vendredi 6 juin 2025

Le chant du prophète - Paul Lynch

 Le chant du prophète  -  Paul Lynch













Albin Michel
Parution : 02/01/2025
Traduit de l'anglais Irlande par Marina Boraso
Pages : 304
EAN : 9782226481481
Prix : 22.90 €

Présentation de l'éditeur



À Dublin, un soir de pluie, deux hommes frappent à la porte d’Eilish Stack. Membres d’une toute nouvelle police secrète – le GNSB –, ils demandent à s’entretenir avec son mari, enseignant et syndicaliste, mais celui-ci est absent. Larry se rend au commissariat dès le lendemain, puis disparaît dans des circonstances troublantes.

Tandis que le malaise s’installe peu à peu, Eilish voit son quotidien et celui de ses quatre enfants amputés d’une liberté qu’elle tenait pour acquise. Bientôt l’état d’urgence est déclaré, les rumeurs parlent de camps d’internement…

Prisonnière d’une logique cauchemardesque, jusqu’où devra aller Eilish pour protéger les siens ?


Récompensé par le Booker Prize, Le Chant du prophète saisit, dans un souffle d’une puissance implacable, le basculement progressif d’une société vers l’autoritarisme. Paul Lynch nous fait vivre cette expérience à travers un regard – celui d’une femme – qui nous renvoie à notre propre aveuglement.


Paul Lynch

Né en 1977 dans le Donegal, Paul Lynch est l’auteur de quatre précédents romans, publiés aux éditions Albin Michel : Un ciel rouge, le matin, finaliste du prix du Meilleur Livre étranger ; La Neige noire, lauréat du prix Libr’à Nous, Grace, élu Meilleur Roman de l’année en Irlande, et Au-delà de la mer, lauréat du prix Gens de mer. Il vit à Dublin. Son compte Instagram : @paullynchauthor

Source : Albin Michel





L'avis de mon mari

Dublin, Irlande de nos jours.

Eilish est mère de famille, quatre enfants et son époux Larry est enseignant et syndicaliste.

Un jour elle reçoit la visite de policiers d’une toute nouvelle police secrète demandant à Larry de se présenter à leur bureau .

Celui-ci s’y rendra….pour ne plus revenir.

L’impensable commence à se dérouler sous leurs yeux. L’Irlande devient un pays au pouvoir totalitaire, dictatorial. Tous les gens soupçonnés d’activités en opposition au pouvoir en place sont arrêtés, sans doute torturés, peut-être assassinés. Cela rappelle les années de dictature des années 70 et 80 dans les pays d’Amérique Latine.

Le combat d’Eilish va commencer pour retrouver son mari mais aussi pour protéger ses enfants et son père en proie à la maladie d’Alzheimer.

C’est à une véritable guerre civile que l’on assiste entre cette dictature et les forces rebelles.

Ce roman est un avertissement à l’heure où plusieurs pays européens tombent aux mains de partis d’extrême droite et au moment où les Etats-Unis subissent une certaine dictature de la part de leur président.

Le style est assez déconcertant. Aucun espace dans l’écriture comme si l’auteur ne voulait pas laisser le temps au lecteur de souffler. On ressent l’oppression que subit Eilish, cet étau qui se resserre sur elle et ses enfants. Une lecture en continu est difficile car justement on a besoin de respirer et de sortir de cette agression continue. A vous de vous faire votre opinion. En tout cas, ce livre ne laisse certainement pas indifférent par les temps qui courent.


Sa note : 8/10

mardi 3 juin 2025

Bilan de lecture de mai

 Bilan de lecture de mai





Un joli mois de mai, je pense n'avoir jamais lu autant que cette année. Faut dire que j'avais une semaine de vacances pour lire au soleil, ça aide. 6 graphiques ou bd, le reste en roman. Suis presque à jour dans mes chroniques. Cela me permettra de commencer à découvrir la rentrée littéraire tout en vous donnant des articles !

J'étais trop contente de retrouve la plume de mon compatriote Jérémie Claes et de retrouver Solane 

 
J'avais adoré le roman à sa parution, "L'orangeraie " est sorti en adaptation graphique et c'est très réussi.



Second volet pour cette série d'aventures, un couple digne d'un Indiana Jones


Grâce à Babelio et aux éditions Casterman , j'ai découvert cet album qui me faisait de l'œil 


Autre belle découverte, le sublime "Les oies cendrées" 


Sixtine Dano aborde le phénomène d' escort girl et sugar dady


C'est un livre qui fait du bien, un réel coup de cœur, très grand plaisir de lecture, un auteur allemand qui nous propose d'arrêter de courir et de s'ouvrir aux autres.


Sujet difficile, celui de l'inceste mais quel plume les amis !  Deux visions, celle du père débordant d'amour et celle de sa fille;  A découvrir absolument !




Beaucoup apprécié ce petit livre qui traite du burn-out, un livre qui fait du bien, qui peut aider à comprendre ou à se relever, indispensable 





Claire Berest a suivi le procès de Mazan durant deux semaines, elle a éprouvé le besoin d'écrire à bonne distance, d'essayer de comprendre la nature humaine. 

Un premier roman féministe, noir rempli d'humour que j'avais envie de découvrir depuis longtemps.  Un bon moment garanti !



Le cancer et sa fin inéluctable, un sujet plus compliqué mais cette plume magnifique est positive, c'est touchant, émouvant, tellement juste et lumineux.


Armael Job nous emmène ailleurs cette fois, toujours en Belgique, région de Spa, Stavelot, durant la première guerre mondiale, une mère en quête de justice, une belle saga familiale.


Faire une place au frère disparu mort dans la solitude, sous forme de 188 clichés, moments de vie, un récit fort et émouvant. 

Un premier roman vu à la hauteur des yeux d'un enfant, des non-dits, le pouvoir des mots !


Changement de genre, au siècle dernier à la découverte du Familistère


Que diriez-vous d'un petit tour en bord de mer, une villa à Chausey reçue en héritage à condition de découvrir certains secrets, les liens qui mènent à elle.  Passionnant.



La vie est souvent faite de belles rencontres, Mélodie Ducœur en est, un récit traitant du deuil et du harcèlement à la portée des ados.




Un peu de poésie pour changer et j'ai bien aimé ☺




J'ai terminé mai en force, quelle plume les amis ! Incroyable, Salvatore Minni nous emmène dans la tête de ses personnages, une victime et un pervers narcissique



Belles lectures !  Bel été ! 

samedi 31 mai 2025

Les dimanches d'Angèle - Linda Vanden Bemden

 Les dimanches d'Angèle  -  Linda Vanden Bemden




















Quadrature
Miniatures
Parution : 2020
Pages : 86
Isbn : 9782931080009
Prix : 10 €

Présentation de l'éditeur

Grand-maman est entrée en maison de repos un 2 janvier. Elle y est décédée 5 ans plus tard. Il y eut donc 5 fois 52 semaines de lessives, de visites, de bisous, de sourires. Mais aussi une semaine et demie de dentier perdu, 17 jours de lunettes égarées, 14 jours d’hospitalisation, 5 anniversaires, 8,7 litres de liquides renversés, 4 Noëls et demi, 3650 tartines, principalement à la confiture. Ses angoisses. Mes réponses. Mes angoisses. Sans réponse. Et l’odeur de pisse, évidemment.


Mon avis

Angèle, c'était la grand-mère aimée.  Lorsque du jour au lendemain, tout dérape, impossible de faire autrement que de conduire Angèle dans un endroit où l'on prendra soin d'elle.  

Un moment de déchirement pour sa petite-fille qui lui rendra visite tous les dimanches pendant 5 ans.  
Chaque fois qu'elle rentrait chez elle, elle écrivait un texte court relatant sa visite. 

Ce recueil est né d'une sélection de ces tranches de vie, comme des photos, des instantanés en souvenir.  Un bel hommage à Angèle, la princesse de son cœur, la grand-mère qui retrouvait sa vivacité d'esprit lorsque ces arrières petits-enfants lui rendaient visite.  

Linda nous décrit la vie mais aussi la mort présente dans cette maison de vie et de soins comme elle aime utiliser le terme car bon sang, c'est vrai que la vie continue et réserve parfois des situations drôles et cocasses.  Lorsqu'elles sont plus tristes, c'est toujours avec le sourire et optimiste que Linda nous les décrit. 

A chaque fois, un titre, une situation, une réflexion.  

"à l'essentiel" démontre qu'on est peu de choses et emporte peu avec soi de sa vie, tout tient dans une armoire.

C'est savoureux, tout en tendresse, avec un brin d'humour mais aussi une vision d'une triste réalité, la mort n'est pas loin, la vieillesse, une étape obligatoire pas toujours très drôle.  Ces micro-récits ne sont jamais tristes, la plume se veut positive.  Elle est franche, sincère et surtout remplie d'amour.

Un petit livre à lire à et relire.

Un petit régal, un petit bijou !


Quelques jolies phrases


Voilà Angèle installée dans sa chambre double à la maison de vie et de soins.

Presque toute sa vie tient dans une garde-robe : penderie à gauche, étagères à droite, valise sur le toit. Et dans deux petits meubles : l’un à couture, l’autre à tiroirs.

Une leçon d’essentiel, à l’ombre de nos encombrements.


- J’ai trouvé grand-maman radieuse comme un premier jour de printemps ce dimanche ! Elle souriait, elle était en pleine forme. Ça lui fait un bien fou ce soleil, confiais je à ma fille en revenant d’une visite à la maison de vie et de soins.
- Ou alors elle a un mec.




Deux amoureux assis dans leur chaise roulante se bécotent avec difficulté. S'ils se penchent trop, ils tombent. S'ils ne se penchent pas, ils ratent une tranche d'amour pur.


Ce dimanche, Gisèle, nonante-sept ans, pleure. On enterre sa fille de septante-cinq ans, si jeune encore.



Dimanche, à la maison de vie et de soins comme ailleurs, c’est mi-octobre.
- Tu as fait quoi aujourd’hui grand-maman ?
- J’ai regardé par la fenêtre et l’arbre que je connais a changé de couleur.
Cabrel peut aller se rhabiller !


- Bonne nuit.
- Bonne nuit !
- Bonne nuit madame.
- Bonne nuit à vous aussi, oui.
- Bonne nuit…
À la maison de vie et de soins, il est dix-huit heures trente sept.


Aujourd’hui, si vous dites « stoemp » à un ado du coin, il vous indique le chemin pour arriver au magasin de skateboards et de fringues de la cité universitaire.
Angèle, elle, pense tout simplement à une purée de pommes de terre et de légumes. Et le « stoemp », dans les maisons de repos, ils connaissent !
Septante-huit ans de différences d’âge, ce n’est plus un fossé générationnel, c’est un abysse !


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jeudi 29 mai 2025

Qui veut m'essuyer ? - Arnold Hovart

 Qui veut m'essuyer ?  -  Arnold Hovart






















Les arènes
Parution : 7 mai 25
Pages : 48
Isbn : 1037513932
Prix : 15 €
Lectorat : à partir de 3 ans

Présentation de l'éditeur

Les monstres font-ils toujours peur aux enfants ?
Non, parfois ce sont les enfants les pires cauchemars des monstres !


Arnold Hovart

Arnold Hovart est né à Lille en 1971. À 18 ans, il prend la direction de l’institut Saint-Luc à Bruxelles et devient directeur artistique. Suite à la naissance de ses fils, il décide d’écrire et d’illustrer des histoires pour enfants. Il a déjà participé à 9 livres jeunesse, principalement en néerlandais. Ses publications proviennent avant tout de rencontres avec d’autres autrices et auteurs… autour d’une bière.


Mon avis

La couverture en dit long, Lewis est sur le "trône" bien trop grand pour lui,  il crie !!!  Il a terminé, qui veut bien l'essuyer ?  Une façon originale d'aborder la propreté avec les petits mais aussi les peurs à affronter car notre petit bambin s'en va un gros rouleau de papier à la main à la recherche d'aide !

Ce qui est original, au cours de son périple dans la maison où il ne trouve personne, c'est que l'on va croiser des personnages de contes et d'autres personnages du monde de l'enfance de ceux qui peuvent inspirer la peur d'une façon ou d'une autre.

On traverse avec lui la chambre de Gretel, on va croiser Batman, une momie mais aussi les trois petits cochons, la sorcière de Blanche Neige, l'ogre et ses bottes de 7 lieues, l'homme invisible... 

Un rêve ? Une manière de combattre ses peurs.  

Le graphisme est magnifique, j'ai pris plaisir à lire cet album destiné à partir de trois ans, il permet à la lecture de revisiter différents mondes imaginaires et d'être le point de départ d'autres découvertes.


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mercredi 28 mai 2025

Commandant Solane - Jérémie Claes

Commandant Solane   -  Jérémie Claes



















Héloïse d'ormesson
Parution : 06/02/2025
Pages : 304
Isbn : 97823508799918
Prix : 22 €

Présentation de l'éditeur

Sur la plage de Cannes-La Bocca, des corps s’échouent sous les yeux effarés des vacanciers. Quarante-deux au total, dans un état effroyable: carbonisés et mutilés. Pourquoi ont-ils été si sauvagement exécutés ? Révolté par ce drame que l’on cherche à étouffer, Solane, flic à la retraite, reprend du service et se lance dans une enquête explosive. Il pourra compter sur Jasmine, activiste pour les droits des réfugiés, et Moussa, seul survivant du massacre. Mais dans ce département gangréné par le Rassemblement Patriotique, parviendront-ils à déjouer les sombres desseins d’une milice qui mène
une croisade terrifiante ?

Thriller percutant et humaniste, Commandant Solane dénonce l’inaction politique face à la tragédie des migrants et la montée des groupuscules nationalistes. Malgré le piège implacable qui se referme, Jérémie Claes nous offre aussi des parenthèses savoureuses où l’humour et la dérision se révèlent des armes redoutables. 

Jérémie Claes


Né en 1975, Jérémie Claes est caviste et chroniqueur à la télévision belge. Il vit entre Bruxelles et Namur, et retourne régulièrement en Provence, à Forcalquier et à Gourdon, le village de sa grand-mère. L’Horloger est son premier roman.



©Philippe Matsas / Leextra / éditions Héloïse d'Ormesson

Mon avis

Le commandant Solane est de retour, un personnage marquant dans l'excellentissime "L'horloger" de Jérémie Claes, qui nous revient avec ce second roman.  Pas d'inquiétude si vous n'avez pas lu le premier, pour vous glisser dans cette histoire.


Solane est à la retraite, tout comme son ancien patron et ami, Le busard alias Victor Daumergue, ils se voient souvent ces deux-là, habitant dans le sud de la France pour partager de bons repas autour de bonnes bouteilles.. mais ce jour là sur la plage de la Boca, c'est la stupéfaction, l'horreur...

42 corps calcinés de migrants échouent sur la plage.  Les cadavres ont tous été brûlés, c'est étrange, anormal, et il semble que les autorités veulent étouffer l'affaire, Solane est intrigué, outré, pas possible que le monde ait perdu toute humanité, il faut agir, il va enquêter pour comprendre ce qui est arrivé à ces migrants.

Il va rencontrer Jasmine Rivière, une militante, engagée dans la défense et l'aide aux migrants.  Nous sommes près de Vintimille, la frontière italienne, un passage pour ceux qui rêvent de la France.  En se promenant dans la montagne, Jasmine va découvrir un corps mutilé, mais aussi un adolescent de 16 ans, un survivant qui dit avoir rencontré le diable !

Nous sommes dans le Sud, une région où règne la jeune députée Anaïs Prigent, la nièce de la patronne du rassemblement Patriotique (cette ressemblance ne semble pas du tout fortuite, vous me suivez ?)  a pris le pouvoir et rêve de bien plus.  Une patrouille identitaire patrouille dans la région, des faits graves déstabilisent la région (attentat homophobe, explosion ...) 

C'est un thriller politique magnifiquement documenté. La fiction n'est qu'à un cheveu de la réalité, le récit fait prendre conscience du parcours des migrants, de la dureté de leur réalité et du laxisme de la société et des risques encourus pas les personnes les aidant faisant preuve d'humanité.  Il nous parle également de la domination politique et de l'influence croissante de l'extrême droite, de l'inertie ou de la brutalité des forces de l'ordre.  Je vous rassure, Jérémie Claes y ajoute des touches d'humour savoureuse. 

L'écriture est très cinématographique, visuelle et gourmande (on mange, on boit, je dirais plutôt on savoure, on déguste).  La construction est dynamique comme l'écriture, le suspense nous tient, ne nous lâche pas, il y a de l'action, beaucoup d'action et des personnages attachants.  

Un deuxième roman très réussi.

Ma note : 9/10


Les jolies phrases



Des cadavres, au long de sa carrière, il en a vu un paquet et, comme tous les flics, il s'est insensibilisé ; c'est l'instinct de préservation commun aux métiers de violence. Mais-là, ce ne sont pas que des corps, ils ont une signification : l'humanité se barre en couille. Si on laisse crever ces malheureux sans plus s'émouvoir, c'est qu'on est foutus, qu'il ne reste rien de l'espoir en l'Homme. Solane est un humaniste. S'il aimait les grands mots, c'est dans celui-là qu'il se reconnaîtrait.


Tu te laisses submerger, mon vieux.  Le monde est pourri depuis longtemps, et ton boulot, c'est de faire comme si. Comme si tu y pouvais quelque chose.  

...c'est la solidarité qui la porte et un monde sans elle lui est inconcevable. 

Plus rien ne la surprend et, si les questions des journalistes se font trop inquisitrices, pas de problème : depuis Trump, la vérité est bien ce que l'ont veut en dire.  Les faits n'ont d'autre importance que celle que l'on veut bien leur accorder, et l'important est de rester la narratrice de sa propre histoire. 

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