dimanche 20 juillet 2014

Les Suprêmes ♥ 9/10 Edward Kelsey Moore


Une lecture dans la cadre du Challenge Coupe du Monde des Livres




Les Suprêmes


Acte Sud
Avril, 2014
14,5 x 24 
320 pages
traduit de l'américain par : Cloé TRALCI, Philippe ARONSON, Emmanuelle ARONSON
ISBN 978-2-330-01992-1
prix indicatif : 22, 80€


Quatrième de couverture


Elles se sont rencontrées à la fin des années 1960 et ne se sont plus quittées depuis : tout le monde les appelle “les Suprêmes”, en référence au célèbre groupe de chanteuses des seventies. Complices dans le bonheur comme dans l’adversité, ces trois irrésistibles quinquas afro-américaines aussi puissantes que fragiles ont, depuis leur adolescence, fait de l’un des restaurants de leur petite ville de l’Indiana longtemps marquée par la ségrégation leur quartier général où, tous les dimanches, entre commérages et confidences, rire et larmes, elles se gavent de nourritures diététiquement incorrectes tout en élaborant leurs stratégies de survie.
Née dans un sycomore, l’intrépide Odette, qui mène son monde à la baguette, converse secrètement avec les fantômes et soigne son cancer à la marijuana sur les conseils avisés de sa défunte mère, tandis que la sage Clarice endure les frasques de son très volage époux pour gagner sa part de ciel. Toutes deux ont pris sous leur aile Barbara Jean, éternelle bombe sexuelle que l’existence n’a cessé de meurtrir. D’épreuves en épreuves, l’indissoluble trio a subsisté contre vents et marées dans une Amérique successivement modelée par les ravages de la ségrégation raciale, l’insouciance des années hippies, la difficile mise en route de “l’ascenseur social”, l’embourgeoisement, sous la houlette des promoteurs immobiliers, des quartiers naguère réservés aux Noirs et les nouveaux catéchismes de la modernité mondialisée.
Invitation à une lecture aussi décalée que féconde de la problématique raciale aux États-Unis, ce formidable et attachant roman de l’amitié et de la résilience emmené par d’époustouflants personnages et porté par l’écriture imagée et subversive d’Edward Kelsey Moore, s’affirme avant tout comme une exemplaire défense et illustration de l’humanisme conçu comme la plus réjouissante des insurrections.

Mon avis

C'est en hommage au groupe de Diana Ross "Les Suprêmes" que sont ainsi surnommées trois amies inséparables depuis la fin des années 60.  Elles sont aujourd'hui quinquagénaires.  Elles sont afro-américaines et ont passé leur vie dans une petite ville de l'Indiana.

Nous allons revivre leur vie respective dans l'Amérique profonde. Nous sommes dans le sud à l'époque de la ségrégation.  Une petite atmosphère de "La couleur des sentiments".

Nos trois amies ont depuis leur adolescence élu leur quartier général chez Big Earl, le restaurant de la ville.  Elles s'y retrouvent toujours le dimanche après la messe.

Faisons connaissance avec nos protagonistes.

Odette : née dans un sycomore, un sacré caractère.  Elle n'a peur de rien.  Elle est rondouillette, parle avec les fantômes.  Elle a épousé James.  Elle soigne son cancer en fumant de la marijuana.

Clarice : qui adore le piano, elle donne des cours. Elle a épousé Richmond, un mari coureur de jupons.

Et enfin, Barbara Jean : la pin up, une bombe sexuelle qui ayant eu une enfance difficile a été prise sous l'aile d'Odette et Clarice.  Elle a fait un riche mariage, mais l'argent ne fait pas tout...

Le trio a tout partagé : joie, peine, amour, deuil.  C'est l'histoire d'une amitié rare, d'une Amérique où les blancs ne cotoient pas les noirs.  Un joli tableau de la société américaine au départ de la fin de l' année 1968 (l'assassinat de Martin luther King) à nos jours.  Une écriture narrative qui dépeint le poids de la religion, la ségrégation dans une petite ville du Sud des Etats-Unis.

J'avoue avoir eu un peu de mal à rentrer dans le récit mais c'est toujours pareil chez moi lorsqu'il s'agit de littérature américaine.  J'ai bien fait d'insister car impossible de sortir de cette belle lecture par la suite.  Les flash-backs émaillent le présent pour nous permettre de comprendre la vie de chacune.

A la fois triste, drôle, ironique, tendre et chaleureux, une belle réussitte pour le tout premier roman d' Edward Kelsey Moore, violoncelliste de son état.

Odette est la principale narratrice, elle se raconte à la première personne. Pour les autres personnages la troisième personne est utilisée.  Des personnages attachants et haut en couleur.

Une belle lecture d'été.

Ma note : 9/10

Les jolies phrases

Entre Suprêmes, nous nous traitons avec beaucoup de délicatesse.  Nous fermions les yeux sur les défauts des autres et faisions preuve de prévenance, même quand cela n'était pas mérité.

Quand son esprit était assailli de pensées - en général au sujet du passé, de sa mère ou de son fils - elle attrapait soit la bible, soit la bouteille, mais finissait avec les deux sur les genoux avant que la nuit ne s'achève.

Par ailleurs, la vodka était discrète car elle n'affectait pas l'haleine.  Si l'on s'en contentait et si l'on savait se tenir, personne n'allait vous raconter d'horreurs sur votre compte, quel que soit le nombre de tasses avalées.

Il y avait eu tant de si beaux moments avec James, les enfants et les Suprêmes, tant de jours que je souhaitais emporter avec moi quand j'entrerais dans l'autre vie, quelle qu'elle soit. Et si je pouvais me débarrasser des mauvais moments comme d'une vieille peau mal ajustée, ce serait pas mal non plus.

Nous éclatâmes en sanglots en pensant à Adam et à nos amis ; nous pleurâmes avec un soulagement coupable, car cette chose, ce monstre que tous les parents redoutent le plus au monde, était passée près de nous en emportant dans ses griffes impitoyables un enfant, mais ce n'était pas le nôtre.

2 commentaires:

Brigitte De Mot a dit…

C pas trop semblable à la couleur des sentiments?

Nathalie Vanhauwaert a dit…

Pas du tout mais je trouve que l'on retrouve l'ambiance, l'état d'esprit. L'histoire est totalement différente.