lundi 6 avril 2026

Ils ont rejoint mon Himalaya à lire

 Ils ont rejoint mon Himalaya à lire






Foire du livre, deux semaines sans présentation, il est temps que je vous montre les derniers arrivés !

On commence par les graphiques :



L'homme chevreuil (sept ans de vie sauvage)  

Geoffroy Delorme / Jean-Denis Pendanx /Vincent Zabus

















Les arènes BD
Parution : 02/04/26
Pages : 160
Isbn : 979-10-375-1565-0
Prix : 25 €


Présentation de l'éditeur


Un récit universel sur la liberté, la nature et la rudesse du monde sauvage.

À la lisière du monde des hommes commence celui des chevreuils.

À tout juste vingt ans, Geoffroy Delorme s’enfonce dans la forêt de Louviers, en Normandie. Là, au détour d’un sous-bois, une rencontre va bouleverser sa vie: un jeune chevreuil, libre et curieux. De cette apparition naît un lien hors du commun…

Geoffroy décide alors de partir vivre parmi les chevreuils. Pendant sept ans, il observe, imite, apprend à se nourrir, à dormir, à se déplacer, à se protéger comme eux. Il découvre leurs règles, leurs jeux, leurs peurs, leurs joies. Peu à peu, il devient l’un des leurs.

Dans cette adaptation en bande dessinée de L’homme-chevreuil (plébiscité par plus de 100 000 lecteurs), le récit prend un nouveau souffle. Portée par le scénario de Vincent Zabus et le trait sensible du dessinateur Jean-Denis Pendanx, cette histoire extraordinaire nous entraîne au cœur de la vie sauvage, là où se mêlent solitude, survie et fraternité animale.

En voici un que j'attendais pour le graphisme et les couleurs de David Sala

Frankenstein   -  David Sala



















Casterman
Parution : 15 avril 2026
Pages : 220
Isbn : 9782203292710
Prix : 28 €

Présentation de l'éditeur


Une réinterprétation graphique magistrale et contemporaine de l’œuvre de Mary Shelley.


En adaptant magistralement l’œuvre de Mary Shelley, David Sala ne se contente pas de lui donner une sublime interprétation graphique. S’il a choisi ce roman parmi tout ce que compte de chefs-d’œuvre la littérature, c’est qu’il y trouve une résonance particulière avec des thématiques qui lui sont chères : l’acceptation de la différence, la peur de l’inconnu, les violences faites aux minorités, la vindicte populaire... autant de sujets déjà abordés dans ses précédents albums, qu’il met ici en exergue pour faire de ce Frankenstein son album sans doute le plus personnel. Oubliez l’idée d’un récit romantique à la langue ampoulée du XIXᵉ, Frankenstein est une œuvre terriblement moderne, qui fait directement écho aux grands défits actuels de nos sociétés. À lire et faire lire impérativement !

Autre style mais le graphisme me tente énormément

Printemps à la charité  -   Pelaez/Chabert



















Grand Angle
Parution : 25/02/2026
Scénario : Philippe Pelaez
Dessin : Alexis Chabert
Pages : 72
ISBN : 979 1 0411 0633 2
Prix : 17.90 €

Présentation de l'éditeur


Dans le Paris de la Belle Époque, être un survivant du Bazar de la Charité n’est pas sans risque...

Paris, 1897. Quelques semaines après l’incendie du Bazar de la Charité, les survivants meurent dans d’étranges circonstances, victimes d’hallucinations terrifiantes. L’inspecteur Amaury Broyan, flic brisé, opiomane et hanté par la mort de sa fille, est chargé de l’enquête. Des salons de la haute société aux bas-fonds de la capitale, il s’enfonce dans un mystère où science, culpabilité et vengeance s’entrelacent. Sa rencontre avec Blanche Dambreville, fascinante entomologiste, pourrait bien faire basculer l’affaire… et sa propre raison.


Chez Bamboo dans la collection  "les aventuriers d'ailleurs " deux titres ont attiré mon attention

Le dimanche perdu - Ileana Surducan


















Les aventuriers d'ailleurs
Parution : 25/02/26
Pages : 72
Isbn : 978 2 3860 4098 6
Prix : 14.90 €

Présentation de l'éditeur


L’imaginaire comme remède au burn-out.

Dans le monde de Nina, le dimanche n’existe pas. Du lundi au samedi les corvées s’enchaînent sans jamais un instant de répit.
Épuisée par cette vie sans pause, la jeune fille décide d’affronter l’impossible : descendre au fond du puits pour libérer le dimanche, prisonnier d’une redoutable sorcière.


Dans un autre genre, paru en février


Pour quelques miettes de pain
Passage à l'âge adulte dans la Pologne post-soviétique


















Les aventuriers d'ailleurs

Parution : 25/02/26
Pages : 240
Isbn : 978 2 3860 4101 3
Prix : 26.90 €

Présentation de l'éditeur


Le passage à l’âge adulte d'une jeune activiste dans la Pologne post-soviétique…

À la fin des années 1990, la Pologne traverse une crise profonde : pénuries alimentaires, grèves ouvrières, inflation galopante.
Du jour au lendemain, le pays bascule du communisme au capitalisme. C’est dans ce contexte de bouleversements qu’a grandi Kasia Babis. Son histoire se confond avec celle d’une nation en pleine transformation : le passage à l’âge adulte d’une jeune fille… et d’un pays tout entier.

Un petit Casterman jeunesse

Petit guide des humains à l'usage des animaux
Astrid Desbordes/ Aurore Petit


















Casterman jeunesse
Parution : 01/04/26
Scénario : Astrid Desbordes
Dessin : Aurore Petit
Pages : 48
Isbn : 9782203293014
Lectorat : 5/8 ans
Prix : 12.95 €

Présentation de l'éditeur

Un délicieux et malicieux album miroir pour nous regarder autrement.

"Ce matin, Albert a trouvé un petit oiseau dans le jardin. Tombé du nid, avec un air complètement perdu. C'est normal, l'a rassuré Albert. Ce n'est pas rien d'arriver chez les humains. Viens avec moi, je vais t'expliquer tout ça."

Albert décide illico d’emmener l'oiseau découvrir le monde des humains : il tente de le lui raconter en se mettant à sa place et en adoptant son point de vue d’oiseau. Commence alors à se dérouler le fil d’un inventaire poétique et plein d’humour où les maisons sont comparées à des nids, les bras à des ailes, les vêtements aux plumes et aux poils, les supermarchés à des potagers, le chocolat à des asticots, ... Mais on a aussi beaucoup en commun et chez chacun, c'est toujours l'amou qui a le dernier mot.


Merci à Robert Nahum et aux éditions 180° pour ce joli cadeau

L'archiduc forever  -  Johan Ral



























180 °
Parution : novembre 2025
Pages : 224
Isbn :  9782940721818
Prix : 40 €

Présentation de l'éditeur

Dans "L’Archiduc Forever", Johan Ral, journaliste musical, raconte pour la première fois toute l’aventure, fascinante et intrigante, du mythique bar de jazz Art déco de la rue Dansaert à Bruxelles.
Une aventure qui commence en 1925, avec de nombreuses ramifications : de l’Histoire internationale et l’architecture aux arts graphiques, la littérature et la musique, beaucoup de musique.
Avec, dans les rôles principaux : les gardiens de l’esprit de L’Archiduc – Stan et Jacqueline Brenders, Jean-Louis et Nathalie Hennart –, un piano vieux de 90 ans, Nat King Cole, Mal Waldron, Toots Thielemans, Luc Tuymans, Anna Domino, Marc Moulin, Marc Danval, les nombreux musiciens et artistes qui ont peuplé cet endroit enchanteur de leur talent, et Arno, bien sûr.
"L’Archiduc Forever" offre un récit passionnant, riche en anecdotes captivantes, s’appuyant sur d’innombrables archives et des témoignages exclusifs, abondamment illustré de documents souvent uniques.

J'ai craqué pour le dernier Foenkinos à la Foire du livre de Bruxelles

Je suis drôle  -  David Foenkinos



























Gallimard
Parution : 02/04/26
Pages : 192
ISBN :
9782073152985
Prix : 20 €

Présentation de l'auteur

Gustave a compris une chose essentielle : faire rire, c’est être aimé. Alors il décide de faire rire tout le monde. Ce sera sa force, son talent, sa politesse envers les autres. Il en fera un métier, puis une identité. Il n’avait pas prévu que ce serait si dangereux.

Rencontrée à la foire du livre, j'avais loupé son premier roman, l'occasion de rejoindre le dernier qui vient de paraître chez Stock

Le retour de Saturne   -   Daphné Tamage



















Le livre de Poche  38133
Parution originale 2024 Stock
Parution : 03/09/2025
Pages : 216
Isbn : 9782253251156
Prix : 8.45 €

Présentation de l'éditeur

« Je vous prescris un mois sans hommes. Qu’importe la méthode, je m’en fiche. Barricadez-vous au monastère des Dominicaines cloîtrées de Lourdes, enfermez-vous où vous voulez. »
Ainsi, sur prescription de son vieux docteur, Apolline part à Conques, sous les glycines d’un village sacré et de son abbatiale. Cette trentenaire, qui s’est encore fait briser le cœur, doit s’imposer un sevrage éprouvant. Entre frère Charles, séduisant moine qui tente de la convaincre des vertus de la prière, et son éditeur qui la presse d’écrire son essai sur le découragement, elle perd pied. Il faut alors faire avec les moyens du bord : s’inspirant d’un manuel de magie blanche retrouvée dans le grenier, elle décide de revisiter une à une ses relations avec les hommes de sa vie.


Nous avons remis le prix des bloggeurs à la foire du livre, j'ai craqué pour le prix catégorie noire

Ne reste que la nuit  -  Rose Mallai


















Editions du gros cailloux
Parution : 05/06/25
Pages : 271
Isbn : 9782494202276
Prix : 19 €

Présentation de l'éditeur

GRAND PRIX DES BLOGUEURS LITTÉRAIRES 2025. 

Serge n’a que quelques heures. Pour écouter la version de Lila, son histoire, ce qu’elle a vécu, ce qu’elle a subi… Seulement quelques heures pour déceler la vérité. Puis il lui faudra écouter l’autre version des faits, celle qui va tout bouleverser. Après "Et ensuite, le silence", Rose Mallai revient en force avec un nouveau thriller saisissant que vous ne pourrez pas lâcher. 

On continue avec des auteurs belges présents à la Foire du livre de Bruxelles

Comme ta mère  -  Pieterke Mol



















Noir sur blanc
Parution : 05/03/26
Pages : 272
Isbn : 9782889831890
Prix : 22.50 €


Présentation de l'éditeur



Sur insistance de son grand-père, Debbie prend le train à Bruxelles pour rendre visite à son père, qu’elle n’a pas vu depuis dix ans. Enfant non souhaité de parents trop jeunes, celui-ci en a gardé une détresse qu’il noie depuis longtemps dans l’alcool. Il vit à Rotterdam, dans un pays que Debbie évite, et parle une langue qu’elle ne comprend pas. À trente-cinq ans, l’âge où d’autres sont déjà mères, elle peine à s’inscrire dans sa propre existence, trop soucieuse d’échapper à la malédiction de son héritage familial.

En dévoilant peu à peu les non-dits d’une famille sur trois générations, Pieterke Mol éclaire les mécaniques de la transmission et signe un poignant roman d’émancipation, porté par une plume audacieuse, brusque et intense.

Trop contente de retrouver la plume de Valérie Cohen

Le printemps des audacieux  -  Valérie Cohen



























L'archipel
Parution : 02/04/26
Pages : 272
Isbn : 9782809852943
Prix : 20 €

Présentation de l'éditeur

Amoureux depuis trente ans, Claire et Antoine ne s'entendent plus depuis qu'il s'est brouillé avec leur fils. Claire lui propose de partir pour une retraite de trois semaines à L'Atelier des transitions, un lieu où l'on peut réfléchir et faire le point sur sa vie. Antoine accepte de tenter l'expérience... Parviendra-t-il à accepter sa sensibilité et à réinventer son existence ?

Claire et Antoine s'aiment depuis trente ans. Pourtant, depuis qu'Antoine s'est brouillé avec leur fils unique, leur couple vacille.
Face à cette impasse, Claire lui propose une expérience radicale : partir seul pour une retraite de trois semaines à l'Atelier des transitions, un lieu hors du temps, en pleine nature, consacré à ceux qui traversent un moment de turbulences.
Arrivé à contrecoeur dans cette demeure accueillante, Antoine y rencontre des femmes et des hommes attachants, tous animés par le besoin de comprendre pour réinventer leur vie.
Rires, larmes, confrontations, tendresse : peu à peu les vrais visages se dévoilent, sous le regard d'une thérapeute atypique, que des circonstances inattendues pourraient bien faire vaciller à son tour.
Et si le courage de changer donnait naissance au plus beau des printemps ?
Un livre plein d'amour et de lucidité sur nos fractures intimes.


Un deuxième roman également pour Anne Sylvain

Si un jour tu as de la peine   -   Anne Sylvain



















Genèse éditions
Parution : 18 mars 2026
Pages : 254
Isbn : 9782382011027
Prix : 22.50 €

Présentation de l'éditeur



Quand la musique se tait, il reste le silence. Hélène, violoncelliste, rencontre Vaclav Masaryk, compositeur charismatique et insaisissable. Très vite, la musique devient langage, la passion vertige. La jeune artiste prendra-t-elle conscience de l’emprise dont elle devient victime et qui, peu à peu, l’emprisonne ?

Anne Sylvain signe un roman d’une intensité rare, où l’art et le sentiment s’épousent dans une même tension. A travers la musique, le désir et la perte, Si un jour tu as de la peine explore le territoire fragile entre amour et dépendance, création et destruction.



C'est déjà la cinquième enquête écrite à quatre mains

Repose en paix Rosalie  -  Dumont/Dupuis




















Weyrich éditions
Parution : 25/03/26
Pages : 225
Isbn : 9782390770107
Prix : 22 €

Présentation de l'éditeur

Huy. Roger Staquet, commissaire retraité, se glisse au sein d’une maison de repos pour enquêter discrètement sur un décès suspect. Cette plongée dans le monde du quatrième âge permettra à Roger et à son complice, l’inspecteur Paul Ben Mimoun, de rencontrer des personnes attachantes, drôles, bizarres, voire dangereuses.
Vols, agressions, menaces ou histoires d’amour, la vie aux Bleuets est plus mouvementée qu’il n’y paraît.
elle enfila un gilet vaporeux sur son chemisier, consciente qu’elle vivait sa dernière chance, une ultime folie avant d’être clouée au lit
pour de bon comme nombre des résidents qui l’entouraient. Si son fils avait pu la voir, entrouvrant sa porte pour vérifier que le couloir était libre, il n’en
serait pas revenu, lui qui la considérait tantôt comme une sainte éthérée, tantôt comme un bibelot fragile à protéger au péril de sa vie, mais jamais comme une
femme. Encore moins autonome.
Le pauvre ! Il est vrai que sa carrière dans la police ne l’avait pas aidé à développer son imagination. Il était tellement conventionnel, ce garçon, si terre à terre
parfois, un peu comme son père, décédé depuis des années.

Une plume à découvrir pour moi :

Les derniers jours de Larry Parker  -   Marc Van Staen



























180 °
Parution : 24 mars 2026
Pages : 192
Isbn : 9782940721870
Prix : 20 €

Présentation de l'éditeur

Larry Parker, écrivain américain à succès, s’installe dans une bourgade du Midwest, station terminale de sa vie, pour y rédiger son dernier livre. Il revisite les étapes de son existence : ses débuts hésitants, ses amours tumultueuses, ses excès, ses errances. Dans cette communauté rurale, il se laisse absorber par le quotidien, l’accueil des habitants, l’amitié des chevaux, la compagnie fidèle de sa chienne.

Mais la paix apparente se fissure lorsqu’il se retrouve mêlé à une disparition énigmatique qui aiguise sa curiosité d’écrivain. Au fil de ses souvenirs et de son enquête, Larry Parker cherche moins à laisser un testament qu’à affirmer discrètement : il a vécu, aimé, fauté, observé, et écrit jusqu’au bout. Jusqu’à la dernière page.

Découvrir une plume de ma commune, merci Hélène

La nuit des cochons   -  Hélène Zoler




















Murmure des soirs
Parution : mars 2026
Pages : 220
Isbn : 978 2 931235 36 2
Prix : 22 €

Présentation de l'éditeur


Trente-cinq ans après avoir fui la ferme familiale un soir d’été, Julien, la cinquantaine, mène une vie solitaire et tourmentée, dans laquelle son passé et sa famille n’ont aucune place. Un matin, il reçoit un appel de sa sœur Faustine lui annonçant qu’une autre de ses sœurs, Agnès, est mourante et le réclame inlassablement. Convaincu d’avoir fait le bon choix en tournant définitivement le dos à une famille qui n’en était pas une, Julien cède cependant à la curiosité, et peut-être, aussi, à sa conscience.


Alors qu’il croyait pouvoir n’y faire qu’une brève incursion, Julien va replonger malgré lui dans ce passé marqué par la misère affective, l’étroitesse d’esprit de la campagne des années 50, la violence verbale et physique d’un père, l’indifférence d’une mère, jusqu’à la nuit des cochons, au cours de laquelle leur père a trouvé la mort. Que s’est-il réellement passé ?


Trente-cinq années plus tard, les circonstances restent floues, mais pour le salut d’Agnès, Julien se met en quête de la vérité. Mais est-ce Agnès ou lui-même qu’il tente d’apaiser ?

On termine par une réception de Arléa

La chambre de bonne   -   Mathieu Pieyre



















Arléa
Parution : 02/04/26
Pages : 208
Isbn : 9782363084378
Prix : 18 €

Présentation de l'éditeur


Combien de matins de sa propre vie garde-t-on distinc­tement en mémoire ? Ces deux samedis changèrent ma vie ou du moins me donnent rétrospectivement l’impression que j’ai pu l’orienter joyeusement par cette première décision d’adulte.

Un jeune étudiant décide de conquérir son indé­pendance à Paris. Première étape : trouver où vivre. Ses recherches le mèneront vers une chambre de bonne d’un hôtel particulier du VIIe arrondissement. Avec sa propriétaire, Madame H., qui deviendra bientôt Odile, il observe ce qui les sépare comme ce qui peu à peu les rapproche ; elle occupant dans le même immeuble deux cent cinquante mètres carrés et lui huit. Mais tous deux se retrouvent dans une commune passion pour la littérature. On croisera dans ces pages Duras, Gainsbourg ou Lacan et on y sondera le mystère qui préside à l’amitié.



N'hésitez pas à commenter ceux qui vous tentent, ceux que vous avez lus.  Je vous souhaite de belles lectures. 

dimanche 5 avril 2026

J'ai arrêté Otto Abetz - Maxime Germain/Didier Eisack

 J'ai arrêté Otto Abetz  -  Maxime Germain/Didier Eisack














Les Presses de la Cité
Parution : 29/01/26
Pages : 98
Scénario : Didier Eisack
Dessin ; Maxime Germain 
Isbn : 9782258210103
Prix : 21 €

Présentation de l'éditeur

Joachim Eisack. Sa mission : traquer les nazis.
L'histoire vraie d'un héros méconnu.

Seconde Guerre mondiale. Joachim Eisack, un Juif allemand réfugié dans la région lyonnaise, s'engage dans la Résistance. Après avoir participé à la libération de la France en 1944, il retourne en Allemagne comme inspecteur de la Sûreté pour dénazifier la zone française occupée de Säckingen. C'est là que, seul, il remonte la piste qui le conduira à découvrir où se cache, sous une fausse identité, Otto Abetz, ex-ambassadeur du Reich en France et général de la SS.
Il orchestrera son arrestation le 25 octobre 1945 et contribuera à retrouver le trésor du Werwolf (tableaux spoliés, documents secrets, argent et or...), destiné à fomenter une résistance nazie après guerre.
Abetz sera condamné à vingt ans de travaux forcés, mais gracié par le président Coty quelques semaines avant le décès de Joachim – qui, lui, ne sera jamais récompensé.


Mon avis

Didier Eisack est le petit-fils de Joachim Eisack, un Juif allemand habitant dans la région lyonnaise, engagé dans la résistance sous le nom de Richard Ezac.  A la fin de la guerre, il retourne en Allemagne comme inspecteur de la sûreté avec pour mission de dénazifier la zone française occupée.  Il traquera de nombreux SS et en particulier Otto Abetz, l'ambassadeur du 3ème Reich. 

Abetz était un personnage central de la collaboration du régime de Vichy, à l'origine de la spoliation des biens Juifs.  Il avait accumulé le trésor du Werwolf, argent, tableaux, documents qui sera recherché par Ezac.

Didier Eisack a raconté l'histoire de son grand-père dans un livre, cette adaptation graphique par Maxime Germain est intéressante, ce sujet étant relativement discret en bd.   

J'avoue avoir été un peu perturbée par les allers retours temporels, le découpage est parfois un peu confus pour le lecteur mais globalement j'ai beaucoup aimé ce récit très documenté.  Le choix du bicolore est efficace, l'utilisation des couleurs froides (bleus sombres/gris ) reflète parfaitement l'atmosphère oppressante.  Des touches de rouge vif accentue avec force la situation.   Le dessin est réaliste, épuré.

J'ai aimé les poches "docu historique" disséminées dans le livre ainsi que le cahier très documenté à la fin de l'album.

Il est important de mettre en avant des faits historiques comme ceux-ci, et en refermant l'album, un sentiment de révolte par rapport au sort de Abetz et la non reconnaissance des actes de Eisack.

Ma note : 8.5/10





L'avis de mon mari

Cette BD est l’adaptation de l’ouvrage de Didier Eisack publié en 2022. Didier est le petit-fils de Joachim Eisack, citoyen juif allemand qui a quitté l’Allemagne avec sa femme et ses 6 enfants en 1933 pour vivre en France. Il va être interné en 1939 comme ennemi de la France et va s’engager dans la Légion Etrangère pour ensuite entrer dans la résistance française en 1942.

Otto Abetz était un proche de Hitler et fut nommé comme ambassadeur allemand en France. Il met en place des lois spoliant les Juifs avec la collaboration de Vichy. En 1945, le sergent Joachim Eisack , appelé Ezac pour franciser son nom, va recevoir la mission de traquer Otto Abetz. Celui-ci s’est réfugié avec d’autres nazis dans la campagne allemande. Il va aussi cacher le ‘Trésor de Werwolf’, argent reçu de Ribbentrop, ministre des affaires étrangères du Reich, pour les groupes nazis en Forêt-Noire.

Joachim est donc à la recherche d’Abetz mais aussi de l’argent caché (66 millions de francs français de l’époque).

Une BD qui se lit rapidement comme un suspens mais qui surtout nous en apprend beaucoup sur ces personnes méconnues que furent Joachim Eisack et Otto Abetz. Car si l’on connait le nom des hauts dignitaires nazis, celui d’Abetz m’était personnellement inconnu. Des dessins en bleu gris et blanc, une construction des cases assez rapide, parfois trop; on a l’impression que des morceaux de l’histoire manquent.

Dans l’ensemble, une BD très enrichissante si l’on s’intéresse à la seconde guerre complétée par un dossier bien documenté en fin d’ouvrage.

8,5/10





samedi 4 avril 2026

Bilan de lecture de mars

 Bilan de lecture de mars






Retour sur le mois de mars, un livre manque sur la photo celui de Caroline Allan, c'était son café littéraire le 17 mars dernier.

Mars c'était aussi l'adaptation de son livre jeunesse co-écrit avec Alex Vizorek  "L'histoire du suppositoire qui rêvait d'échapper à sa destinée" en comédie musicale.

Une lecture musicale de la compagnie Albertine de "Haute-folie" d'Antoine Wauters ,  la rencontre de Salomé Saqué dans le cadre de "Women Wavre" et puis surtout la foire du livre de Bruxelles et la remise des trois jurys du Grand prix des bloggeurs.






Côté lectures, ce récit bouleversant de Myriam Spira qui nous parle d'un sujet peu abordé en littérature, le poids de la transmission, du transgénérationnel, du trauma de la Shoah. C'est lumineux, un texte magnifique !



Un album pour les plus petits 

Un roman graphique un peu dystopique,  des complexes, on en a tous !  On veut les gommer parfois, jusqu'où s'arrêter ?   Bienvenue dans "Le complexe" où le corps devient une marchandise et un terrain d'exploitation.  Glaçant.




J'ai relu ce chouette petit roman qui aborde la vieillesse autrement, dans le cadre de "Familles choisies"  thématique des Nuits d'encre 


Roman graphique à lire absolument, il fait le lien entre le Liban et Paris par le biais d'une correspondance dessinée.  


Discussions entre une mère et sa fille.  Un roman drôle et mordant interroge aussi le rapport au féminisme à tous les âges.




Une nouvelle plume,  Un petit roman, un conte que j'ai adoré !



Deux avis pour un graphique !


Une plume magnifique, un roman auquel on pense longtemps après l’avoir refermé.


Immersion dans un journal de bord d'une première année dans l'enseignement,  il se lit comme un roman.  Très intéressant. 



J'espère vous donner l'envie d'en découvrir.

Comme à chaque fois, mon article est accessible en cliquant sur la couverture après publication de l'article.

Cette rubrique est mise à jour chaque mois.

N'hésitez pas à commenter sur le blog ou sur les réseaux et à partager vos lectures. 

vendredi 3 avril 2026

Le meilleur moment de la journée - Eglantine Ceulemans

 Le meilleur moment de la journée  -  Eglantine Ceulemans




















Les arène jeunesse
Parution : 5 février 2026
Pages : 44
Isbn : 979-10-375-1524-7
Prix : 14.90 €
A partir de 3 ans


Présentation de l'éditeur


Dans chaque journée se cachent des bonheurs minuscules.

C’était quoi, toi, le meilleur moment de ta journée ?

Une question toute simple qui invite les enfants à revenir sur les bonheurs minuscules qui font les grands moments d’une journée.


Eglantine Ceulemans


Églantine Ceulemans est née en 1989. Diplômée de l’école Émile-Cohl (2007-2012), elle travaille dans l’animation et la publicité mais s’investit avant tout dans l’illustration jeunesse. Ses ouvrages sont publiés par de nombreuses maisons d’édition telles que Flammarion, Sarbacane, Bayard ou Little Urban.


Mon avis

Au moment de se coucher, c'est un petit rituel, papa demande toujours : quel a été le meilleur moment de ta journée? Un super moment pour refaire défiler les événements de la journée, que ce soit une petite chose futile, cocasse, qu'il s'agisse d'une bêtise, d'un fou rire, un moment chez le boulanger, en famille, avec des amis, c'est l'occasion de prendre conscience de ces petits moments de joie, d'insouciance.  Un petit rien peut devenir pour un enfant un moment inoubliable.

J'ai beaucoup aimé la multitude de détails dans les jolis dessins d'Eglantine. Le dessin est savoureux, coloré, expressif. 




De la même autrice j'ai lu


Cliquez sur la couverture pour avoir accès à l'article














mercredi 1 avril 2026

Je suis Romane Monnier - Delphine de Vigan ♥♥♥

 Je suis Romane Monnier  -   Delphine de Vigan  ♥♥♥




















Gallimard
La Blanche
Parution : 15/01/26
Pages : 336
ISBN : 9782073113252
Prix : 22 €


Présentation de l'éditeur

« Les gens ne comprennent pas. Ils pensent que j’exagère. Mais en fait, je cherche quelque chose qui a disparu. Quelque chose de pur, de limpide… qui n’existe plus. »

Qui est Romane Monnier ? D’elle, il ne reste qu’un téléphone portable. Des notes, des messages, des souvenirs, des enregistrements, autant de traces confiées à un inconnu, un samedi soir dans un bar.


« Avec ce portrait d’une femme mystérieusement disparue, Delphine de Vigan signe un roman extra-lucide sur l’époque et ultrasensible sur la jeunesse d’aujourd’hui. Le dispositif romanesque est aussi vertigineux qu’efficace. » Elle

« Par un habile jeu de miroirs, Delphine de Vigan cerne nos intimités. Elle s'interroge sur ce que l'époque fait de nous. » France Inter

« Delphine de Vigan construit un beau roman prenant et spéculatif, qui scrute et interroge nos vies à l'ère numérique. » Télérama

« Un roman porté par une écriture fluide, une construction originale et un héros très attachant, qu'on a du mal à lâcher. » Le Parisien

« L’un des plus beaux romans de Delphine de Vigan. Personnages attachants, composition virtuose, myriade de styles, enquête prenante, questionnements vertigineux. Le livre événement de la rentrée. » Paris Match

« Ce sont deux quêtes de vérité et de liberté que retrace ce roman mélancolique, doux et inquiet sur deux personnages en crise. » Le Monde des Livres

« Delphine De Vigan n’a pas son pareil pour raconter l’impact des dérives sociétales sur notre intimité. Si vous ouvrez Je suis Romane Monnier, vous ne le lâcherez pas. » La Tribune Dimanche

« Une œuvre contemporaine, fine et troublante, sur l'identité et le regard des autres. » Télé 7 Jours


Delphine de Vigan



Photo F. Mantovani © Éditions Gallimard
Delphine de Vigan est une romancière française née le 1er mars 1966 à Boulogne-Billancourt. S’étant mise à l’écriture sur le tard, elle connaît son premier grand succès en 2007 avec No et moi. Appréciée autant du public que des critiques, l’auteure n’a cessé de gagner en popularité depuis lors.
Des débuts discrets

Née en 1966 à Boulogne-Billancourt, Delphine de Vigan rêve depuis toujours de devenir écrivaine. Elle suit d’ailleurs une formation au CELSA (Centre d’études littéraires et scientifiques appliquées). Son désir d’écriture est toutefois mis de côté puisqu’elle entre sur le marché du travail en tant que directrice d’études dans un institut de sondage.

N’abandonnant pas son rêve, elle s’attelle à l’écriture au moins deux heures tous les soirs en rentrant du travail. En 2001, elle publie ainsi son premier roman, Jours sans faim, sous le pseudonyme Lou Delvig. Après ce récit autobiographique, elle poursuit sur sa lancée et prend confiance en sortant sous son vrai nom le recueil de nouvelles Les Jolis Garçons et le roman Un soir de décembre, en 2005.

Premier succès

Grâce au bouche-à-oreille, l’auteure parvient à toucher un public de plus en plus large, jusqu’à connaître son premier triomphe commercial avec No et moi . Un an plus tard, Delphine de Vigan est licenciée de son entreprise et se consacre enfin entièrement à sa passion.

Vivant désormais de sa plume, elle enchaîne les succès avec Les Heures souterraines en 2009 et Rien ne s’oppose à la nuit en 2011.C’est à cette époque qu’elle rencontre son compagnon actuel, l’animateur et critique littéraire français François Busnel. S’essayant brièvement à la réalisation de film en 2014 avec la comédie À coup sûr, elle fait son retour en force sur la scène littéraire en 2015 avec D’après une histoire vraie.
Entre fiction et réalité

Depuis ses débuts, Delphine de Vigan s’inspire des épisodes de sa vie privée pour imaginer ses romans. Après avoir abordé son anorexie dans Jours sans faim, elle se livre à cœur ouvert sur les tendances suicidaires et les troubles maniaco-dépressifs de sa mère dans Rien ne s‘oppose à la nuit. Elle va même jusqu’à semer le doute auprès de ses lecteurs avec D’après une histoire vraie, un thriller psychologique dans lequel une écrivaine à succès dénommée Delphine se retrouve tétanisée par la peur de la page blanche.

Les derniers livres de Delphine de Vigan :Rien ne s’oppose à la nuit (2011)
D’après une histoire vraie (2015)
Les Loyautés (2018)
Les Gratitudes (2019)
Les enfants sont rois (2021)
Les Figurants (2024)
Je suis Romane Monnier (2026)
Un succès récompensé

Si elle n’a pas encore obtenu le Goncourt, pour lequel elle a déjà été nominée deux fois, Delphine de Vigan s’est vu décerner plusieurs récompenses majeures depuis la publication de No et moi, pour lequel elle a reçu le Prix des libraires 2008 et le Prix du Rotary international 2009. Son roman le plus primé à ce jour reste Rien ne s’oppose à la nuit, couronné du Prix du roman Fnac, du Prix des Lectrices Elle, du Prix du roman France Télévision et du Prix Renaudot des lycéens. D’après une histoire vraie a quant à lui reçu le Prix Goncourt des lycéens et le Prix Renaudot. Zabou Breitman a ainsi adapté No et moi à l’écran en 2010, tandis que Roman Polanski a sorti la version cinématographique de D’après une histoire vraie en 2017.

Source : Fnac






Mon avis

Thomas a 47 ans, tout va bien pour lui, il n'est pas malheureux.  Léo sa fille vient de quitter la maison, il a son commerce de reproduction d'images, son pote Nathan qu'il retrouve chaque semaine au bistrot "La Malice" pour refaire le monde.  Il est comme nous tous, accro à son téléphone et le lendemain matin d'une soirée bien arrosée il est perdu lorsqu'il se rend compte que ce n'est pas le sien qu'il a avec lui mais sans doute celui de sa voisine de table d'hier. 

Un petit vent de panique le parcourt car que faire sans ce petit objet qui dirige un peu nos vies ? Il s'appelle et une jeune femme le rassure, elle le lui fera livrer ce jour, elle précise qu'il peut garder le sien, quasi neuf, qu'elle n'en a plus besoin.  

Quelle n'est pas sa surprise lorsqu'il se rend compte qu'en plus de son téléphone, il y a les codes d'accès de l'inconnue.

Thomas est intrigué, étant à un tournant de sa vie, il va avoir le temps et l'envie de comprendre qui est la jeune femme qui lui a laissé son portable, laissant derrière elle dans ce petit appareil, un pan entier de sa vie.  Il va peu à peu être obsédé par cette femme, Romane Monnier et explorer ce portable sous toutes ses coutures, dans toutes les apps, et peu à peu cela va faire écho à sa vie, à son vécu en activant ses propres doutes et souvenirs.

Une architecture littéraire très réfléchie qui va mettre en lumière ces deux vies en miroir, en se basant sur toutes les formes de langage, que ce soit l'écrit avec les textos, les conversations échangées ou encore le journal retrouvé, les audios, enregistrements ou messages vocaux (l'oralité) ou le visuel avec les milliers de photos ou encore les apps, les réseaux sociaux, il va reconstituer ce puzzle et comprendre qui est Romane et ce qui l'a poussée à disparaître.

Un récit qui questionne sur notre société, sur ce petit portable qui engrange tellement sur nos vies, sur les traces qu'on laisse lorsque l'on disparaît.  Sur le fait que cela ne s'arrête jamais sur les réseaux, que l'on voit tellement de choses transformées par l'IA qu'il sera bientôt difficile de faire la part du vrai et du faux.  Que nos téléphones et les algorithmes nous piègent, modifient nos comportements, nous rendent dépendants, tu scrolles et tu scrolles et tu vois un monde que tu n'as pas envie de voir, sans fin.

J'ai beaucoup aimé la nostalgie des souvenirs, d'avant la numérisation, la boîte à souvenirs de Thomas bien réelle mais quelle est la perception de nos souvenirs ?  N'adaptons-nous pas au fil du temps ce que la mémoire nous renvoie, n'embellissons-nous pas les choses car cela nous arrange?  Romane Monnier est à la recherche de vérité, ne supporte plus ce mensonge.  Mensonge qui parfois accompagne nos vies ne fusse que par omission mais dont le poids de la transmission rend les choses plus complexes.  Serait-ce là pour cette raison qu'elle a confié sa vie à Thomas pour que sa vérité éclate ?

Un très beau roman d'une très grand justesse et procure une belle émotion. 

Encore un coup de ♥


Les jolies phrases

Romane Monnier ne lui a pas seulement confié l'objet mais tout ce qu'il contient.

Il songe un instant à cette aliénation insensée qui s'est insinuée dans sa vie comme dans celle de la plupart des gens qu'il connaît, il suffit de regarder autour de soi : ces dizaines de visages penchés sur leurs écrans, dans le métro, dans la rue, qui ne se regardent plus, ne regardent plus le ciel, ne regardent plus leurs enfants, mais continuent d'avancer ainsi, tête baissée, aveugles au monde auquel ils se croient reliés.

Lui aussi, il avait connu le rêve et la désillusion.  Le vide laissé par l'absence et l'incompréhension. Ce vide qu'il faut apprivoiser et les questions auxquelles il faut renoncer. 

Cet objet de sept centimètres sur quinze, qui pèse moins de trois cents grammes, contient une vie. Il recèle le plus poétique et le plus prosaïque. Le plus exposé et le plus intime. Il abrite des confidences, des souvenirs, des déclarations. Des espoirs et des déceptions.

Quand quelqu'un met en mots ce qui nous occupe, ce qui nous habite, c'est parfois une douleur et un soulagement.

Dans le métro, tous ces visages penchés sur leur téléphone.
Leurs écrans caressés de droite à gauche ou de haut en bas.
La succession infinie des images : danses, guerres, maquillage, témoignages, enfants tués, amputés et shampoing sponsorisé.
Leurs conversations silencieuses, menées du bout des doigts, ou bruyantes, dans l’illusoire intimité des casques et des écouteurs.
Il paraît qu’avant, les gens lisaient des livres ou s’observaient. Je ne m’en souviens pas.
Parfois je fixe quelqu’un, longtemps, juste pour croiser un regard.


J’ai peur d’être vieille sans avoir été jeune.


Dans trente ans, que restera-t-il de nos likes, de nos avis, de nos indignations fugaces, de nos révoltes virtuelles, noyés dans la masse infinie des données numériques ?
Que restera-t-il de nous ?


Oui, bien sûr, j'ai peur pour l'eau, le climat, la planète, peur pour la paix et la démocratie. Je sais les menaces qui enflent, grondent, se rapprochent, et que pour certaines, le compte à rebours est lancé depuis bien longtemps.
Mais j'ai peur d'une menace encore plus grande, qui les englobe toutes, capable de les décupler tout en ayant le pouvoir de les rendre invisibles : j'ai peur que nous devions désormais douter de tout.


Nous sommes nostalgiques d'une vie qui n'a jamais été la nôtre ou si peu. La vie d'avant. Avant la numérisation du monde.

Mais cela veut dire aussi que votre vérité à vous, la manière dont ces faits vous ont touchée, s'élabore en plusieurs fois. Elle n'est pas figée, elle se construit, elle évolue au fil du temps. et la parole, votre parole, contribue à son élaboration.


Nommer c'est déjà une manière d'appréhender les choses.


C'est impressionnant, cette capacité que nous avons à nous transformer nous-mêmes et à transformer le réel.


Un algorithme est conçu pour une seule chose : maximiser ton engagement et ton activité. Tout ce qui nous choque, tout ce qui nous heurte, tout ce qui nous divise, est multiplié.


Non seulement, nous sommes addicts, mais nous sommes piégés. Nous avons besoin de nos téléphones pour tout.


Dans toutes les familles, il y a les souvenirs triomphants, et puis ceux qu'on préférerait oublier. Les premiers sont matière à récit, nourrissent le mythe et l'épopée, les seconds sont planqués derrière les premiers comme derrière une armoire normande. Il arrive qu'ils resurgissent, lorsque le meuble est déplacé.


Mais bientôt, nous ne rirons plus. Nous serons ensevelis sous un torrent d'images, d'histoires, d'informations, parmi lesquelles nous ne saurons plus distinguer la vérité du mensonge. Bientôt nous ne serons plus capables de savoir si une voix est humaine, si une photo est intacte ou a été modifiée, si l'image d'une vidéo est réelle ou a été générée à partir de rien.
Nous ne saurons plus reconnaître la mystification et encore moins la prouver. N'importe qui pourra dire ou brandir n'importe quoi, et nous n'aurons plus aucun moyen de vérifier. Nous ne saurons plus détecter le mensonge, car il ne laissera plus de traces.
Chacun campera sur son pré carré, s'enfermera dans son bunker, armé de ses preuves dont nul ne pourra vérifier la véracité.

Les gens qui ne posent pas de question.
Les gens qui en posent mais n'écoutent pas la réponse.
Les gens qui te posent plusieurs fois la même question jusqu'à obtenir la réponse qu'ils attendent.


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