samedi 16 novembre 2019

Je ne reverrai plus le monde - Ahmet Altan

Je ne reverrai plus le monde  -  Ahmet Altan  ♥♥♥♥♥


Je ne reverrai plus le monde

Actes Sud
Traduit du turc par Julien Lapeyre de Cabanes
Parution : 11 septembre 2019
Pages : 224
ISBN 978-2-330-12566-0
Prix : 18.50 €

Présentation de l'éditeur

Ahmet Altan est romancier, essayiste et journaliste, il était aussi rédacteur en chef du quotidien Taraf jusqu’au 15 juillet 2016. À cette date, la Turquie s’enflamme, des milliers de personnes descendent dans la rue à Istanbul et à Ankara suite à une tentative de putsch. Le lendemain commence une vague d’arrestations parmi les fonctionnaires, les enseignants, l’armée et les journalistes. Ahmet Altan fait partie de ceux-là, il sera condamné à perpétuité, accusé d’avoir appelé au renversement du gouvernement de l’AKP. Ahmet Altan a 69 ans.

Ces textes sont écrits du fond de sa geôle. Poignants, remarquablement maîtrisés, ces allers-retours entre réflexions, méditations et sensations expriment le quotidien du prisonnier mais ils disent aussi combien l’écriture est pour lui salvatrice. Tel un credo il s’en remet à son imagination, à la force des mots qui seule lui permet de survivre et de franchir les murs.

Un livre de résilience exemplaire.

L'auteur






Ahmet Altan, né en 1950, est un des journalistes les plus renommés de Turquie, son œuvre de romancier a par ailleurs connu un grand succès, traduite en plusieurs langues (anglais, allemand, italien, grec...).
Accusé d’avoir participé au putsch manqué du 15 juillet 2016, Ahmet Altan vit depuis septembre 2016 en prison.

Source : Actes Sud

Après 1138 jours de prison, il a enfin été remis en liberté sous contrôle judiciaire ce 7 novembre suite à une décision d'un tribunal turc du 4 novembre.  Enfin libre. 

Mon avis

Ahmet Altan, romancier, essayiste, journaliste, rédacteur en chef au quotidien turc "Taraf" a été arrêté le 15/07/16.  Condamné dans un premier temps à perpétuité pour tentative de putsch.  Il sera enfermé 1138 jours dans les quartiers de Haute Sécurité des geôles turques avec enfin ce 4 novembre 2019 un arrêt de la Haute Cour d'Istanbul qui ordonnera sa remise en liberté sous surveillance.  C'est avec beaucoup d'émotion et de joie que j'ai appris cette nouvelle.

C'est à l'Intime Festival de Namur que j'ai eu l'envie de découvrir ce lire "Je ne reverrai plus le monde", 19 textes de prison, transmis feuillet après feuillet via ses avocats vers l'extérieur.  Un livre qui ne sera bien entendu pas publié en Turquie.  Julien Lapeyre de Cabanes, son traducteur était présent et Pietro Pizzuti nous avait fait une lecture magnifique forte en émotions.



  

C'est un texte magnifique.  Un témoignage sur la justice plutôt l'injustice.., sur les arrestations arbitraires touchant les fonctionnaires, enseignants, journalistes, militaires...

Ahmet Altan nous fait comprendre qu'il a choisi de lutter en choisissant l'acceptation.

On l'enfermera c'est un fait mais jamais on ne prendra sa liberté car il y a les mots, la pensée par lesquels il peut s'évader, être libre.

Il nous parle de l'enfermement, des conditions difficiles, du manque d'espace, du fait que l'on mélange sciemment des personnes d'âge, de culture et de religions différentes. 

Tout est mis en oeuvre pour les briser moralement, leur faire perdre leur identité en perdant leur image.  C'est terrible l'absence d'un simple miroir, ne plus se voir c'est aussi avoir le sentiment de ne plus exister, de n'être plus rien.

Il nous parle de la puissance des mots.  Du manque de livres, oh cruauté extrême.  Lorsqu'enfin il peut lire "Tolstoï" , par exemple il revit, le pouvoir de l'esprit reprend le dessus.

Il nous parle de l'importance et du besoin vital d'écrire, du pouvoir de la pensée, du besoin de création.

Ces 19 textes de prison sont poignants. Il nous pousse à la réflexion, à la méditation.  Son écriture est aboutie, remarquablement belle et non sans ironie.  Quelle force, quelle beauté, quelle résilience.

Jamais ils n'ont réussi à l'enfermer, son esprit l'a toujours porté ailleurs.

Vous pouvez me jeter en prison, vous ne m'enfermerez jamais. 

A lire de toute urgence.  Ce livre est un petit bijou.

Ma note :  Gros coup de coeur ♥♥♥♥♥


Les jolies phrases

Un jour, j'allais mourir.  Étrangement, penser à ma mort m'a tranquillisé. J'allais mourir un jour.  Et quelqu'un qui va mourir ne saurait craindre ce que la vie lui réserve.

Il leur avait suffi de nous enlever des miroirs pour nous éliminer.

Le miroir te regarde, il prouve que tu existes.  La distance entre le miroir et toi crée un espace qui t'est propre, un espace qui te circonscrit, où les autres ne pénètrent pas, un espace qui t'appartient.  L'absence de miroir avait aboli cette distance.

Si "tout change" sur cette terre, la connerie et la lâcheté, elles ne prennent jamais une ride.

Je peux écrire n'importe où, le bruit et l'agitation ne m'ont jamais dérangé.  D'ailleurs, une fois que je suis plongé dans l'écriture, tout ce qui m'entoure disparaît.  Je romps le contact avec le monde extérieur et m'enferme dans une pièce invisible où personne ne peut entrer que moi. 

J'écrirai pour pouvoir vivre, résister, me battre, me regarder fièrement en face, et pour pardonner mes faiblesses.

Dans la cellule, l'air et la lumière ne connaissaient aucune variation.  Les minutes se ressemblaient toutes.  Comme si le temps était un bras d'au qui, détaché de son fleuve d'origine, s'était heurté à une digue au pied de laquelle il formait désormais un lac.  Et nous, nous habitions le fond de ce lac immobile.

L'une des plus grandes liberté qui puissent être accordées à l'homme : oublier.  Prison, cellule, murs, portes, verrous, questions, hommes - tout et tous s'effacent au seuil de cette frontière qu'il leur est strictement défendu de franchir. 
Le fait d'écrire contient ce paradoxe fabuleux qu'il est à la fois un refuge à l'abri du monde et un moyen de l'atteindre.  Il te permet en même temps d'oublier et de rester dans les mémoires.  Comme tous les écrivains, je veux oublier le monde et que le monde se souvienne de moi.

L'une des choses les plus insoutenables de ma vie était de devoir me passer de livres.

J'ai grandi dans une maison pleine de livres.  J'ai passé toute mon enfance parmi eux.  Les livres étaient comme des fées au milieu d'une forêt qui me semble oppressante, effrayante, et à cette forêt dont la nature profonde m'échappait, j'aimais mieux les charmes scintillants des fées, leur ravissant mystère et leurs sourires pleins de promesses.

Me jeter en prison était dans vos cordes; mais aucune de vos cordes ne sera jamais assez puissante pour m'y retenir. 
Je suis un écrivain. 
Je ne suis ni là où je suis, ni là où je ne suis pas.  
Enfermez-moi où vous voulez, je parcours encore le monde avec les ailes de l'imagination.

Je sais que tant que ces gens ne vivront que dans ma tête, je serai schizophrène, et quand, devenus phrases, ils peupleront les pages d'un livre, je serai écrivain. 

Vous pouvez me jeter en prison, vous ne m'enfermerez jamais. 



lundi 11 novembre 2019

Mayacumbra - Alain Cadéo

Mayacumbra    -  Alain Cadéo



Editions La Trace
Parution : 07 novembre 2019
Pages : 420
Isbn : 979-10-97515-21-8
Prix : 21 €

Présentation de l'éditeur

Entouré de forêts et de brumes, à l’ombre d’un volcan assoupi et pourtant terriblement attentif, croupissent quelques bicoques : Mayacumbra.
C’est un hameau, comme un radeau d’âmes perdues, d’errants, de vagabonds, tous magnétiquement attirés par ce coin de bout du monde.

C’est ici que Théo se retrouve après un long voyage.

Au-dessus, plus haut, à la limite du néant, il va bâtir son ultime refuge.

Il vivra là une intense passion, au cœur de ce « géant de pierres rouges ».

En soi il y a tous les ailleurs.
Mais même là, un jour ou l’autre, viennent ramper les ombres de nos peurs.
Mayacumbra, c’est le creuset où fermentent nos joies, notre innocence et nos terreurs.

Alain Cadéo

Alain Cadéo (auteur de Zoé) - Babelio


Un passionné sans concession de la vie, des hommes et des rencontres.

Avide de vérité et de sens,

sens des mots, des êtres et des actes…

Ses romans ou plus précisément ses textes

sont des témoignages de sincérité et d’altruisme.

A partager avec des inconnus qui comme lui…

Pas si inconnu, Alain Cadéo est l’auteur de nombreux romans dont les magnifiques textes « Zoé » et « Chaque seconde est un murmure ».

Chez La Trace il a publié "Des mots de contrebande"  et "Comme un enfant qui joue tout seul"

Source : éditions la Trace

Mon avis

Retrouver la plume d'Alain Cadéo est toujours un cadeau, cet orfèvre des mots, magicien de la langue se mérite.  Il nous propose ici un grand voyage, celui de Théo qui a tout quitté, sa famille, es habitudes pour errer sur la route et enfin se poser ici à Mayacumbra il y a trois ans.

Mayacumbra, un village insitué entouré de forêts, de brume au pied d'un grand volcan assoupi, La Corne de Dieu.  Quelques habitations de fortune que je visualise en bidonvilles d'Amérique du Sud autour du Kokinos, genre de grande épicerie générale, là où l'on se retrouve pour boire un verre, manger un morceau, là où on peut louer une chambre, chez Cyrus et la mère Talloche.

Un village triste, où la boue, la gange , les nuages bas, brumes et brouillard sont légion.  Mayacumbra c'est un hameau loin de tout à la fin de pistes difficiles où l'homme vient se cacher, se terrer, se perdre.

Cadéo nous dépeint une sacrée galerie de personnages.  Chaque habitant du village vivant là a emmené avec lui ses secrets, cherchant sans doute à se faire oublier du monde.  Il y a Raymond Sovignac, un drôle de curé, Giacomino, l'errant à la valise jaune, Solstice le garagiste, trafiquant à ses heures et ami de Théo, Rolombus le Manouche, le vieux Biribine, Arnosen le flic un peu dérangé obsédé par les oiseaux, Moreno  et surtout Lita.  Lita mariée trop jeune à Moreno, un mélange du peuple des bois vivant au village, l'amoureuse de Théo, une de ses raisons de vivre.

Théo, lui, il a choisi le volcan, la Corne de Dieu , cet endroit que tout le monde craint au village, sauf Lita qui l'y rejoint de temps à autre en secret.  C'est qu'après la source et le chemin tortueux, tout en haut du volcan, Théo a trouvé son hâvre de paix.

Il y a construit une cabane et y vit avec son compagnon, son âne Ferdinand.  Ensemble ils affrontent le Capitan, les éléments.

Là, loin du monde, il se sent fort, c'est le volcan qui lui donne sa force. Sa raison d'être c'est Lita mais aussi les mots, les livres et l'écriture vitale pour lui.  Au village on le surnomme Loco, le fou mais peu importe car c'est ici qu'il s'est trouvé.

C'est dans un monde onirique que nous conduit la plume de Cadéo, un conte initiatique, philosophique, poétique.  La quête de Théo est la recherche de lui-même, sa solitude, sa vie en partie d'ermite lui donne la paix, sa raison d'être.  Il puise son énergie dans le volcan, dans la nature et la beauté des lieux.

Cet équilibre tient à peu de choses et tout basculera peu à peu  lorsque son ami Solstice viendra se cacher deux jours près de lui et lui annoncer l'arrivée d'un étranger , un muet au village.  Le mal n'est jamais très loin, un changement progressif se met alors en marche, le volcan aussi donnera des signes.

Cadéo manie la langue avec beaucoup d'adresse, la beauté des mots, l'accord des sons, procurent un tourbillon d'émotions.  Il crée des expressions, joue avec la langue.  C'est beau.  Le chemin de la vie est parfois tortueux, l'auteur dépeint à merveille la nature, la beauté de celle-ci mais aussi  l'âme humaine.  Il faut cependant prendre garde de ne pas réveiller le volcan qui sommeille en chacun de nous.

Un roman à déguster, prendre le temps de se laisser porter et de laisser retomber les mots au plus profond de soi.


Les jolies phrases

Le plus pénible est d'être un nénuphar, car, aussi beau et éclatant soit-il, il est fermement tenu dans la boue par ses racines.  Il donne l'impression de voguer comme une île, alors qu'il fait des ronds dans l'eau. La soi-disant "liberté" est, quoi que l'on fasse, où que l'on aille, toujours soumis à un mouvement pendulaire relié à un cordon ombilical plus ou moins long.  Et même celui qui s'affranchit par la distance de son point de naissance, ne fait que tournoyer autour de son nombril.

Quel est le con qui pourrait dire que les mots ne sont rien ?  

Le grand désir a cela de parfait : il ouvre l'infini. Et rien n'est comparable à ce saut dans le vide.

Tout ce que je sais, c'est que nos vies, où qu'elles soient, sont faites de détails et qu'on y tient à ces détails. Après, il y a les grands événements, les joies, les secousses, les drames.  Mais ce qui nous sert de condiments, qui refait toujours surface, de sont ces battements de cils, des riens qui sont nos habitudes, nos rites, dont on aime parfois jusqu'au goût un peu rance, un peu éventé, mais qui ont la saveur des choses familières.

L'homme qui a faim de compagnie n'est plus en mesure de juger.  Il suit, il assiste, justifie, va même essayer de comprendre ce qui anime les faits et gestes du souffrant, du tordu, du malade.  Pire, il devient l'autre.

Il n'y a guère que le poisson rouge, idiot ou triste philosophe, pour ne jamais quitter la bulle qui lui sert d'océan.  L'idiot tourne en rond et s'imagine qu'il est au coeur du monde.  Le philosophe lui aussi tourne en rond, mais lui, prétentieux, il s'imagine qu'il maîtrise le Monde.

La pensée est une incorrigible errante, une sublime vagabonde.  C'est plus fort qu'elle, il faut toujours qu'elle se barre dans tous les sens.  Je m'étais pourtant juré de la dompter.  Rien à faire, cette bohémienne n'en fait qu'à sa tête.

Mais au fond, toute vie n'est-elle pas un entassement d'images, un trésor que nous feuilletons mentalement, avec l'idée toujours tenace que l'une d'entre elles, qui nous échappe en permanence, contient toutes les autres par sa perfection?

Du même auteur j'ai lu 

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dimanche 10 novembre 2019

Ils ont rejoint mon Himalaya à lire

Ils ont rejoint mon Himalaya à lire



Il est grand temps que je vous parle de mes petits derniers.  Un détail par ordre alphabétique.

Merci à Futuropolis et à Nath pour ce dernier album de Davodeau.  J'ai hâte de le découvrir au plus vite.

Les couloirs aériens  de Etienne Davodeau-Joub et Christophe Hermenier



Futuropolis
Parution : 23/10/19
Pages : 112
ISBN : 9782754825535
Prix : 19 €

Présentation de l'éditeur

Cette année, Yvan a eu 50 ans. Plus jeune, il s’est souvent demandé ce qu’il serait à cet âge-là. Eh bien voilà, il y est.
Cette année, il a perdu son boulot, sa mère, son père. Sa femme, Florence, bosse beaucoup, prend souvent l’avion et vit dans les décalages horaires. « Il y a de la distance et de l’attachement », dit Yvan. Et les enfants ont quitté le nid, normal. Alors, forcément, Yvan est un peu paumé.
Il a quitté l’appartement parisien, et s’est réfugié dans le Jura, chez ses amis Thierry et Sandra. Avec ses fringues, ses bouquins, et autres objets divers. Toute une vie, ou presque, dans quelques cartons.

Dans la neige, sous le ciel froid et bleu, Yvan marche, respire, semble revivre.


Merci aux éditions LaJouanie pour cette arrivée dans ma mailbox , un roman policier mais pas que...  

Banlieue est  -  Jean-Baptiste Ferrero



Lajouanie
Parution : le 25 octobre
Pages : 504
EAN: 9782370471260
Prix : 19.99 €

Présentation de l'éditeur

Un détective venu aider un vieux copain en conflit avec un caïd local constate à son grand désespoir que la banlieue n’est décidément plus ce qu’elle était : on y viole, on y massacre, on y corrompt, on s’y drogue, on s’y radicalise et on s’y débauche comme jamais…

Cynique mais pas blasé, idéaliste mais pas naïf, Thomas Fiera, enquêteur gouailleur et un poil expéditif, entreprend alors, aidé de sa fine équipe, de s’attaquer aux racines du mal.

Un western magnifique et drôle sur la banlieue. De l’action, de l’humour, du suspense et une langue assez verte, parfaitement maîtrisée.

Trop contente de lire une nouvelle aventure de Joona Lina , merci à Actes Sud et Masse critique de Babelio pour cet envoi

Lazare    -   Lars Kepler

Lazare

Actes Sud
Actes noirs
Parution : octobre 2019
Traduit du suédois par : Lena GRUMBACH
Pages : 544
Prix : 23.80 €

Présentation de l'éditeur

Un appartement d’Oslo, dont l’occupant a été trouvé mort, dans un état de décomposition avancée. Quand la police investit les lieux, elle fait une autre découverte macabre : la victime était visiblement un profanateur de tombes qui collectionnait des “trophées”. Au nombre desquels le crâne de l’épouse de Joona Linna.

Quelques jours plus tard, une inspectrice allemande prend contact avec Joona pour solliciter son aide sur une troublante affaire de meurtre dans un camping aux abords de Rostock. Rien n’aurait pu le préparer au choc qui l’attend, car ce qui n’était d’abord qu’un pressentiment absurde va basculer irrémédiablement vers une certitude terrifiante : le redoutable tueur en série Jurek Walter est de retour. L’inspecteur sait qu’il ne lui reste qu’une chose à faire : mettre sa fille à l’abri. Et il ne peut compter sur l’aide de personne, car ses collègues le jugent en plein délire paranoïaque. Qui d’autre qu’un fou tremblerait devant un fantôme ? Mais tout le monde ne vit pas dans la même réalité. Si quelqu’un revenait d’entre les morts, certains crieraient au miracle, d’autres évoqueraient un cauchemar.

Plus noir que jamais, Lars Kepler, maître incontesté du thriller scandinave, est de retour avec la septième enquête de l’inspecteur Joona Linna.

Merci à Albin Michel, Claire et Mickaël pour ce roman prix Stanislas et Prix première plume 2019

Le bal des folles    -   Victoria Mas

Le Bal des folles

Albin Michel
Parution : 21 août 2019
Pages : 256
Isbn : 9782226442109
Prix : 18.90 €

Présentation de l'éditeur

Chaque année, à la mi-carême, se tient un très étrange Bal des Folles. Le temps d’une soirée, le Tout-Paris s’encanaille sur des airs de valse et de polka en compagnie de femmes déguisées en colombines, gitanes, zouaves et autres mousquetaires. Réparti sur deux salles, d’un côté les idiotes et les épileptiques ; de l’autre les hystériques, les folles et les maniaques. Ce bal est en réalité l’une des dernières expérimentations de Charcot, désireux de faire des malades de la Salpêtrière des femmes comme les autres. Parmi elles, Eugénie, Louise et Geneviève, dont Victoria Mas retrace le parcours heurté, dans ce premier roman qui met à nu la condition féminine au XIXe siècle.

Avec Zidrou c'est un de mes auteurs belges de bd préféré, j'adore son graphisme et ses histoires, heureuse de retrouver Jean-Claude Servais

Le fils de l'ours               -     Servais

Le fils de l'ours - tome 1 - Le fils de l'ours

Dupuis
Aire Libre
Parution : le 18 octobre 2019
Pages : 72
ISBN : 9791034737246
Prix : 17.50 €

Présentation de l'éditeur

Lorsque l'Empereur Charles III le Gros répudie sa femme Richarde en 880, elle retourne dans son Alsace natale suite à une vision. Là où une ourse gratte la terre pour enterrer son petit, elle devra construire une abbaye. Quelques années plus tard, l'abbaye d'Andlau sort de terre et sera liée à cet animal, roi des forêts.

Bien des années plus tard, en 1760, en plein coeur de la vallée de Munster, un village festoie. Le fils encore jeune du plus important fermier de la région ne laisse pas le coeur d'Eva et de Maria insensible. Ces jumelles, que tout oppose pourtant, le trouvent charmant. Mais le père du garçon ne voit pas cela d'un bon oeil et il interdit fermement à son fils de les côtoyer. Mais les interdits sont faits pour être bravés, et à 18 ans, il est difficile de penser au lendemain. Lorsqu'un ours est aperçu dans la vallée, les chasseurs décident de traquer la bête. Mais Eva compte bien le voir avant, d'autant qu'elle connaît la légende d'Andlau et souhaite rencontrer ce gigantesque animal pour de vrai. Maria, moins sereine, va la suivre bien malgré elle. Se noue alors sous les frondaisons et dans la montagne le destin entremêlé de ces humains et de ces animaux.

Servais narre ici une légende alsacienne portée par un dessin évocateur et poétique. Une histoire tragique et sublime qui permet de saisir à quel point nos régions gardent encore bien des secrets.

    Et pour terminer dans un registre totalement différent, je remercie les éditions Ker de m'avoir envoyé cet ouvrage relatant du burn-out

    Le stakhanoviste  Burn-out : enfer ou renaissance ?
    Philippe Thewissen

    Le Stakhanoviste

    Ker Editions
    Témoins du monde
    Parution : 20 novembre 2019
    Pages : 266
    Isbn : 978-2-87586-262-4
    Prix : 18 €

    Présentation de l'éditeur

    Cadre dans une des entreprises de conseil les plus prestigieuses d’Europe, tout réussit à Philippe. Professionnellement, il a atteint à moins de quarante ans des sommets que peu de gens connaissent en fin de carrière.

    Chaque année, dans son entreprise, les objectifs de vente sont augmentés. La pression est permanente. L’empathie, inexistante. Seuls comptent les résultats, les chiffres, les bénéfices.

    Au fil du temps, la vie de Philippe se détricote : addictions, épuisement, anxiété… Au détour d’une visite médicale, le diagnostic est posé : burn-out sévère.

    Afin d’échapper à la dépression, il met progressivement en place des mécanismes de défense, des espaces de liberté, renoue avec lui-même comme avec les siens et construit une nouvelle vie. Conscient cette fois de sa fragilité.

    Ceci n’est pas un simple livre sur le burn-out, mais un témoignage passionnant, qui aide à comprendre les pièges de la société moderne, des entreprises guidées par le seul chiffre d’affaires, sans considération pour l’aspect humain, parfois jusqu’à la mort. Et surtout, il montre comment rebondir et s’envoler, plutôt que replonger et couler…


    samedi 9 novembre 2019

    La télégraphiste de Chopin - Eric Faye

    La télégraphiste de Chopin   -  Eric Faye


    Librairie de la Reine

    Le Seuil
    Parution : le 14 août 2019
    Pages : 272
    EAN 9782021362695
    Prix : 18 €

    Présentation de l'éditeur


    Prague, automne 1995 : une habitante prétend « recevoir » chez elle la visite d’un compositeur illustre dont elle a le privilège de porter à l’attention du plus grand nombre les partitions qu’il lui dicte au fil de leurs rencontres. Au point de séduire une maison de disques. Sauf que le grand homme en question s’appelle Frédéric Chopin, et qu’il est mort à Paris, un siècle et demi plus tôt… Supercherie ? Mystification ? Tel est, en tout cas, le sentiment bien naturel de Ludvík Slaný, journaliste, au moment où il s’apprête à enquêter sur cette histoire pour le compte de la télévision d’un État sorti depuis peu de l’ère communiste. Commence alors une chasse au fantôme, entre matérialisme obtus et croyances en tout genre, espions reconvertis en enquêteurs privés, tenants d’un ordre ancien métamorphosés en jeunes loups du nouveau régime, où une paisible cantinière à la retraite révèle à un monde bouleversé la part d’ombre et de folie sur lequel il se réinvente.


    Eric Faye


    Né en 1963, Éric Faye est l'auteur de romans, nouvelles, récits de voyages et essais. Son recueil de nouvelles fantastiques, Je suis le gardien du phare (José Corti, 1997), a été couronné du prix des Deux-Magots. Il a été lauréat du Grand Prix du roman de l'Académie française pour Nagasaki, paru en 2010 et traduit dans une vingtaine de langues. La Télégraphiste de Chopin est son onzième roman.



    Petite nouveauté dans le blog, la rentrée littéraire étant riche et ne possédant qu'une seule vie j'ai demandé à quelques autres lecteurs de me donner leur avis et c'est le leur que je vous partage.

    Un autre regard, l'avis de Yves 


    Librement inspiré, dixit l’auteur, de la vie de la spirite britannique Rosemary Brown, ce roman nous transporte en 1995, dans le Prague post-communiste. Une ex-cantinière dotée de dons médiumniques mais d’une connaissance musicale limitée, reçoit les « visites » régulières de Frédéric Chopin, qui lui dicte de nombreuses œuvres posthumes.


    Phénomène paranormal ou mystification, Ludvik, un journaliste de télévision est amené à enquêter et rencontrer la médium, dans le but de réaliser un documentaire dont l’orientation dépendra de ses découvertes. Pour ce faire, et pour prouver l’éventuelle supercherie, il fait notamment appel à un ancien agent des services secrets tchécoslovaques, ravi de reprendre du service sans que la victime soit menacée de prison. 


    L’intrigue est originale et les états d’esprit de Ludvik se modifient au fil des pages et de son enquête, mais sans que le lecteur entre en empathie avec le personnage. 


    Est-ce le climat automnal de Prague qui nous empêche d’éprouver quoique ce soit vis-à-vis de l’un ou l’autre des protagonistes de cette histoire ? Peut-être ? Le style d’Éric Faye est élégant, mais le récit ne nous incite pas à tourner les pages avec frénésie, ni non plus avec délectation. Bien sûr, on reste intrigué par l’histoire et le relatif suspense de sa conclusion mais celle-ci, que je ne vous révélerai évidemment pas, ne nous permettra pas d’affirmer, comme un célèbre détective : « Bon sang, mais c’est bien sûr ! ».


    Bref, un roman qui se lit avec intérêt, mais sans passion, et qui, au-delà des aventures  « chopinesques » de Vera, nous permet de nous plonger dans le quotidien d’une démocratie naissante, dont tous les acteurs ont connu le communisme dur. Et c’est sans doute ça l’aspect le plus intéressant du livre.


    Note générale sur Babelio :  7.5/10
    Sa note : 6/10





    mercredi 6 novembre 2019

    Bilan de lecture d'octobre

    Bilan de lecture d'octobre

    Depuis quelques semaines, j'ai pris une bonne résolution, celle de courir pour ma forme.  A raison de trois entraînements semaine, mon temps de lecture a un peu diminué et j'ai à nouveau du retard dans mes publications.  Retard que je compte résorber le week-end prochain.

    Merci à vous pour votre fidélité, vous êtes de plus en plus nombreux à consulter ce blog, je vous en remercie vivement.

    Merci à Yves et Christine qui sont venus partager deux avis sur le blog, afin de pouvoir vous parler d'un maximum de livres.

    Voici mon bilan d'octobre, meilleur qu'en septembre.   9 + 2 = 11


    Magnifique c'est son premier roman, un auteur belge à découvrir absolument, j'avais adoré son premier recueil poétique "For Intérieur"

    Un livre qui fait du bien, surprend , en réalité il m'a bluffée jusqu'au bout  : 



    C'est toujours une joie de retrouver les "Lulus" , septième tome déjà et toujours excellent




    Merci à Yves d'avoir lu avant moi ce roman qui me tente énormément




    Dans un genre différent, une chouette découverte en roman graphique :



    Ce ne sera pas le Goncourt de cette année mais il mérite vraiment la lecture car Amélie nous emmène dans un registre différent, c'est Jésus qui nous raconte ses dernières heures , excellent




    Encore un roman fantastique de cette rentrée : Opus 77  Magnifique !




    Zidrou dans un registre très différent




    Un premier roman belge qui nous parle de l'incendie de l'innovation,  une plume à suivre




    Oh joie lorsque ce midi j'ai appris sa libération.  Un livre d'une beauté rare.  Mon avis très vite, une langue magnifique, des récits écrits en prison.




    Merci Christine pour ta lecture de ce roman bien intéressant 




    Comme toujours si les articles sont publiés, vous y avez accès en cliquant sur la couverture.