jeudi 4 octobre 2018

Bilan de septembre

Bilan lecture de septembre

Mois de la rentrée.  Littéraire et scolaire.  Retour à un autre rythme...

C'était aussi le mois de la préparation pour l'émission Livrés à Domicile, l'enregistrement a eu lieu le 26 septembre.  La diffusion aura lieu sur la Trois (chaîne belge) le 9 octobre prochain à 21h05.  A cette occasion j'ai lu mon compatriote Antoine Wauters "Pense aux pierres sous tes pas" et relu le très beau "Moi, Marthe et les autres".  Relecture d'un classique, mon préféré "L'étranger" de Camus.

Elle est suisse et chaque année nous revient à la rentrée littéraire, il s'agit de Anne-Frédérique Rochat.






La très belle série "La guerre des Lulus" n'est pas vraiment terminé, il y a des bonus...  Changement de dessinateur , je suis toujours aussi fan.




Retour à la rentrée.  Une rapide rencontre à l'Intime festival fin août et la découverte d'une très jolie plume, les mères solos, pas simple.



Une claque, une fois de plus par la plume de Pascal Manoukian.  Le monde ouvrier, les conséquences des fermetures d'usines.  A lire absolument.



Beaucoup de tendresse dans cet album de Zidrou, vieillir et aimer , compatible ?




Découvert par le Prix Première en 2014, un auteur de chez nos à découvrir de toute urgence.  Une plume et une écriture superbes.


On a de la chance, il publie deux livres cette rentrée.  Une fable post-apocalyptique passionnante !



Relecture d'une plume que j'adore, intemporelle.


Une façon bien originale de découvrir le Japon ♥



Et c'est rare mais un abandon, un genre qui n'est pas le mien,  chick-lit et intelligence artificielle.





dimanche 30 septembre 2018

Le paradoxe d'Anderson - Pascal Manoukian ♥♥♥♥♥

Le paradoxe d'Anderson     -   Pascal Manoukian



Seuil
Cadre Rouge
Parution : 16/08/2018
Pages : 304
EAN 9782021402438
Prix : 19 €

Présentation de l'éditeur


Plus rien n’est acquis. Plus rien ne protège. Pas même les diplômes.

À 17 ans, Léa ne s’en doute pas encore. À 42 ans, ses parents vont le découvrir. La famille habite dans le nord de l’Oise, où la crise malmène le monde ouvrier. Aline, la mère, travaille dans une fabrique de textile, Christophe, le père, dans une manufacture de bouteilles. Cette année-là, en septembre, coup de tonnerre, les deux usines qui les emploient délocalisent. Ironie du sort, leur fille se prépare à passer le bac, section « économique et social ». Pour protéger Léa et son petit frère, Aline et Christophe vont redoubler d’imagination et faire semblant de vivre comme avant, tout en révisant avec Léa ce qui a fait la grandeur du monde ouvrier et ce qui aujourd’hui le détruit. Comme le paradoxe d’Anderson, par exemple. « C’est quoi, le paradoxe d’Anderson ? » demande Aline. Léa hésite. « Quelque chose qui ne va pas te plaire », prévient-elle. Léon, dit Staline, le grand-père communiste, les avait pourtant alertés : « Les usines ne poussent qu’une fois et n’engraissent que ceux qui les possèdent.»

L'auteur nous en parle




Mon avis


C'est un roman social que nous propose Pascal Manoukian en cette rentrée littéraire.

Direction L'oise, Essaimcourt.

Une famille unie, Christophe et Aline, la quarantaine, deux enfants; Léa 17 ans qui prépare son bac socio-économique, Mathis atteint d'une étrange maladie ( il est fragile et a besoin de soins).

Ils ont acheté à crédit une petite maison. Ils vivent modestement en construisant une belle unité familiale.

Christophe travaille comme contremaître chez Univerre, usine construite sur les anciennes terres agricoles de son enfance - vendues par son père à l'époque pour joindre les deux bouts.

Aline dont tout le village se souvient de Staline - le surnom de son grand-père Léon - est ouvrière dans une usine de textile.

Ils sont heureux mais leur bonheur est précaire. Un rien peut tout faire basculer comme à d'autres, leurs voisins par exemple qui licenciés par sms avaient dû vendre leur maison pour une bouchée de pain.

Léa révise activement pour décrocher son bac. C'est vers elle qu'ils portent tous leurs espoirs, un diplôme pour sortir de cette spirale, lui permettre d'accéder à une autre vie.

Un matin en arrivant au travail chez Wooly, les machines les plus modernes, les plus performantes ont disparu, dont celle d'Aline qui se retrouve sur le carreau. Quelques semaines plus tard, chez Univerre rien ne va plus, on parle de délocalisation et une grève sera entamée. C'est un tsunami social pour Aline et Christophe qui veulent à tout prix faire comme si de rien n'était pour protéger les enfants et permettre à Aline de vivre l'année de son bac sans soucis.

Le décor est planté. Quelle claque !

Une fois encore, Pascal Manoukian me touche, il me bouleverse car quelle empathie dans son écriture. Il trouve les mots justes et nous fait ressentir ce que de nombreux travailleurs vivent ou ont vécus suite à une délocalisation ou fermeture d'entreprise. Comment en quelques regards, la caissière du supermarché peut décrypter qui a reçu sa prime de licenciement par exemple.

Il nous parle du monde ouvrier, de sa précarité, de mondialisation, de délocalisation, de déclassement et fractures sociales. Des dérives du capitalisme, du fossé énorme entre les deux classes sociales, patron et ouvrier. De la course au profit et du prix à payer.

L'écriture est fluide, aiguisée, puissante, juste, acérée. Les mots sont bien choisis, une petite pointe d'humour noir voire de cynisme nous délivre la détresse du monde ouvrier. C'est réaliste, noir, poignant.

On suit un peu comme un journal, mois après mois, la vie de cette famille qui s'enlise peu à peu et essaie de trouver des solutions pour éviter le déclassement social.

Un livre à lire de toute urgence.



Ma note : coup de ♥


Les jolies phrases


Essaimcourt a la beauté de ces arbres presque morts, chaque feuille est un miracle et vient apporter sa tache de vie là où celle-ci a presque disparu.

La terre reste mais les usines partent.

Vous la connaissez cette terre, bon sang ! Vous l'avez travaillée durement. Elle est belle, grasse, généreuse. Ils vont lui arracher les entrailles, la castrer, la rendre stérile, la bétonner. Elle vous a toujours nourris. Les usines, elles, ne poussent qu'une fois et n'engraissent que ceux qui les possèdent.

L'innovation inventait perpétuellement de nouveaux emplois qui en s'imposant, détruisaient les anciens, à terme, le solde entre postes créés et postes supprimés devait devenir positif.

C'est comme ça, à peine fini d'élever ses enfants, il faut déjà s'occuper des parents.

Aline vient de comprendre la mondialisation : c'est lorsque son travail disparaît dans un pays dont on ne connaît rien.

Plus les parents ont peur du déclassement, plus ils poussent leurs enfants à entreprendre des études, mais plus les enfants accumulent les diplômes, moins ils trouvent du travail correspondant à leur niveau.

Vivre sans usines, c'est vivre sans poumons. C'est par là qu'un pays respire, les gars. Sans elles, il s'essouffle, contraint d'être en permanence sous assistance. La désindustralisation, c'est le cancer.

La mémoire est comme un buvard entre deux pages de cahier, elle ne garde que des traces. Des mots sans importance, des moments de rien.

C'est la faiblesse des pauvres et des petits de s'accrocher à l'existence, si médiocre soit-elle. S'il suffisait d'abandonner pour se libérer des souffrances, il n'y aurait pas autant de misère.

Les donneurs d'ordre ne savent même pas qu'ils existent. Ils suppriment des postes, en rajoutent, en transfèrent, en fusionnent, derrière leurs écrans, les yeux rivés sur le SIG, le REX, e EBE, le EBIT. Ce sont les seuls noms qu'ils prononcent dans leur espéranto boursier, les autres n'existent pas, Sandra, Magali, Christophe et Cindy ne rentrent pas dans leurs tableaux Excel, ou alors en soustraction.

Depuis, comme un cyclone, le chômage a déforesté sa vie, plus un de ses arbres ne tient debout, on dirait les montagnes pelées d'Haïti, rien pour arrêter l'érosion, personne, un Sahel affectif.

Du même auteur j'ai lu


Mon avis en cliquant sur la couverture


Résultat de recherche d'images pour "ce que tient ta main droite t'appartient"




samedi 29 septembre 2018

Ils ont rejoint mon Himalaya à lire

Ils ont rejoint mon Himalaya à lire.....

Rentrée littéraire, nouveaux partenariats, voici ceux qui ont rejoint ma PAL.  Pas d'achat et pourtant il y en a quelques uns qui me tentent vraiment, comme Adeline Dieudonné, Jean Bofane, Yasmina Khadra, Serge Joncour, Laurent Seksik entre autres ...... il me faudrait vraiment une deuxième ou troisième vie parallèle..

Voici les petits derniers.




En lecture dans le cadre de Masse Critique en collaboration avec Babelio et Albin Michel

L'intelligence du bonheur         P.Z. Reizin

Résultat de recherche d'images pour "l'intelligence du bonheur"

Albin Michel
Traducteur Sabine Porte
Parution : 26 septembre 2018
Pages : 510
EAN13 : 9782226393159
Prix : 22.90 €

Présentation de l'éditeur

Depuis que Jen s’est fait plaquer par Matt, son (ex) petit-ami, elle passe ses soirées à siroter du Pinot gris dans sa baignoire en écoutant en boucle Lana del Rey. Pour la sortir de sa torpeur sentimentale, Aiden, qui travaille avec elle dans un labo de programmation informatique londonien, s’est juré de lui trouver la perle rare, ou du moins un homme qui la rendrait heureuse… Pari gagné ! Tom, fraîchement divorcé, est en quête d’une nouvelle vie. Même s’il vient de quitter l’Angleterre pour le Connecticut et une carrière d’écrivain, il est fait pour Jen comme elle est faite pour lui !

Mais comment connecter ces deux âmes esseulées ? Aiden a son idée… Sauf qu’Aiden n’est pas un collègue comme les autres, pas plus qu’il n’est l’ami de Tom. Aiden n’est pas un humain. C’est une IA : une intelligence artificielle...

Les algorithmes sont-ils capables de résoudre l’équation de la rencontre amoureuse ? C’est là toute la question de cette délicieuse comédie shakespearienne à l’ère du numérique, drôle et intelligente.


Les matchs de la rentrée Rakuten sont de retour #MDLR2018 , merci à Rakuten , c'est Maylis de Kerangal que je vais découvrir

Un monde à portée de main    -   Maylis de Kerangal


Gallimard - Verticales
Parution le 16/08/2018
Pages : 288
ISBN : 9782072790522
Prix : 20 €

Présentation de l'éditeur


«Paula s’avance lentement vers les plaques de marbre, pose sa paume à plat sur la paroi, mais au lieu du froid glacial de la pierre, c’est le grain de la peinture qu’elle éprouve. Elle s’approche tout près, regarde : c’est bien une image. Étonnée, elle se tourne vers les boiseries et recommence, recule puis avance, touche, comme si elle jouait à faire disparaître puis à faire revenir l’illusion initiale, progresse le long du mur, de plus en plus troublée tandis qu’elle passe les colonnes de pierre, les arches sculptées, les chapiteaux et les moulures, les stucs, atteint la fenêtre, prête à se pencher au-dehors, certaine qu’un autre monde se tient là, juste derrière, à portée de main, et partout son tâtonnement lui renvoie de la peinture. Une fois parvenue devant la mésange arrêtée sur sa branche, elle s’immobilise, allonge le bras dans l’aube rose, glisse ses doigts entre les plumes de l’oiseau, et tend l’oreille dans le feuillage.»


Merci aux éditions Academia L'harmattan pour cet envoi


Les chroniques du champêtre - Christophe Kauffman

Academia - L'Harmattan
Livres libres
Parution : le 21 septembre 2018
Pages : 192
EAN : 9782806104182
Prix : 20 €

Présentation de l'éditeur

Il y a cent ans, Charles Loesenborgh était garde-champêtre à Soumagne, petit village, posé à l'ombre des bocages. Les temps étaient difficiles, la Grande Guerre durait plus longtemps qu'on ne le pensait. C'est ce quotidien que Charles nous raconte au fil de Chroniques qu'il adresse à son petit-fils. Il y raconte ses amis, Hyacinthe, Fine, l'instituteur, le curé... évoque l'Occupation, le courage, la peur, la faim aussi. Quelques larmes sans doute, mais pas mal de rires également. Il y met son coeur, sa vie. Une vie quotidienne entre 1914 et 1918.

Auteur de plusieurs romans d'anticipations, polars, pièces de théâtre et nouvelles, Christophe Kauffman n'a de cesse de pousser sa littérature dans tous les retranchements. Il considère qu'il est urgent de rendre à la population les mots que les puissants lui dérobent en permanence, ce qu'il tente de faire en tant qu'enseignant, que coordinateur de projets d'intelligence collective et qu'auteur.


Autre réception de la part des éditions La Trace

Simple d'esprit  (Le fada de Bouseyias) -    Jean-Claude Lefebvre



Editions La Trace
Parution : 01/05/2018
Pages : 154
ISBN 9791097515072
Pages : 18 €

Présentation de l'éditeur


Le simple d'esprit avec son sourire figé "TOUJOURS COUNTEN", nous qui le croisons, que savons-nous de lui ? Il nous raconte ses joies, ses peines et ses angoisses, ses amours, ses douleurs dans une époque et un environnement rudes.

Son monde n'est pas tout à fait le nôtre, mais le notre est-il si différent du sien ?

Un premier roman aux Editions Luce Wilquin, elle est montoise, j'ai envie de découvrir 

Le tiers sauvage    d' Alienor Debrocq

Résultat de recherche d'images pour "le tiers sauvage"

Editions Luce Wilquin
Sméraldine
Parution : 13 septembre 2018
Pages : 320
Isbn : 9782882535528
Prix : 21 €

Présentation de l'éditeur


Pour Clara Clossant, trente ans, née le jour de la catastrophe de Tchernobyl, la vie est trouée de toutes parts. Croyant fermement au pouvoir des histoires, elle est persuadée que si l’on tombe dans le bon trou, celui de la fiction, il se peut qu’on ait une seconde chance, qu’on puisse battre les cartes une nouvelle fois. C’est ce qui lui arrive lorsqu’elle croise la route de Marcus Klein, auteur à succès récemment débarqué de Paris à Bruxelles. Agacée par sa popularité, elle décide de mener son enquête pour en faire un roman. Mais les livres qu’on imagine sont rarement ceux que l’on écrit et, bientôt, l’intrigue se déforme sous ses yeux sans qu’elle puisse contrôler ce qui se glisse dans les inter­stices entre le réel et la fiction.

Née à Mons (Belgique) en 1983, docteure en Art et Histoire, Aliénor Debrocq vit à Bruxelles où elle est journaliste, professeure de littérature et maman de deux petites filles. L’écriture de fiction donne sens à sa vie dès l’adolescence. Depuis 2013, elle a bénéficié de plusieurs bourses et résidences, publié deux recueils de nouvelles aux Éditions Quadrature et reçu le Prix Franz De Wever 2017 de l’Académie royale de langue et littérature françaises de Belgique.

Merci Sarah de me faire découvrir en collaboration avec Julliard 

Sujet inconnu  -    Loulou Robert

Résultat de recherche d'images pour "sujet inconnu loulou robert"

Julliard
Parution : le 16 août 2018
Pages : 252
Isbn : 9782260032465
Prix : 19 €

Présentation de l'éditeur

J’avais huit ans quand j’ai su que je ne finirais pas mes jours ici. Qu’ici je ne deviendrais personne. Qu’ici je n’aimerais personne. Qu’ici, rien. Je ne ressentirais rien.
J’avais huit ans et j’ai décidé de partir un jour. J’ai choisi de ressentir. J’ai choisi de souffrir. À partir de là, je suis condamnée à cette histoire.

Sujet inconnu, c’est, dans un style brut et très contemporain, l’histoire d’un amour qui tourne mal. Entre jeux de jambes et jeux de mains, l’héroïne de ce roman boxe, court, tombe, se relève, danse, au rythme syncopé de phrases lapidaires et d’onomatopées. Plus la violence gagne le récit, plus on est pris par cette pulsation qui s’accélère au fil des pages. Un roman écrit d’une seule traite, d’un seul souffle, dans l’urgence de gagner le combat, dans l’urgence de vivre, tout simplement.

et pour terminer une parution chez Laffont

Bon à rien        Natalie David-Weill

Bon à rien

Robbert Laffont
Parution le 20 septembre 2018
Pages : 320
EAN : 9782221195758
Prix : 20 €

Présentation de l'éditeur

C’est la rentrée dans cette famille parisienne sans histoires. Après un été boosté aux « cahiers de vacances », Félix, le petit dernier, entre en 6e dans un nouveau collège, et c’est tout l’équilibre familial qui peu à peu va se lézarder. Car Félix, pas rebelle pour un sou mais hermétique à tout progrès, est très très mauvais élève. Cela insupporte Grégoire, le père, pour qui l’excellence scolaire est une évidence qui ne se discute pas. Cela plonge Charlotte, la mère, dans des abîmes d’anxiété aussi usants pour elle que pour les siens. Et cela horripile Louise, la soeur aînée, brillante lycéenne de terminale, furieuse que leurs parents pourrissent ainsi leur existence. Avant même le début du deuxième trimestre, chaque membre de la famille est au bord de la crise de nerfs, et dans cette cacophonie où personne n’arrive plus à se parler, c’est presque Félix, paradoxalement, qui semble le plus zen…


Rythmé par les trois trimestres de l’année scolaire, Bon à rien explore avec une auto dérision salvatrice un sujet source d’insomnies et de zizanie pour de nombreux parents : l’angoisse de voir sa progéniture échouer à l’école et tous les excès auxquels cette angoisse mène. On s’y croirait !

vendredi 28 septembre 2018

Charlotte impératrice - Nury / Bonhomme


Charlotte impératrice

1. La princesse et l'archiduc

Nury- Bonhomme



Dargaud
Parution : 24/08/18
Scénariste : Fabien NURY
Dessinateur : Mathieu Bonhomme
Couleur : Isabelle Merlet
Pages : 72
ISBN / 9782205077834
PRIX / 16.95 €

Présentation de l'éditeur



Élevée par son père Léopold 1erer, Charlotte de Belgique est destinée à faire un glorieux mariage. Pour la jeune femme, le choix s'arrête sur l'archiduc Maximilien d'Autriche, frère cadet de l'empereur François Joseph. Un mariage somptueux vient sceller leur union, qui, disons-le tout de suite, ne sera pas heureuse. Le jeune couple est dépassé par les rivalités dont ils sont le jeu, entre les terribles Habsbourg et le calculateur empereur Napoléon III. Et Maximilien se révèle un homme décevant, à tous points de vue. C'est en faisant face à l'adversité que Charlotte aura finalement l'occasion de quitter les voies d'un chemin tout tracé...





Mon avis

Merci à Babelio et aux éditions Dargaud pour ce beau cadeau.
Voici l'histoire de la fille du roi Léopold 1er de Belgique, née Princesse, un destin tragique.
Charlotte n'a que dix ans au décès de sa mère.  Destinée au futur roi du Portugal, son père lui laissera écouter son coeur et unir son destin à Maximilien de Habsbourg , le frère de l'empereur François Joseph II d'Autriche.

Dans ce premier album nous suivrons son destin jusqu'à l'arrivée au Mexique comme impératrice.

Une sacrée nana que Charlotte, elle sait ce qu'elle veut, pas toujours heureuse avec son Maximilien de mari souvent sans coeur.  Elle est vraiment déterminée.  Un joli premier tome aux couleurs chatoyantes.

Une bd de la rentrée où l'on apprend un peu d'Histoire en s'amusant.  C'est très bien réalisé.  J'ai passé un super moment.

Ma note : 9/10

Une jolie phrase


C'est normal; c'est un cadet, comme moi.  Les aînés ont le pouvoir, les cadets ont de l'humour.





dimanche 23 septembre 2018

Pense aux pierres sous tes pas - Antoine Wauters

Pense aux pierres sous tes pas     -   Antoine Wauters

Résultat de recherche d'images pour "pense aux pierres sous tes pas"

Verdier
Collection Jaune
Parution : le 23 oût 2018
Pages : 192
Isbn : 978-2-86432-987-9
Prix : 15 €

Présentation de l'éditeur


Dans un pays dont on ignore le nom, où se succèdent des dictateurs qui tentent de le moderniser, une sœur et son frère jumeau vivent à la ferme de leurs parents, au milieu des plaines.


Marcio travaille aux champs avec le père, un homme violent, tandis que Léonora s’occupe de la maison avec sa mère. Ils ont douze ans à peine et leur complicité semble totale, leurs jeux interdits irrépressibles. Mais un soir, alors que leurs corps se rapprochent doucement dans le fenil, le père surgit et voit se confirmer ce qu’il a toujours suspecté.


Tandis qu’un nouveau coup d’État vient de se produire, les parents décident de séparer les jumeaux. Commence alors un combat long et incertain, celui de la réinvention de soi et de la quête obstinée de liberté.


Véritable hymne à la désobéissance, Pense aux pierres sous tes pas est également un cri d’espoir. Et d’amour fou.

L'auteur

Résultat de recherche d'images pour "antoine wauters"

Antoine Wauters (né en 1981 à Liège) est philosophe de formation. Il a enseigné le français et la philosophie de 2005 à 2008, année où paraissent ses premiers livres, notamment « Debout sur la langue » (Prix Emile Polak de l’Académie royale de langue et littérature françaises de Belgique, 2008). Convaincu que la littérature se transmet, en plus du support livre, par le corps et la voix, il fait régulièrement des lectures de ses textes, notamment à Bruxelles, Paris, Berlin, Beyrouth… Depuis 2010, il travaille également dans le domaine de l’édition et comme scénariste pour le cinéma (« A New Old Story », court-métrage d’Antoine Cuypers, avec le chanteur Arno, récompensé dans de nombreux festivals).
En 2012 et 2013, Césarine de nuit a été plusieurs fois porté sur scène par la comédienne Isabelle Nanty, en compagnie de l’auteur. Son roman "Nos mères" a remporté le Prix Première 2014.

Deux parutions pour la rentrée littéraire 2018  aux éditions Verdier :  Pense aux pierres sous tes pas et  Moi, Marthe et les autres.


Mon avis

C'est une fable contemporaine, un roman d'initiation que nous propose Antoine Wauters avec l'un de ses deux romans de la rentrée, une ode à la liberté et à la résilience.

Nous sommes dans un pays imaginaire où la nature et les grands espaces sont omniprésents.  A la campagne, loin de la ville.  Les conditions de vie sont rudes, harassantes.

Paps et Mams travaillent leur exploitation agricole comme des bêtes de somme, ils se tuent au travail pour payer les taxes et s'en sortir.  Au pouvoir depuis plus de vingt ans : une dictature communiste.

Marcio et Léonora sont jumeaux, ils ont 11 ans au tout début du récit, ils sont eux aussi mis à contribution.  Paps est très dur avec eux, le livraxiu - nerf de boeuf - est souvent utilisé pour les molester s'ils n'écoutent pas.  La violence fait partie de leur quotidien et le manque d'amour est criant, si bien que Marcio et Léonora, jumeaux inséparables, trouvent refuge l'un dans l'autre (au sens propre comme au sens figuré).  Ils sont complices et complémentaires trouvant dans l'autre la part qui leur manque.

L'espace d'une demi-journée, ils échangeront leur rôle.  Léonora partira aux champs avec Paps et Marcio s'habillera en fille pour effectuer les tâches ménagères avec Mams. Malheureusement le subterfuge sera vite découvert.  Pour éviter de sombrer, ils lient leurs âmes et leurs corps , "le monstre chaud qui leur dévore le ventre" les rapproche.  Paps les découvrira l'un dans l'autre et ce sera l'épreuve de la séparation.

Léonora ira vivre chez l'oncle Zio avec Madde sa femme.  Chez eux, loin de la ferme familiale, elle découvrira l'amour qu'elle n'a jamais reçu de ses parents, ce qui creusera encore plus le vide  qu'elle cherchera à combler avec d'autres hommes.

Marcio est désespéré, déchiré sans sa soeur, c'est le vide complet, la violence de Paps sera immense surtout après ses tentatives de la retrouver.  Toujours le travail, la douleur de la séparation, le besoin et l'envie de la retrouver.

L'histoire des jumeaux se fond très vite dans celle du pays où le dictateur en place sera remplacé par un autre en quelque sorte... Le président Bokwangu prendra les rennes du pays, le sortira du communisme pour imposer la voie du capitalisme.  Il rêve d'un pays où fleurissent au détriment de la nature et des grands espaces, des hôtels de luxe, du béton qui dénature les côtes, des usines du régime, les voitures de luxe, les salons de coiffure ....

Il veut créer un besoin, pousser son peuple à consommer, abandonner les campagnes pour créer des villes, des stations balnéaires, faire venir les touristes.   "Le peuple écrasé pourra trouver seul la capacité de trouver le bonheur".

La situation dans les campagnes sera plus compliquée car il faudra produire et produire encore pour survivre, les taxes n'iront qu'en grandissant poussant les gens à quitter la campagne.

Marcio et Léonora devront se construire dans ce contexte et trouver leur identité.

Avec beaucoup d'habilité et une plume magnifique, fluide, visuelle, poétique et lyrique Antoine Wauters passe avec brio d'une chronique familiale vers une vision politique.  Il nous amène à un questionnement sur l'évolution de notre société, à la recherche des limites, des interdits, de la quête de liberté.

Il aborde des thèmes tels que la séparation, la recherche de l'identité par la désobéissance pour Marcio, par le sexe pour Léo, la liberté, le bonheur, le manque d'amour mais aussi la résilience, la capacité à pardonner.

Le texte est puissant, lumineux.  La prose est vive, aérienne.  C'est parfois sombre, désespérant mais toujours l'espoir domine.  Il y a encore tant de choses à dire, un texte qui bouleverse, le mieux à faire, c'est d'être curieux et de la lire.  Je vous le recommande vivement.

Ma note : 9/10


En même temps que ce roman en paraît un autre qui le complète très bien à mon sens, il forme une sorte de diptyque c'est le très très beau Moi, Marthe et les autres, mon billet se trouve en cliquant sur la couverture.




Les jolies phrases

Cultivez votre joie le reste n'a aucune importance.

Vivants, on courait sans arrêt, tout le temps, et comme il n'y avait pas la moindre ville dans le coin, on était vissé sur place.  Mais on vivait, voilà : notre vie s'appelait joie.

Surtout, jumeaux, ne faites pas notre erreur.  N'ayez pas d'enfants !

Allez comprendre ceci : toute notre enfance, on vécut dans un temps hors du temps, où l'espoir enjambait le mal.

La tristesse est un mur élevé entre deux jardins, disait Marcio.  Nous aussi on aura notre jardin, ma soeur.  Nous aussi on y arrivera, à être heureux.

Chronométrer était pour nous une façon non pas de capturer le temps, mais de lui donner du goût : 12 secondes pour descendre à la cave chercher la bière de Paps, 34 pour enfiler notre pyjama, 57 pour nous débarbouiller et filer nous coucher.  Toutes ces choses, qu'il fallait faire, mais qu'on n'adorait pas, c'était grâce à ce chrono dans nos têtes qu'on les accomplissait, parce qu'il plaçait notre vie  dans une sorte de distance et que, tout petits déjà, l'idée d'être nous-mêmes, c'est à dire nous seulement nous terrorisait.

Allez comprendre ça, pour ne pas perdre la tête, il me fallait des coups, il me fallait des claques, il fallait que je crève de douleur.  Impossible de le dire autrement.

Peut-être que je n'aurais jamais dû redouter tout ça ?  Je veux dire, peut-être que ce qu'on doit faire doit être fait en ignorant les conséquences ? Sans trembler ? Sans ciller ? Et que tout se serait passé correctement si j'avais juste tracé ma route ?

Je leur en faisais voir de toutes les couleurs, c'est vrai, mais à l'époque je n'y pensais même pas car c'est toujours après qu'on s'en souvient, après qu'on fait les stèles et les statues et qu'on pardonne aux êtres comme eux, qui détruisent nos vies mais nous sont si chers malgré tout.

Tous les parents attendent qu'on parte, Léo.  C'est pas qu'ils nous aiment pas, mais ils veulent des choses impossibles : nous garder et nous abandonner.  Ça les détruit.  Ils en perdent la tête, se font des trous dans l'estomac ou meurent d'un infarctus dans la cour de leur ferme. 

Non, je crois que la trahison ne laisse pas de traces et que vous pouvez tromper sans que rien ne se lise sur votre visage, tromper sans que personne en sache rien, tromper encore.

Comment se faisait-il que je les aimais encore ?  D'où vient cet attachement pour nos bourreaux ? Quel fil nous relie à eux ?

Et si c'était toi qui l'avais tué, hein ?  je répétais.  Si c'était tes mauvaises actions qui l'avaient détruit ?  Si tout était lié, Léo ? La lâcheté des uns et la détresse des autres ?  Si c'était ça, la vie ?  Blesser les autres par nos écarts, par nos errements, par nos bassesses ?

Il faut être séparé de ses enfants pour les aimer. Tu comprends ?  Plus de carnets de comptes.  Plus de stress. Plus de quotas.  Juste le bleu, le ciel, le vent, les vagues.  On a du temps, fiston.  Or on ne peut pas aimer quand on n'a pas de temps.

Au fait que la vie peut basculer en quelques secondes, parce que tu n'as plus accès aux mots, que la parole est bloquée en toi et qu'il ne te reste que la violence pour appeler à l'aide.

Que le bonheur comme toutes les bonnes choses, se cache.  Mais qu'il est dans chaque pas, chaque minuscule seconde et qu'il suffit parfois de fermer les yeux, simplement, pour le trouver.

Est libre qui se détermine par le soi seul à agir.

Mais dans le fond, rien ne change.  Il n'y a pas de destin, sauf celui de demeurer qui vous avez à être.

Car vous restez aussi avec votre joie.  Dans ce bonheur qui se cache, mais qui est le vôtre depuis toujours.  Ce bonheur, même si on savait bien qu'il ne serait pas entier, on décida de le retrouver.  On en avait ras-le-bol d'attendre du ciel qu'il se déchire.  Alors, on déplaça notre joie où elle aurait sa place.  Où il fallait qu'elle soit.  Où elle pourrait grandir.  Croyez-moi, c'est à peu près la seule chose que vous puissiez faire de votre vie. Cultivez votre joie.  Le reste n'a aucune importance.

Voilà, je me disais : être séparé, c'est être séparé des tas de fois, pendant des mois et des années, jusqu'à ce que le manque en ait assez et vous laisse peu à peu en paix, si c'est possible.

Par où se perdent les visages de ceux qu'on aime ?  Où glissent-ils ?  Reste-t-il quelque chose, à la fin, quand on arrive au bout ? Ou alors c'est le vide et le silence encore ? Le manque.

Votre vie peut avoir mille visages, mille rebonds, vous pouvez naître et mourir tant de fois, naître et mourir encore, l'essentiel ne change pas : vous ne changez pas.  Vous restez celui que vous êtes depuis toujours.  Le petit garçon qui rêvait d'être une fille, ou la petite fille rêvant d'être un garçon.



Du même auteur j'ai lu

Comme toujours mon avis en cliquant sur la couverture.