d'échecs et qui se prend pour le dernier des Justes ; Michelle, l'adolescente, semble encore plus dangereuse que son père ; Maude, l'épouse et la mère, est obsédée par le Seigneur et elle obéit aveuglément à son mari. Quant à la petite Anne, elle est muette et ses grands yeux immobiles ressemblent à des puits de néant...
Pour Yannick Bérubé, l'enjeu est simple : il doit s'évader à tout prix de cette maison de fous, sinon il va y laisser sa peau ou sa raison !

Très heureuse d'avoir pu rencontrer Larry Tremblay, j'avais adoré "L'orangeraie"

L'impureté - Larry Tremblay

Couverture

Alto
160 pages
septembre 2016
ISBN : 978-2-89694-244-2
21,95 $

Présentation de l'éditeur


La romancière à succès Alice Livingston est morte.

Elle laisse derrière elle des lecteurs éplorés, un manuscrit inédit, un fils qui cherche à refaire sa vie le plus loin possible de son père, et son mari Antoine, incapable de pleurer sa mort et qui n’a jamais apprécié son œuvre. Pourtant, le roman posthume de sa femme va le bouleverser et le contraindre à faire face à ses souvenirs. Et inévitablement à ses démons enfouis. Car la fiction parfois tisse entre les lignes une toile vengeresse.

Variation d’une franchise radicale autour de la manipulation des êtres et de la fragilité des idéaux, L’impureté déploie tout l’arsenal de l’auteur de L’orangeraie et du Christ obèse.

Et pour terminer j'avais aimé les précédents :

Vi  -   Kim Thuy

Vi

Liana Levi
Date de parution : 02-05-2016
14 x 21 cm - 144 pages
isbn : 9782867468315
14,50 €

Présentation de l'éditeur



Au temps de l’Indochine, le domaine de la famille Lê Van An englobe d’immenses terres et une vaste demeure où s’affairent près de trente domestiques. C’est là que naît le père de Vi, avec le destin d’un prince comblé que l’histoire va déchoir de son royaume. Dans l’ombre dévolue aux femmes, son épouse dirige d’une main de fer l’exploitation fragilisée par les réformes, puis la guerre. Lorsque Vi voit le jour, le dix-septième parallèle sépare déjà le Nord du Sud. La réunification et la chasse aux possédants l’obligent à fuir son pays sur un bateau de fortune. En quittant Saigon pour Montréal, celle dont le prénom signifie «minuscule» et «précieuse» devra apprendre à apprivoiser la grande vie et ses tumultes. Et à saisir les hasards qui lui ouvriront à nouveau, un jour, les portes du pays natal.

Voilà c'est terminé, il est temps que je me calme un peu, ma Pal va finir par s'effondrer.

vendredi 27 décembre 2019

Soif - Amélie Nothomb

Soif   -   Amélie Nothomb

Rentrée littéraire 2019 : Top 10 des livres les plus attendus

Albin Michel
Parution : 21 août 2019
Pages : 162
ISBN : 9782226443885
Prix : 17.90 €

Présentation de l'éditeur

"Pour éprouver la soif il faut être vivant"

Ce roman était finaliste du Goncourt 2019.

Amélie nous en parle





Mon avis

Donner la parole à Jésus, c'est gonflé ! Amélie l'a fait

Elle fait parler Jésus et nous fait imaginer les réflexions qu'il aurait pu avoir les dernières heures de sa vie.  Fallait vraiment oser !

On retrouve la plume inimitable d'Amélie mais ce récit, mi-roman, mi-essai est bien différent des autres, c'est un récit mystique, philosophique qui demande réflexion et introspection.

On retrouve son humour un peu "caustique" quand d'entrée de jeu, les 37 miraculés plaident coupable et condamne Jésus à la crucifixion.  Humiliation suprême.

Mais pourquoi Jésus a-t-il laissé faire cette fin atroce, pourquoi n'a -t-il rien fait ?  C'est le point de départ de la réflexion d'Amélie qui avait ce livre en elle depuis tant d'années.

On va "vivre" avec Jésus ses dernières heures , ses pensées, sa portée de croix, sa crucifixion et le sens donné à Jésus fils du Père venu sur terre pour sauver "nos péchés".

Je suis d'éducation catholique et ce livre ne m'a en rien choqué.  Il y a de la matière, certaines réflexions philosophiques qui auraient pu il est vrai être plus développées mais c'est peut-être là qu'Amélie veut en venir, à nous de réfléchir...

Quelques exemples :

Le premier miracle des noces de Cana est la découverte pour Jésus de son pouvoir.  On n'attendait rien de lui , il en prend plaisir.  Ensuite son pouvoir devient un devoir pour les autres ?  Et pourquoi ne l'utilise-t-il pas pour lui ?

Il nous parle de Judas, un problème permanent, de la nuance existant entre le mensonge et le secret.

De corps et d'esprit.  Amélie prend le postulat de Jésus l'humain, l'incarné qui aime la vie.  Elle nous parle du mal qui trouve toujours son origine dans l'esprit, d'un homme qui a connu l'amour - celui de Marie-Madeleine - de la soif et de la mort.

Soif : "Pour éprouver la soif il faut être vivant."  Cette soif qui lorsqu'elle devient extrême pousse à la transe mystique.  Pourquoi n'y a-t-il pas de mot lorsque l'on cesse d'avoir soif ? Pour la faim, on parle de satiété, pour la fatigue de repos, pour la souffrance, de réconfort mais rien pour la soif ?

Pour Amélie, la gorgée d'eau devient un émerveillement, un éblouissement , c'est Dieu.

Beaucoup de réflexions qu'on aimerait plus profondes, plus développées mais dans ce cas , ne serions-nous pas basculés du roman à l'essai ?

Un récit qui nous parle de la cruauté de l'homme.  Quel est ce besoin d'assister au malheur des autres ? S'aime-t-on vraiment ?  alors que vaut "Aimer son prochain comme soi-même ?"

Il est différent ce roman mais on retrouve un texte profond, puissant dans un style inimitable.

A vous de vous faire votre idée, un seul moyen lisez-le , quoi qu'il en soit que vous aimiez ou non, il ne vous laissera pas indifférent.


Il était tout de même finaliste pour le Goncourt.


Ma note :  9/10

Les jolies phrases

Les humains se plaignent, à raison, des imperfections du corps.  L'explication coule de source : que vaudrait la maison dessinée par un architecte sans domicile ?

On est quelqu'un de meilleur quand on a eu du plaisir.

Il n'y a pas d'art plus grand que celui de vivre.

Le mal trouve toujours son origine dans l'esprit.

Aucune jouissance n'approche celle que procure le gobelet d'eau quand on crève de soif.

Quand on cesse d'avoir faim, cela s'appelle satiété.  Quand on cesse d'être fatigué, cela s'appelle repos.  Quand on cesse de souffrir, cela s'appelle réconfort.  Cesser d'avoir soif ne s'appelle pas.

Le sens de la vie, c'est de ne pas souffrir.

L'amour de Dieu, c'est l'eau qui n'étanche jamais.  Plus on boit, plus on a soif.  Enfin une jouissance qui ne diminue pas le désir.

Si vous voulez aimer comme au premier jour, c'est la présence qu'il faut cultiver.

Ivre, je l'étais ce soir-là, et cette ivresse était sainte.  Avant l'incarnation, je n'avais pas de poids.  Le paradoxe, c'est qu'il faut peser pour connaître la légèreté.  L'ébriété délivre de la pesanteur et donne l'impression que l'on va s'envoler.  L'esprit ne vole pas, il se déplace sans obstacle, c'est très différent.

Ne pas divulguer une information vraie, ce n'est pas mentir.

Si on se rendait compte, on ne choisirait pas de vivre.

La langue dans sa sagesse a compris qu'il ne fallait pas créer d'antonyme à la soif.  On peut étancher la soif et pourtant le mot étanchement n'existe pas.

Il y a des gens qui pensent ne pas être des mystiques.  Ils se trompent.  Il suffit d'avoir crevé de soif un moment pour accéder à ce statut.  Et l'instant ineffable où l'assoiffé porte à ses lèvres un gobelet d'eau, c'est Dieu.

Quand quelqu'un meurt, c'est fou ce qu'on pense à lui.  Pour beaucoup de gens, c'est carrément le seul moment où l'on pense à eux.


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